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48 rue de la République
/ Les 5 sinistrés à la rue de nouveau hébergés

La mobilisation a payé. Après avoir campé six nuits devant leur ancien immeuble dévasté par l'assaut anti-terroriste du 18 novembre 2015, les cinq sinistrés qui dormaient à la rue depuis deux mois ont pu réintégrer ce jeudi soir le dispositif d'hébergement. L'Etat a par ailleurs accompagné cette décision d'autres bonnes nouvelles...
Opération démontage des tentes ce soir du jeudi 23 novembre, dans la joie et la bonne humeur.
Opération démontage des tentes ce soir du jeudi 23 novembre, dans la joie et la bonne humeur.

« On a gagné, on a gagné ! » C’est ce qui s’appelle un retournement de situation. Ce soir du jeudi 23 novembre, au moment de replier les tentes, les anciens habitants du 48, rue de la République comme leurs soutiens avaient de quoi laisser exulter leur joie.

A la veille du deuxième anniversaire de l’assaut antiterroriste du 18 novembre 2015 lancé contre des responsables des attentats du 13 novembre venus se planquer dans leur immeuble, c’est leur colère et leur détresse qu’ils avaient données à voir en montant ce campement.

Ils avaient d’ailleurs promis de le maintenir tant que cinq d’entre eux seraient laissés à la rue sans solution, après avoir été mis à la porte de leurs hôtels deux mois auparavant, au mépris du droit inconditionnel à l’hébergement, qui avait pourtant été garanti à l’ensemble des sinistrés dans l’attente de leur relogement définitif.

Pour se faire entendre, il ont aussi participé ce mercredi 22 novembre à l’occupation du gymnase parisien Roquépine, tout proche de l'Elysée, organisée par l’association Droit au Logement (DAL), aux cotés de nombreuses autres personnes et familles sans logis.

 

Très suivie, la mobilisation a pu compter sur la solidarité des habitants et le soutien des associations de Saint-Denis comme elle a pu bénéficier d’un large écho médiatique, obligeant l’État à revoir sa copie et à annoncer leur réintégration dans les dispositifs d’hébergements.

La bonne nouvelle est tombée ce jeudi, dans la matinée, lors d’une réunion convoquée deux jours avant par Fadela Benrabia, préfète à l’Égalité des chances, en présence de la première adjointe aux Solidarités Jaklin Pavilla et de représentants de l’association Dal des victimes du 48. « On a appris qu’ils étaient pris en charge dès ce soir dans des “apparts-hôtels” à Bobigny. C’est une proposition d’hébergement très correcte qui en plus n’est pas limitée dans le temps », s’est félicité Marie Huiban, militante du Dal, en regrettant tout de même « que deux ans après il faille encore lutter pour obtenir des choses alors qu’à cette date, tous devraient déjà être relogés ».

« Je suis tellement content »

Au milieu de toutes les mines réjouies croisées ce jeudi soir, aucune ne pouvait rivaliser avec celle de Laïd Messaoudi, 62 ans qui s’apprêtait à passer sa première nuit au chaud depuis deux mois. « J’ai tellement souffert, vous savez… Mais ce soir je suis content ! Tellement content ! »

C’est qu’en plus d’un toit, il a aussi obtenu des papiers, la préfecture ayant accepté de rouvrir les dossiers des quatre personnes encore non régularisées sur les vingt-trois de l’immeuble qui se trouvaient en situation irrégulière au moment de l’assaut. Une décision qui pour deux d’entre eux, s’est déjà soldée par la délivrance d’un titre.

Et pour parfaire le tableau, les habitants, leurs soutiens et la municipalité ont pris acte de l’engagement renouvelé de l’État à travailler au relogement durable de l’ensemble des ménages. Pour atteindre cet objectif, la Ville et la préfecture ont décidé de mobiliser un nouveau dispositif pour les sinistrés du 48, en co-finançant une « MOUS », soit une maîtrise d’œuvre urbaine et sociale, qui devrait être opérationnelle dès le mois de décembre.

« Concrètement, on a désigné un opérateur qui va être chargé pendant trois mois d’accompagner de manière individualisée les ménages et qui va pouvoir ne faire que ça, contrairement à un service social classique qui a plein d’autres situations à gérer, précise Jaklin Pavilla.Les personnes vont pouvoir être suivies de très près, afin qu’elles puissent sortir au plus vite des hôtels et bénéficier de solutions adaptées à chacune de leur situation. »

Des annonces qui ont été reçues comme « une victoire et un soulagement », rapporte Simon Le Her, du Dal, qui y est aussi pour quelque chose pour avoir passé deux nuits sous les tentes installées devant le 48, en solidarité avec les habitants. « On restera bien sûr vigilant par rapport aux engagements pris », avertit-il, en espérant que « tout cela se concrétise vite et que l’on n’ait pas à se mobiliser à nouveau. »


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