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/ Les jeunes comédiens amateurs régalent avec 1793

La Troupe Éphémère a su honorer son rendez-vous avec le public dionysien de la meilleure des façons. Fidèle à la création du Théâtre du Soleil, la pièce « 1793, la cité révolutionnaire est de ce monde » reprise ici dans un format plus court (un peu plus de deux heures), retrace l’aventure que fut la Révolution Française de l’été 1792 à l’été 1793. Une année charnière durant laquelle les sans-culottes de Paris ont joué un rôle encore trop négligé au regard de l’histoire. Jeudi 20 avril, les jeunes comédiens amateurs (tous ont moins de 20 ans), déclament dans une fraîcheur stupéfiante un texte en forme de témoignage qui se balade entre adagios de Barber et un concerto de Wagner. Plusieurs surprises musicales viennent d’ailleurs articuler les scènes entre elles. Piano, trompette, violoncelle et même chant, confèrent à « 1793 » une dimension de proximité et une sensibilité qui contraste avec l’âpreté du quotidien vécu par les protagonistes.

En 1793, le roi Louis XVI est exécuté, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen est rédigée, les guerres font rage, la famine croît… Une actualité dont la densité se retrouve incarnée sur les planches par tout un panel d’individus qui composent la pièce : Agricol Chapette un fédéré de Marseille, Rose-Marie Quentin une lavandière, Angèle Lafargue une bonne, Baptiste Dumont un journaliste…

Les scènes se succèdent, et les jeunes comédiens occupent l’espace de manière plus assurée, emportant le public avec eux, tout en conservant la puissance des écrits, la sacralité des événements. On s’émeut avec ces acteurs, on rit aussi. Beaucoup… Les parallèles avec notre époque sont légion. À l’hiver 1793, 300 000 volontaires sont engagés sur les multiples fronts, sous la houlette d’un commandement pourtant royaliste. La France est loin d’être le paradis terrestre tant rêvé. Les trahisons vécues par le peuple au sein de l’assemblée et des armées ébranlent l’idéal révolutionnaire. Aux sans-culottes, le journaliste Dumont – admirateur de Robespierre - déclare qu’il faut « élire des hommes vertueux ». Petite saillie qui a déclenché quelques rictus dans le public. Comment ne pas raccorder ceci à l’actualité quand la notion de vertu échappe encore aujourd’hui aux puissants ? Quand le rideau tombe, la Troupe Ephémère est ovationnée pour sa performance.

M.Lo.

 

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