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Jumelage
/ Les échanges forment la jeunesse

Qui a dit que les jumelages étaient ringards ? Saint-Denis et sa jumelle italienne Sesto San Giovanni prouvent le contraire.
Les lycéens de Suger et d'Enrico de Nicola et leurs professeurs réunis
Les lycéens de Suger et d'Enrico de Nicola et leurs professeurs réunis

A la prossima !* Après s’être rendu à Sesto San Giovanni, dans la banlieue de Milan en mars, c’était au tour des Italiens de venir à Saint-Denis, du 12 au 18 octobre dans le cadre de l’échange entre le lycée Suger et l’Istituto Enrico de Nicola. Un échange qui dépoussière un jumelage conclu au début des années 1950 entre Saint-Denis la rouge et Sesto l’antifasciste. De part et d’autre des Alpes, les réalités et les contextes ont évolué mais le jumelage reste pertinent pour l’ensemble des acteurs, à commencer par Zohra Henni-Ghabra, adjointe au maire à l’enseignement secondaire. « En étant accueillis dans des familles ici et en Italie, les jeunes ont ainsi pu partager des expériences de vie et découvrir des cultures différentes. » Thushya (16 ans), Yanis (17 ans), Mohamed (18 ans) et Rebecca (18 ans) peuvent en témoigner. Cette dernière, fille unique de Sesto San Giovanni, a ainsi pu partager le quotidien dionysien de Thushya et de ses quatre frères et sœurs. « J’ai pu constater que Thushya avait un peu moins de liberté que moi, témoigne Rebecca. On n’est jamais sorties seules jusqu’à 23h30 comme ça peut m’arriver en Italie. » « C’est peut-être parce que nous sommes des garçons, mais avec Yanis nous sommes sortis tous les soirs, poursuit Mohamed. J’aurais aimé rester plus de temps à Saint-Denis. J’y ai trouvé plein de commerces qui n’existent pas chez moi, notamment pour la nourriture. Et puis les gens étaient très sociables. » C’est pourtant exactement le sentiment que Thushya avait ressenti en mars… à Sesto San Giovanni : « C’est plus petit que Saint-Denis et j’ai eu l’impression que tout le monde se connaissait, comme dans un village. » L’herbe du voisin serait donc forcément plus verte ? Pas forcément non plus. « Ils ont beaucoup trop d’heures de cours ici, » soufflent en chœur les Italiens. Et Yanis d’ajouter de l’eau au moulin de ses hôtes : « Et le rapport à la religion au sein du lycée m’est apparu plus apaisé en Italie. »

Un dialogue riche

Au-delà des ressentis personnels, pour les professeurs le bilan de l’expérience est très positif. « Pour nos deux lycées il s’agit d’un projet phare, en particulier en termes de citoyenneté, se félicite Giuseppe Saponaro, professeur d’italien à Suger. C’est la preuve qu’on peut vraiment aller à la rencontre de l’inconnu. » « Ce qui compte dans ce genre d’échange, c’est la qualité du rapport humain, abonde Angelina Stucchi, professeur de français à l’Istituto Enrico de Nicola. On met à l’épreuve sa capacité à réellement communiquer. » Tout le monde semble donc partant pour poursuivre un échange très riche entre deux villes, qui, bien que complètement transformées depuis l’époque de leurs noces, aspirent toujours à partager un destin commun. Un destin européen dans une Europe des peuples.

Yann Lalande

* À la prochaine. 


Réactions

Belli allunni merci aux enseignants qui font voir le monde à nos enfant grazie merci

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