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/ Le Sdus futur roi du nord ?

Alors que l'équipe première dispute sa troisième saison en Fédérale 2, le Sdus ambitionne à moyen terme de devenir le club phare du nord parisien. Un objectif loin d’être atteint mais pas utopique…
Dimanche 19 novembre, les bleu et blanc du Sdus ont rencontré l'équipe de Beauvais au stade Auguste-Delaune. (©) Benoit Jacquart
Dimanche 19 novembre, les bleu et blanc du Sdus ont rencontré l'équipe de Beauvais au stade Auguste-Delaune. (©) Benoit Jacquart

« C'est bien que les clubs franciliens progressent, j’adore les derbys entre Saint-Denis, Bobigny ou Gennevilliers, c’est une très bonne chose pour le rugby. » Venu donner le coup d'envoi du match entre le Sdus et Beauvais ce dimanche au stade Auguste-Delaune, Bernard Laporte a témoigné un certain enthousiasme pour les joutes locales du rugby amateur : « On est à Paris, dans une région où il est plus difficile de fédérer si on n’est pas dans l’élite, c’est pour cela que ces clubs ont beaucoup de mérite. » Battu de justesse (voir l'encadré ci-dessous), le Sdus stagne à la 8e place de sa poule de Fédérale 2. Derrière ses voisins Drancy, Gennevilliers, et surtout Bobigny, 2e au classement.

Pourtant, lors de sa montée en Fédérale 2 en 2015, le club affirmait déjà des ambitions plus larges. Soutenu publiquement par Bernard Laporte, alors candidat à la présidence de la Fédération, le Sdus et son président Olivier Glévéo rêvaient d’incarner le rugby de la banlieue nord parisienne. « Il nous avait soutenus dans le projet de faire du club la 3e place forte de la région. En voyant des joueurs de l’équipe de France comme Rabah Slimani ou Sekou Macalou (originaires de Sarcelles, ndlr), il s’était rendu compte du vivier immense de la banlieue parisienne. Avec sa population, son tissu économique et le Stade de France, Saint-Denis a le potentiel pour être le club référent de cette identité-là, jeune et populaire. » Un potentiel pour l’instant freiné par des moyens financiers encore trop justes face aux exigences des divisions supérieures.

L’effet Coupe du monde attendu

Dernier exemple en date : l’AC Bobigny, longtemps valeur sûre de Fédérale 1 mais rétrogradé cet été pour des raisons financières. Favori cette saison, l’actuel club phare du 93 bénéficie de subventions départementales encore supérieures à la concurrence et son équipe féminine engagée en première division booste le nombre d’adhérents. Mais à terme, le fameux potentiel dionysien pourrait faire la différence. « Avec les entreprises de la Plaine, nous avons un bassin économique plus important. C’est bien sûr un travail de longue haleine, à mener avec les élus, mais les partenaires financiers éventuels ne manquent pas », pose le président. Sans compter que la Coupe du monde 2023, dont plusieurs matches se dérouleront à Saint-Denis, pourrait comme en 2007 être l’événement déclencheur (lire le dossier ici). 

« La Coupe du monde va aider mais on sait que pour avoir une école de rugby compétitive, il faut une équipe fanion, une locomotive qui donne envie aux jeunes de jouer à ce-niveau. Là on est un peu dans le dur car nous avons dû faire très attention à nos dépenses, mais dès l’année prochaine, nous allons pouvoir bâtir une équipe pour viser le haut de tableau. » De quoi envisager l’avenir avec optimisme, bien que la route reste longue avant de voir les bleu et blanc du Sdus parmi le gratin régional.

Corentin Rocher

« Un vrai sursaut d’orgueil »

« Vous allez m’empêcher de voir la fin de ce beau match. Saint-Denis a beaucoup de blessés m’a dit Olivier (Glévéo, ndlr), mais en face Beauvais joue très bien. » Bernard Laporte ne s’y trompe pas : alors qu’il répond aux journalistes présents à Delaune pour l'occasion, le Sdus amorce une belle remontée au score. Menés de 16 points dès le retour des vestiaires, les Dionysiens viennent de réduire l’écart (35-24) après un essai conclu par Ouassiero et transformé par Julien Bouillère. Avec 22 hommes à l’infirmerie dont 9 titulaires, l’équipe est en effet décimée. Mais elle fera trembler jusqu’au bout les Beauvaisiens avec un nouvel essai en fin de match. De quoi satisfaire son président, Olivier Glévéo, malgré la défaite : « On n’a rien lâché, il y a eu un vrai sursaut d’orgueil face à une équipe de Beauvais qui fait partie des favoris. On n’a pas à rougir. » 

CR 

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