Cultures

Folies d'encre
/ Le retour aux sources de Gaël Faye

Gaël Faye était à la libraire Folies d'encre pour une rencontre et une séance de dédicaces.
Gaël Faye était à la libraire Folies d'encre pour une rencontre et une séance de dédicaces.

Sa mine café piquée de taches de rousseurs vous dit peut-être quelque chose. Ses rimes et ses mots aussi. En décembre, le magazine Télérama lui a consacré sa Une après avoir obtenu le prix du « roman des étudiants France Culture Telerama 2016 » pour « Petit Pays », son premier livre paru aux éditions Grasset. Une distinction parmi tant d'autres. Le prix « Goncourt des lycéens » décerné en novembre dernier, avait ouvert la voie vers la consécration et avait déclenché une pluie de sollicitations. Vendredi 20 janvier, Gaël Faye a pu s'extirper du tourbillon médiatique le temps d'une soirée aux allures de retrouvailles. C'est en toute simplicité et humilité qu'il est venu échanger autour de son livre lors d'une rencontre avec ses lecteurs organisée à Folies d'Encre. L'écrivain a bien connu la librairie dionysienne après y avoir animé des ateliers durant un an. C'est ici qu'il a travaillé sur le spectacle « la Fabrique du Macadam » avec l'association du Café Culturel. C'est ici aussi qu'il a écrit une partie de « Petit Pays ». L'émotion se lisait sur le visage, toujours souriant, de l'artiste à qui on aime signaler ses faux airs de Stromae. « Au début on me disait souvent ça. Mais l'autre jour il y a un type qui m'a arrêté dans la rue et il m'a dit : Tu sais que tu ressembles beaucoup à Gaël Faye. Y'a du progrès ! » Rires dans la salle. Une verve efficace pour couronner le tout…

Avant d'écrire un roman, Gaël Faye grattait des vers et des rimes. Il a sorti avec son groupe de rap Milk Coffee and Sugar un opus éponyme en 2010 puis trois ans plus tard, un album solo, « Pili-pili sur un croissant au beurre ». Un titre en référence à son enfance. Face aux élèves de Fanny Capel, professeure de lettres à Paul Eluard, Gaël Faye s'est laissé prendre au jeu du question-réponse, après s'être fait tirer le portrait par les plumes juvéniles qui composaient l'assistance. Malgré quelques petites approximations qu'on leur pardonnera, les lycéens ont parfaitement su mettre en relief la richesse de « Petit pays » qui, notons-le, n'est pas une autobiographie. L'histoire se déroule dans les années 1990 à Bujumbura capitale du Burundi avant que n'éclate la guerre civile et ne débute le génocide chez le voisin du Nord, le Rwanda, dont sont originaires la mère de Gaël Faye et de Gabriel, le héros du roman. Le drame des deux nations guettent le petit Gabi, dont l'insouciance finira par s'estomper brutalement. Pas autobiographique, le récit s'inspire néanmoins de nombreux éléments de la vie de l'auteur qui s'entrelacent avec la fiction. « En fin de compte, le véritable personnage principal de mon livre c'est la mère de Gabriel », précise Gaël qui a peu connue la sienne.  Grâce à « Petit Pays » Gaël Faye rencontrait il y a peu des étudiants en Egypte. « Je remarque que le regard de l'enfant c'est quelque chose qui a parlé à tout le monde que ce soit au Caire, à Saint-Denis ou à Kigali (Rwanda), là où je vis maintenant. Mais je me rends compte que dans les médias je n'ai pas réussi à faire le pont avec la situation actuelle du Burundi, regrette-t-il. Depuis un an, il y a des troubles là-bas qui ont déjà fait des milliers de morts ».

Gaël Faye planche déjà sur un nouveau roman alors qu’il prépare une tournée imminente pour la sortie de l’EP “Rythmes et Botanique”. De son enfance passée entre Bujumbura et Versailles, à sa nouvelle vie à Kigali en passant par l'open space de la City qu'il a fui et ne regrette absolument pas, Gaël Faye en est convaincu, « tout le monde porte un roman en soi ».

Maxime Longuet

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