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Maternelle Delaunay-Belleville
/ Les faux sachets de drogue affolent les parents

La préfecture l’a confirmé : les sachets de poudre blanche découverts dans la cour ne sont pas de la drogue. Mais les parents d’élèves, échaudés par des incidents à répétition depuis la rentrée, ont écrit aux autorités. Des renforts sont annoncés.
Vendredi 22 septembre, les parents d'élèves se sont mobilisés devant la maternelle Delaunay-Belleville.
Vendredi 22 septembre, les parents d'élèves se sont mobilisés devant la maternelle Delaunay-Belleville.

Dans un tout autre contexte, cela n’aurait sans doute pas créé une telle émotion. On aurait plutôt pensé à une mauvaise blague. Plusieurs sachets de poudre blanche ont été découverts dans l’école maternelle Delaunay-Belleville, au nord de la Ville. De la drogue ? Après des analyses, le contenu « ne relève pas de substances stupéfiantes », rassure la préfecture de Bobigny.

Tout commence le mardi 19 septembre. Une enfant découvre un petit paquet dans la cour de l’école. Elle le montre à ses parents en rentrant à la maison. Le lendemain, ils le montrent à leur tour à la direction de l’établissement. En fouillant la cour, le personnel trouve deux autres sachets qui sont remis à la police. Celle-ci infirme très rapidement la piste d’une substance illicite, sans dire néanmoins ce qu’il en est exactement.

Réunis en collectif, les parents, eux, sont excédés. Ils écrivent dans la foulée aux autorités publiques, du maire au député en passant par le préfet, le commissariat et l’inspectrice académique. « La multiplication de faits de plus en plus graves survenus aux abords de l’école doit cesser ! », dénoncent-ils.

L’établissement est effectivement coincé entre deux importants points de deal, dans les cités limitrophes Jacques-Duclos et Gaston-Dourdin. Fin août, une cache d’armes a été démantelée dans le premier quartier. Et le jour de la rentrée, lundi 4 septembre, des balles à blanc ont été tirées à proximité de l’école, obligeant la directrice à confiner les enfants. Les parents font aussi état de plusieurs règlements de comptes l’année précédente.

Cette matinée du vendredi 22 septembre, l’émotion est vive chez les parents qui, pour la plupart d’entre eux, viennent d’apprendre la nouvelle. « Je suis inquiète comme les autres. Globalement, on ne se sent pas en sécurité. On a peur pour nos enfants depuis ce qui s’est passé la dernière fois [les coups de feu] », confie cette mère. Cet épisode a marqué les esprits. « Je regarde l’école de chez moi pour voir si tout va bien. J’ai la boule au ventre depuis la rentrée. Imagine une balle perdue qui tue une maîtresse, un parent ou un enfant », renchérit Faisia. Elle ne fait plus confiance aux informations communiquées par les autorités : « À chaque fois, on essaye de camoufler ! La première fois, c’est des balles à blanc. Maintenant, on nous dit que ce n’est pas de la drogue, mais pourquoi on jette ces sachets dans la cour de l’école ? » La préfecture pointe une « volonté de déstabilisation malveillante ».

Présent sur place, le député Stéphane Peu a demandé au préfet une plus grande « présence physique des policiers » afin de protéger et rassurer la population. Les habitants ont fait part de leur désarroi face au deal. « L’ambiance est de moins en moins bonne », pointe une habitante, qui a vu la détérioration d’un quartier réputé tranquille il y a une dizaine d’années.

Vendredi soir (1), nous avons appris que le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a annoncé des renforts dans le cadre de la prochaine promotion de gardiens de la paix. « J'ai tenu, écrit-il dans un courrier à Stéphane Peu, à affecter 35 fonctionnaires au commissariat de Saint-Denis, soit 20 de plus que l'effectif de référence ». Il assure aussi au député qu'il sera associé à une future réunion prévue par la préfecture de Bobigny. Par ailleurs, jeudi 28 prochain, une réunion est prévue entre le collectif de parents d'élèves, l'élue du quartier Florence Haye et la police de Saint-Denis. 

Aziz Oguz

(1) Mise-à-jour vendredi 22 septembre à 22h40

 

Réactions

Ah on y est ! Le Peu de service (commandé par la Mairie) a accusé la police et l'Etat. Aucune auto-critique pour avoir laissé ce quartier Delaunay-Belleville où quand j'y suis arrivé en 1985 il faisait bon vivre !!
la municipalité peut et doit aussi faire quelque chose c'est évident!
Questions à MM PEU et RUSSIER : comment peut-on régulièrement (et à juste titre) solliciter des effectifs de police supplémentaires et concomitamment avoir au sein du Conseil Municipal un membre (Mr Messaoudene) qui passe son temps à critiquer la police nationale locale ? Quel deal avez-vous passé avec ce Monsieur pour accepter depuis des années toutes ses dérives ? Je vous laisse le soin de consulter son compte twitter du jour (27/09/2017) @MadjidFalastine.

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