À la une Portrait

Benoît Lagarrigue
/ Le portraitiste portraituré

Multiculturel. C’est le "Monsieur culture" du Journal de Saint-Denis. À quelques jours de sa retraite, le JSD a voulu saluer son journaliste recordman du nombre de portraits de Dionysiens publiés dans ses colonnes.
Benoît Lagarrigue au théâtre Gérard-Philipe
Benoît Lagarrigue au théâtre Gérard-Philipe

Son premier portrait dans le Journal de Saint-Denis, Benoît Lagarrigue l’a écrit en 2006. Le premier d’une longue série. Certaines années, c’est lui qui les écrivait tous, un par semaine, 42 d’affilée. En 2011, il en a même tiré un recueil, aux éditions de l’Atelier, avec des photos de Gérard Monico et de Yann Mambert. En dix ans, il en a écrit, selon ses calculs, 240 au total. Il n’en ajoutera pas un dernier : Benoît, qui tient actuellement la rubrique culture du JSD, prend sa retraite en janvier 2017. L’occasion ou jamais de portraiturer le portraitiste.

Saint-Denis, il la découvre en entrant à Paul-Éluard, en 1964 : « Je suis arrivé l’année où le lycée a été inauguré par Aragon. » C’est là qu’il vit mai 68, l’éveil au monde qui l’entoure, à ses enjeux, une « naissance intellectuelle ». Là aussi qu’il commence le théâtre, dans un atelier monté par des profs et des élèves. « La première fois que je suis monté sur scène, pour notre représentation de fin d’année, c’était sur la grande scène du TGP ! » Il se marre : « J’étais mauvais comme tout, mais la salle était comble ! »

En terminale, il rejoint la troupe d’amateurs du centre dramatique de La Courneuve. « On faisait des tournées “sauvages” dans le Sud, on installait nos décors, nos propres chaises et on passait le chapeau à la fin », se rappelle-t-il. « Puis on a joué de plus en plus, la troupe est devenue professionnelle. » Il ajoute, mais sans nostalgie : « Dans ces années-là, tout semblait possible. »

La passion du théâtre ne le quittera jamais : même à la retraite, il continuera à couvrir la saison du TGP dans nos colonnes. Malgré tout, après deux passages au Festival d’Avignon, il quitte la scène pour chercher un gagne-pain stable et entre en 1981 à la communication de la Ville de Pierrefitte. En parallèle, il devient le correspondant pierrefittois du Saint-Denis Républicain. « C’est là que j’ai appris le journalisme, sur le tas. » En 1998, il rejoint le Journal de Saint-Denis.

Dix-neuf ans plus tard, il ne s’est pas lassé de la ville. Il l’a contemplée longtemps, elle le séduit toujours, elle l’intrigue encore. « Elle est bizarre cette ville : située dans le nord de la France, c’est une ville du sud par son atmosphère, ses excès, sa passion ; c’est une banlieue de Paris, mais partout ailleurs ce serait une métropole régionale ; c’est une ville qui a les pieds ancrés dans l’histoire et qui est aussi  complètement dans son temps ; c’est une ville qui n’a pas la mer, mais qui a tout d’un port : une ville où les gens débarquent, pour rester ou pour repartir. »

En 2002, il a repris la rubrique culture du JSD. De cette aventure, il tire une leçon : « Aujourd’hui qu’on assiste à la faillite totale du politique, je pense que les seuls qui sont capables de nous proposer une alternative, un autre monde, ce sont les poètes, les artistes. J’en suis de plus en plus persuadé en les côtoyant. »

Si les artistes se pressent à Saint-Denis, c’est le contraire d’un hasard : « C’est une ville dure, âpre, où beaucoup de gens vivent avec de grandes difficultés. Face à ces enjeux, il y a urgence à trouver des moyens de continuer à coexister. C’est le rôle des artistes. Nous dépendons tellement d’eux, de leur capacité à inventer, qu’il faut les aider, les soutenir. »


Réactions

Nous nous sommes souvent croisés sutout à une éoque à Pierrefitte jamais je me suis laissé faire par les poltiques j'ai toujours cru à l'art et à la culture et je n'ai jamais été dupe nous sommes retrouvé à St dénis malgré aussi à des problèmes de pauvreté cette ville est attachante par le vivre ensemble c'es une belle vie pour la culture et surtout l'art l'enjeu est difficile mais il ne faut jamais renoncer la retraite n'existe pas pour les âmes en mouvement et la jeunesse et dans l'esprit la photographie, l'écriture le voyage , le regard sur le monde Benoit Lagarrique ne te laissera peu de repos mais une ecriture encore plus pertinante pour un monde plus humain et poétique entre terre et ciel bonne route sur les chemins des possibles encore Armand Julien Waisfisch
Merci Benoît pour tes témoignages sur les Êtres, les évènements, la vie. Bonne route !
@waisfisch arman - “Entre le point d'exclamation de la vie et le point d'interrogation de la mort : tout n'est que ponctuation.” (Tristan Maya)

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