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/ Les Gaziers, au-delà des frontières

Fort d’un effectif multiculturel et d’une cohésion d’équipe intacte, le club du comité d’entreprise d’Engie - ex GDF Suez - réussit une saison plus que convaincante à tous les niveaux.
Au total, onze nationalités sont représentées chez les Gaziers.
Au total, onze nationalités sont représentées chez les Gaziers.

Dans l’ombre des sections phares de football de la Ville, à savoir le Sdus, le Racing ou encore le Cosmos pour ne citer qu’elles, l’association sportive des Gaziers de Paris œuvre avec brio depuis plus de trente ans sur les terrains d’Ile de France. Issue du groupe énergétique français Engie, l’équipe évolue aujourd’hui en DHR, le deuxième échelon régional en entreprise. « Quand je suis arrivé il y a une quinzaine d’année, le groupe s’appelait encore GDF Suez, se souvient Didier, ancien entraîneur reconverti dirigeant. Nous avons gravi les échelons un par un pour obtenir la montée en DHR en 2009 et depuis, nous jouons chaque année les premiers rôles.»

Retraité et président du club depuis quatre ans, Philippe Mouty est l’un des seuls à être passé par l’entreprise. «Les Gaziers, ce sont surtout les copains des copains. Dans l’équipe première, il n’y a qu’un seul joueur qui travaille chez Engie, souffle celui qui assiste à toutes les rencontres de ses troupes. Forcément, ça nous pénalise d’un point de vue financier puisque l’entreprise ne nous reconnaît pas. » Malgré ce manque de subventions, le club attire. Et notamment ceux qui empruntent chaque jour les transports en commun… « En descendant du RER à la Plaine, j’ai vu des gens jouer sur le terrain. J’y suis allé et je n’ai plus jamais quitté le club, explique Jérémy, qui a pris en main l’équipe en début de saison. La plupart des gars habitent à proximité du stade. Nous évoluons dans une superbe ambiance et la mixité - tant en terme de culture que de catégorie sociale - au sein du groupe y contribue énormément. »

Un beau melting pot

Maroc, Algérie, Russie, Espagne, Cameroun… Au total, onze nationalités sont représentées chez les Gaziers. Alors, c’est tout naturellement que le partage de cultures et de traditions s’est invité dans le vestiaire. « Quand on gagne nos matchs, chacun y va de son cri de guerre dans sa langue natale. Et lorsque l’on fête les anniversaires, les joueurs ramènent les spécialités culinaires de leur pays.» 

Pour Didier, ce melting-pot est « une chance » par les temps qui courent. « Après les attentats, il y a eu un moment de flottement. Mais finalement, c’est magnifique d’avoir au sein d’une même équipe des chrétiens et des musulmans, des africains et des européens… C’est ma 35ème année dans un club et je n’avais encore jamais vu ça ! » Max, étudiant allemand à La Sorbonne et débarqué aux Gaziers cette année, abonde dans son sens. « Malgré la barrière de la langue, les joueurs m’ont parfaitement intégré. En Allemagne, il n’y a pas autant de diversité dans les équipes. Ici, il y a de tout, personne ne se juge sur la couleur de peau ou les origines et c’est ça aussi qui m’a fait me sentir à l’aise ».

L’objectif à présent pour Jérémy est de faire connaître le club dans toute la cité dionysienne, et dépasser les frontières de la Plaine. « Depuis peu, nous avons réussi à créer une deuxième équipe. Nous aimerions maintenant augmenter notre nombre de licenciés (48 cette saison) ainsi que le nombre de supporters lors de nos matchs à domicile. Et, à terme, nous espérons enfin atteindre le niveau DH. »

Alexandre Rabia

Un trophée pour finir l’année ?

Si la montée en DH apparaît compliquée à cinq journées du terme du championnat, les Gaziers peuvent encore réussir un joli doublé, en coupe de Seine-Saint-Denis et de Paris. « Nous sommes qualifiés pour les quarts de finale dans les deux compétitions, et l’ambition du groupe est d’en gagner au moins une, lâche Jérémy. Ça motive les joueurs à bien finir la saison.» Plus ancien joueur de l’équipe première, Ibrahima vise les deux titres. « Il ne faut pas se priver d’aller le plus loin possible. Nous avons l’équipe pour le faire et nous sommes qu’à deux matchs des finales ». Didier, lui, met au défi les joueurs. « Depuis que je suis dans le monde du football, j’ai connu plusieurs montées, mais jamais la joie de gagner une coupe. Alors, s’ils m’en gagnent au moins une des deux, je me rase la moustache ! » À eux de jouer.

AR

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