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/ Les bons vœux de Sandra Nkaké

La chanteuse dionysienne dévoile dans son dernier album Tangerine Moon Wishes (les vœux de la lune rousse) toutes les nuances de son timbre soul et jazz. Un opus des plus personnels, voulu comme une pause dans notre époque difficile.
La chanteuse dionysienne Sandra Nkaké sera en concert à Paris au Café de la Danse le 14 novembre prochain.
La chanteuse dionysienne Sandra Nkaké sera en concert à Paris au Café de la Danse le 14 novembre prochain.

« Ce qui était particulier pour cet album-là, c’était de réussir à ce que le temps s’arrête. J’avais envie de faire une pause avec notre époque et de combattre d’une autre manière les troubles auxquels nous sommes confrontés. Je voulais que cette lutte se fasse dans la souplesse et la fragilité », résume Sandra Nkaké. La chanteuse dionysienne vient de dévoiler son nouvel opus Tangerine Moon Wishes paru le 15 septembre chez Pias. Ce 3e album a été enregistré dans le studio Midilive à Villetaneuse, ancien fief de la légendaire maison de disque Vogue. « Je voulais un studio où l’on puisse enregistrer tous dans la même pièce et que l’on puisse se voir et interagir en direct, décrit Sandra. Je voulais que le rapport humain soit au centre de ce projet. Les chansons sont importantes mais la manière dont on les réalise l’est tout autant », estime la chanteuse qui aime s’en prendre aux codes sociétaux qui nous régissent.

Pour ce disque ambitieux réalisé « sans editing, ni métronome », Sandra Nkaké et ses acolytes se sont laissés porter par le lieu et l’envie d’évoluer dans une parenthèse temporelle. En résulte un album aérien et intimiste gravant sur bandes cet instant hypnotisant où les émotions se mêlent et s’entrechoquent mais ne s’annulent jamais. Ses treize titres sont autant de balises qui parent la voie menant à l’acceptation de cet être fragile et imparfait qui vit en nous. « C’est un cheminement pour arriver à ce moment où l’on livre de l’intime, explique-t-elle. La “lune rousse” représente cette capacité d’écoute de notre propre sensibilité et d’accepter ce que nous sommes dans notre intégralité. »

Aussi, il est difficile de coller une étiquette à son œuvre, « la plus personnelle », tant les styles se croisent. La chanteuse y dévoile toute sa palette de timbres soul et jazz sans pudeur, s’effaçant parfois derrière la flûte traversière du producteur Jî Dru, son acolyte depuis dix ans déjà. L’homogénéité de l’instrumentation est le ciment sur lequel s’est bâti cet opus libre aux envolées « parfois épiques, parfois apocalyptiques ».

À l’image de Saint-Denis, où elle vit depuis dix ans, Sandra Nkaké s’attache à respecter les cultes, les origines et les itinérances des individus. Défendant un idéal du vivre-ensemble qui non, n’est pas le « nom de code de l’incivilité » selon les termes d’un philosophe très médiatique. « Je réussis à garder la tête froide, je ne veux pas qu’on se laisse salir par une image pourrie véhiculée par les médias, dit-elle en réponse aux récentes campagnes médiatiques à charge contre Saint-Denis. Ici, les gens se côtoient en paix. » De ses voyages qui l’ont « fêlée » entre Yaoundé (Cameroun) où elle a grandi, et Paris, elle puise une force et un caractère inébranlables, comme un remède à la morosité ambiante. « Je veux croire en la bonté de l’homme sinon je suis submergée par l’ultra-libéralisme qui nous écrase, par la crise humanitaire qui se joue juste à côté de chez moi, confie-t-elle en référence aux migrants de La Chapelle. L’abandon de ces gens me donne la nausée. »

Album-concept dans le fond et la forme, Tangerine Moon Wishes est une mise à nu, un voyage humain, une exploration sonore où le temps n’a pas d’emprise. « J’ai la chance d’être maîtresse du temps », livre Sandra Nkaké qui défendra ce projet sur scène lors d’une tournée dans tout l’Hexagone avec une date au Café de la Danse à Paris le 14 novembre.

Maxime Longuet

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