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Le Sénat va-t-il en voir de toutes les couleurs ?

Le Sénat va voir la moitié de ses sièges renouvelés ce 24 septembre, dont les six de Seine-Saint-Denis. Si cette élection au suffrage indirect ne passionne pas les foules, elle n’est pas sans enjeu.
Sofia Boutrih, Sébastien Freudenthal et Anina Ciuciu, trois candidats dionysiens aux sénatoriales.
Sofia Boutrih, Sébastien Freudenthal et Anina Ciuciu, trois candidats dionysiens aux sénatoriales.

2 316 grands électeurs (1), 10 listes, 80 candidats et …6 sièges. Telle est l’équation de la prochaine élection sénatoriale en Seine-Saint-Denis (scrutin proportionnel). Si le Palais du Luxembourg ne déchaîne pas les passions, il fait naître des vocations. Conséquence sans doute de la recomposition politique constatée au printemps, les sénatoriales 2017 enregistrent un record de candidatures. Nouvelles têtes et dissidences (à droite comme à gauche) rebattent les cartes, même si du côté de la France Insoumise on considèrerait presque que c’est un scrutin pour rien. « Etant donné leur nature, les élections sénatoriales ne vont pas traduire la vague dégagiste du printemps », déplore Eric Coquerel (LFI) député de la première circonscription de Seine-Saint-Denis. Plutôt que de faire des scores ridicules, La France Insoumise a donc préféré faire l’impasse, laissant notamment le champ libre au Parti Communiste français (Liste La Seine Saint-Denis en commun, résister, proposer, agir). Au niveau national, 16 des 18 sièges du PCF sont soumis au renouvellement en ce mois de septembre. L’enjeu est de taille : conserver un groupe (10 sénateurs au moins). En Seine-Saint-Denis, Eliane Assassi (PCF) sénatrice sortante devrait être réélue, mais Sofia Boutrih, candidate dionysienne, en troisième position sur la liste espère mieux. « On fait tout pour avoir un deuxième élu, en espérant ainsi consolider le groupe au Sénat. Les écologistes pourraient ne plus avoir de groupe. La France Insoumise n’en aura pas, et le PS est dans l’incertitude. Dès lors nous serons peut-être le seul vrai groupe d’opposition à la droite et à la République en marche au Sénat pour défendre les collectivités territoriales ou monter au créneau en matière de logement. Le scrutin est plus incertain que jamais et à la vue des résultats des municipales de 2014 on peut aussi craindre un raz de marée de la droite et de la République en marche. »

Nouveaux visages

Un raz de marée que doit appeler de ses vœux, le président de la République qui aura besoin de la majorité des 3/5e au parlement (Assemblée nationale et Sénat réunis) s’il veut réformer la constitution sans passer par la case référendum. Pour l’heure la REM compte 29 sénateurs dans une chambre dominée par les Républicains et l’UDI. Loin de ces considérations politiciennes, Anina Ciuciu (1re position) et Sébastien Freudenthal (8e position), deux dionysiens sont candidats pour la liste Notre avenir. « Nous sommes réalistes, nous avons peu de chance d’être élu, concède Sébastien Freudenthal. Pour nous c’est un point de départ. Nous venons tous d’horizons différents mais la défense des droits nous unis. Cette campagne est une tribune pour faire avancer nos idées. » Parmi celles-ci, une guide particulièrement la candidature d’Anina Ciuciu et des siens : « bousculer les choses pour faire entendre la voix des non représentés. Et Anina Ciuciu d’enfoncer le clou. Nous voulons permettre à toutes et à tous d'être entendus  dans leurs douleurs et leurs urgences. » Le 24 septembre au soir, le Sénat sentira peut-être encore un peu la naphtaline, ce n’est pourtant pas faute de vouloir faire la poussière.

Yann Lalande

Retrouvez l’ensemble des listes et des candidats en Seine Saint-Denis sur senatoriales2017.senat.fr

(1) Délégués des conseils municipaux, députés, conseillers départementaux et régionaux

 

Sénat mode d’emploi

Les 348 sénateurs qui siègent au Palais du Luxembourg sont élus par un collège de 150 000 grands électeurs pour un mandat de six ans. La chambre est renouvelée par moitié. Les sénateurs examinent les projets de loi, font des propositions législatives mais c’est toujours l’Assemblée nationale qui a le dernier mot. A noter que dès octobre il ne sera plus possible de cumuler un mandat de sénateur et un poste d’exécutif local.

Réactions

Conseiller municipal PCF-Front de Gauche de Saint-Denis et donc de droit "grand électeur" de la Seine-Saint-Denis, dimanche 24 septembre je voterai pour la liste citoyenne de gauche conduite par Anina Ciuciu. Et j’engage les grandes électrices et grands électeurs de notre département à faire de même. J'explique les raisons de ce choix de façon détaillée dans une lettre ouverte sur mon blog, là : http://philippecaro.over-blog.com/2017/09/elections-senatoriales-et-si-nous-nous-en-melions.html Cette jeune femme, élève avocate et écrivaine, est née il y a 27 ans en Roumanie dans une famille Rrom, puis passée par un camp près de Rome, au milieu de 800 autres Rroms et a dû mendier avec sa mère et ses sœurs pour survivre. Engagée, elle est co-fondatrice du « Mouvement du 16 mai », militante de « la Voix des Rroms », marraine de l’ASET93 et porte-parole de la campagne « École pour tous ». Son parcours est une belle démonstration de ce que notre République est capable de permettre à ses enfants. Qui y viennent au monde ou qui la choisissent. Et je pense que la Seine-Saint-Denis s'honorerait à être le premier département en France à porter au Parlement une femme issue d’une des populations les plus maltraitées d'Europe. De cette population, bouc émissaire facile de tous les maux de notre société alors qu’elle ne compte qu’à peine 20.000 personnes sur notre territoire. Par ailleurs, la liste que conduit Anina Ciuciu est composée de militant-e-s de terrains qui veulent « porter la voix et les causes de notre territoire ». Bref, des citoyennes et citoyens qui ont décidé qu’il fallait qu’ils s’en mêlent ! Et dont la démarche voisine donc celle que nous avons initié à Saint-Denis lors des dernières élections législatives.
La droite part divisée sur le 93. 4 listes dont celle de LREM. Et une liste d'extrême-droite. A cette division la gauche et les écologistes aurait pu opposer un front commun permettant la représentation de toutes les sensibilités sur le département. Il n'est est rien. PRG, PCF, Adhérents du mouvement de Hamon, Anina Ciuciu de la liste Notre Avenir, seul regroupement celui du PS et d'EELV. La démarche d'Anina Ciuciu dépassant les clivages partisans était pleine de promesses. Je la soutenais. Arrivée loin derrière Anne Deo lors de la primaire d'EELV, sa candidature, comme celle des Hamonistes, amenuise la possibilité de l'élection d'une sénatrice écologiste. Pas d'union à gauche, une gauche déjà affaiblie avec le raz de marée LREM, quel gâchis… La présence d'une sénatrice écologiste au Sénat est indispensable. Il ne fait aucun doute qu'Anne Deo partage les combats portée par la liste Notre Avenir d'Anina Ciuciu qui, comme le dit Sébastien Freudenthal : « Nous sommes réalistes, nous avons peu de chance d’être élu. Pour nous c’est un point de départ. Nous venons tous d’horizons différents mais la défense des droits nous unis. Cette campagne est une tribune pour faire avancer nos idées. » Saisissons tous une vraie chance, celle de l'élection d'Anne Deo d'EELV qui saura "faire avancer nos idées".

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