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Rugby féminin
/ Les filles s’en sont bien mêlées

Depuis deux ans, l’établissement scolaire Iqbal-Masih propose à ses collégiennes une section sportive permettant de concilier études et rugby.
Les filles d'Iqbal-Masih s'entraînent au complexe Mandela
Les filles d'Iqbal-Masih s'entraînent au complexe Mandela

Chaque vendredi après-midi, Maïmouna emprunte le même chemin. Alors que les autres étudiantes de son âge rentrent chez elles pour profiter du week-end, cette dernière enfile son short et ses crampons, prête à fournir le dernier effort de la semaine au complexe Nelson-Mandela. Collé à la gare du RER B de la Plaine, le stade sert de terrain de jeu pour la jeune fille de 12 ans et quarante autres collégiennes de la section rugby du collège Iqbal-Masih. « À la base, je ne connaissais pas du tout ce sport et encore moins les règles, confie, entre deux exercices de plaquage, l’élève de 5e. On a quand même essayé avec mes copines et, au final, on a adoré. »

Cette section rugby, le collège la doit en grande partie à Kevin Malithe. L’enseignant de 32 ans, qui a posé ses bagages depuis neuf ans en Seine-Saint-Denis, a tout mis en œuvre pour que le ballon ovale trouve sa place dans les cours d’école. « Je suis originaire de la région de Brive, là où le rugby est roi. Quand j’ai déménagé dans la région parisienne, je voulais absolument continuer à transmettre ma passion par tous les moyens. » Dès sa deuxième année, il lance l’AS rugby. Sa détermination paie, et de nombreux garçons – et filles – se lancent dans l’aventure. « Nous avons participé cinq fois de suite aux championnats de France UNSS (Union nationale du sport scolaire). Chaque année, nous avions des nouvelles têtes. » Malheureusement, le professeur se rend rapidement compte que cette passion nouvelle chez ses élèves n’est qu’éphémère. « Dès qu’elles entraient au lycée, toutes les filles arrêtaient la pratique du rugby et ne s’inscrivaient pas dans un club. C’était un énorme gâchis car il y avait plein de joueuses talentueuses. » C’est alors qu’il décide, en septembre 2016 et avec son collègue Jean-Marie Tassel, d’ouvrir une section sportive féminine rugby. « Nous avions trop de filles et on a même dû effectuer des sélections pour les 6es. Malgré tout, le critère numéro un reste le niveau de motivation. »

Car en plus des plages horaires de cours classique, cette section leur rajoute 5 heures de plus par semaine. Une surcharge de travail qui, pour l’instant, ne démotive pas les filles. « Sur les 45 élèves que nous avons, 38 ont eu des récompenses au premier trimestre. Si elles dysfonctionnent en classe, on n’hésite pas à les sanctionner. De même, si elles ont un coup de fatigue, on les fait couper une semaine puis elles reviennent. » À présent que la section rugby semble pérennisée, Kevin Malithe souhaite toucher d’autres établissements de la ville. « Nous sommes en train de voir pour créer une section au nouveau lycée de la Plaine. L’objectif maintenant est de démocratiser, à notre échelle, le rugby à Saint-Denis. »

Alexandre Rabia

 

Un partenariat avec un club universitaire

À côté des heures d’entraînement, les filles d’Iqbal-Masih affrontent d’autres sections des villes d’Île-de-France. Seul bémol : le niveau général. « Le championnat excellence est assez pauvre, regrette Kevin Malithe. Mais comme les filles sont à fond dans la compétition, on essaye de les conduire vers le Sporting Club Universitaire de France basé à la Porte de Saint-Ouen. » Sur les vingt et une collégiennes de 4e et 3e, quatorze sont déjà inscrites au club. Cela leur permet d’évoluer avec d’autres jeunes sportifs d’un niveau bien plus élevé. Mais pas que. « Il y a un vrai esprit de groupe quand tu signes dans un club. Aussi, cela évite de les laisser à l’abandon lorsque leur groupe explose à leur entrée au lycée. »

AR

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