À la une Cultures

Guaté Mao et les lycéens
/ Le pochoir pour raccrocher les décrocheurs

Le street-artist dionysien a animé des ateliers pochoirs pour une quinzaine d’élèves du lycée professionnel Louise-Michel d’Épinay-sur-Seine, dans le cadre d’un appel à projet de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire.

Les écouteurs glissés dans les oreilles, le doigt sur le fat-cap, ils sont plongés dans la réalisation de leurs œuvres, s’éloignant ainsi un instant de leur quotidien, des doutes et de leurs angoisses quant à leur avenir. Dans le cadre d’un appel à projet de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS), une quinzaine d’élèves du lycée professionnel Louise-Michel à Épinay-sur-Seine ont participé à des ateliers pochoirs menés par le street-artist dionysien Guaté Mao. Après avoir traîné ses guêtres au Sénégal pendant un mois, le pochoiriste a enchaîné avec ce nouveau projet qui lui tient à cœur. « J’ai fait une série de portraits sur la plage au Sénégal. Après avoir développé les photos, je les ai données aux habitants, ils étaient très heureux, ça a créé un échange, raconte Guaté Mao. Quand je suis revenu, j’ai imprimé ces photos pour que les élèves réalisent plusieurs pochoirs à partir des clichés. » Durant une semaine, celle-ci correspondant aux Journées de la persévérance scolaire, il a accompagné ces lycéens rapidement qualifiés d’élèves « décrocheurs ». Car si Mamadou, Jérémy, Noëlie, Awa ou Yacine sont ici, ce n’est pas que l’école leur donne de l’urticaire. « Beaucoup n’ont simplement pas trouvé de place dans les établissements, explique Véronique Levaux coordinatrice MLDS qui chapeaute ce projet financé par la région Île-de-France.Certains n’ont pas été affectés ou alors il y a eu une interruption de parcours scolaire. Nos objectifs sont de les remobiliser, de les amener à un projet professionnel et de les remettre à niveau. »

La MLSD est un service de l’Éducation nationale mis en place il y a vingt ans. Cette mission n’avait pas vocation à se pérenniser, et aujourd’hui le manque de personnel est l’un des problèmes majeurs auxquels sont confrontés les chargés de mission tels que Véronique Levaux. « Je gère trois autres projets à Saint-Denis, Villetaneuse et Saint-Ouen. Je prends tout en charge : les emplois du temps des professeurs, le matériel, les intervenants, décrit-elle sans baisser les bras pour autant, confiante dans le bien-fondé de ce dispositif. L’an passé, nous avons réussi à ce qu’une entreprise de menuiserie forme un de ces jeunes. Aujourd’hui, il s’épanouit dans son travail. »

A l'Adada en avril

Une exposition en mars aura lieu au CDI du lycée avant d’être présentée dans la galerie de l’Adada en avril. Une moitié du produit de la vente des œuvres permettra de réaliser un don à une association caritative choisie par les élèves participants, l’autre moitié de financer une sortie culturelle. « Cela les valorise, c’est important pour que ces jeunes reprennent confiance en eux », affirme Mme Levaux. Yacine, 17 ans, travaille sur un projet de réorientation professionnelle. « Je n’avais pas de stage donc je n’ai pas pu passer mon bac pro électrotechnique. Il n’aurait pas été validé. Aujourd’hui je dois trouver une entreprise qui m’accepte en alternance… dans la boulangerie. » Yacine rêve de monter sa chaîne de pâtisserie. « Il imprime vite, il est assez doué pour comprendre et retenir les techniques que je lui ai apprises, confie Guaté Mao. Il est très volontaire. »

Noëlie est arrivée en France en octobre. Son carnet de dessin à côté d’elle, elle esquisse des roses qu’elle utilise pour les pochoirs, griffonne les mots « solitude » et « Johannis » le nom de son copain. « À la Réunion, j’avais arrêté les études pendant un an, explique la jeune fille de 17 ans qui est logée chez sa sœur. Je ne savais pas ce que je voulais faire. Maintenant, je veux m’orienter vers un bac pro métiers de la sécurité. Il faut que je trouve une entreprise qui me prenne en alternance. » Plus tard, elle souhaite intégrer les forces de l’ordre. « Je n’ai pas envie d’être derrière un bureau. » Cependant, « je suis un peu perdue, je ne trouve pas ma voie », confie la jeune fille. Véronique Levaux abonde dans son sens. « D’habitude je ne fais jamais ça, mais Noëlie part dans toutes les directions. Je dois donc la brider », confie-t-elle. Pour l’heure, le simple fait de produire un travail collectif est déjà une victoire pour ces jeunes qui une fois en dehors du lycée se retrouvent littéralement seuls face à leurs problèmes.

Maxime Longuet

Réactions

bravo à mon ami guaté mao vraiment un savoir faire et un artiste au grand cœur pour le partage et un énorme talent. merci cw
bravo bravo bravo!!!!!!! permettre aux jeunes d'avancer, de se raccrocher, de se valoriser en créant est une très belle initiative et démontre que chacun a toujours en soi un réel potentiel! et merci à cet artiste de colorer nos "villes-béton"
Bravo! très belle initiative!

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur