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Drogue à Gaston-Dourdin
/ Le parking muré déplace le deal

Privés de leur lieu de trafic condamné par le bailleur Logirep, les dealers se sont rabattus sur l’un des bâtiments de la cité, située au nord de la ville.
Le 27 avril, l'entrée du parking est condamnée. Tous les autres accès sont fermés.
Le 27 avril, l'entrée du parking est condamnée. Tous les autres accès sont fermés.

Ce jeudi 27 avril, des ouvriers s’activent pour condamner l’entrée de l’un des deux parkings souterrains de la cité Gaston-Dourdin. Ils montent des briques qu’ils cimentent puis ils posent des plaques de métal sur l’ensemble. Ils travaillent sous l’œil des policiers, venus s’assurer du bon déroulement du chantier, et des dealeurs qui impuissants assistent à la scène. Le bruit courrait depuis un moment, mais ils n’y croyaient pas, comme une menace qui n’arrive jamais à exécution. « Putain, ils l’ont vraiment fait ! », s’exclament-ils.

Depuis environ trois ans, les dealeurs ont pris le contrôle du parking de cette cité, identifiée comme l’un des plus importants points de deal de la ville, comme nous le montrions en juin 2016 dans le JSD. La situation est devenue ingérable pour le bailleur social Logirep et insupportable pour les habitants, à cause du filtrage des entrées et des sorties, des dégradations et des violences engendrés par le trafic. 

« Le bailleur seul ne peut pas régler le problème »

« Le trafic est d’une telle ampleur que nous avons pris la décision unilatérale de fermer le parking. Ce n’était plus possible », déclare Eddy Bordereau, directeur du patrimoine de Logirep. Depuis début 2017, le bailleur a prévenu à plusieurs reprises ses locataires, qui d’une manière générale acquiescent ce choix radical. « On pensait que cela allait régler le problème, mais en fin de compte les dealeurs se sont déplacés au B4 », raconte une habitante. Le B4, c’est le bâtiment 4 de l’ensemble de 400 logements qui en compte au total sept. « Le trafic a un peu diminué, c’est mieux pour les locataires, mais ceux du 4, ils n’en peuvent plus. Ils sont au bout de leur vie », continue-t-elle. 

Le bailleur est conscient des travers de la décision. « On n’est pas dupe, assure le responsable de Logirep. Nous voulons faire en sorte de fortement perturber le trafic, voire de l’éradiquer. Mais le bailleur seul ne peut pas régler le problème. Toutes les forces vives doivent s’impliquer. Il faut trouver une solution à l’échelle de l’ensemble du quartier. On a saisi le préfet pour demander un groupe local de traitement de la délinquance. » Ce dispositif temporaire permet de renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants. 

« Le quartier est quadrillé, les guetteurs sont partout »

Le problème touche effectivement tout Delaunay-Belleville, au nord du centre-ville. L’un des parkings de Jacques-Duclos est impacté par le même type de trafic depuis au moins un an. Sa fermeture pourrait être décidée : une concertation est en cours entre le bailleur social Plaine Commune Habitat, la Ville et les habitants. « Tout le quartier est quadrillé. On voit des guetteurs partout. Tout le monde pète un plomb. C’est trop, c’est trop ! », insiste cette riveraine de Dourdin qui a vu une lente dégradation depuis dix ans. Elle ne veut pas mettre dans le même sac les personnes impliquées dans le trafic, souvent des mineurs et des jeunes majeurs, ni leur imputer tous les problèmes, mais la situation l’insupporte. « Certains ont tout le temps le mot respect à la bouche, mais ils ne respectent rien ! En plus des cris, des odeurs de shit, ils cassent, ils salissent, ils pissent n’importe où. Il y a un vieil adage qui dit “tu ne chies pas là où tu manges” ».

Pour faire face à ce « vaste problème, on a tous une responsabilité, l’État, la Ville, le bailleur, les locataires », dit-elle. « Soit on met tous les moyens sécuritaires pour y mettre fin, soit on légalise. Mais on ne reste pas dans un entre-deux. C’est quoi l’avenir de ces jeunes ? On laisse faire parce qu’il n’y a pas de solution ? Au lieu de nous pourrir la vie, ils pourraient faire quelque chose de leur vie… Ça me désespère, mais je ne vais pas baisser les bras. Je ne vais pas lâcher. »

Aziz Oguz
 

Réactions

L'état et le bailleur prennent leur responsabilités..mais devinez qui a toujours refusé de prendre les siennes, sauf peut-être qques gros coup de communication avant les élections.. Devinez qui a toujours refusé de travailler avec l'état pour régler ce problème quand c'était encore possible.. Devinez, c'est pas trop dur, c'est celui qui passe son temps à critiquer l'état mais qui refuse de travailler avec pour les problèmes de sécurité faisant fuir la plupart des Dyonisiens..
SI C'EST ABDEL QUI LE DIT ALORS MA FOIS IL FAUT LE CROIRE
La mairie ne fait rien contre Le traffic, Le favorise même en tolérant (acceptant) une épicerie rue Gaston Dourdin déjà fermée 2 fois pour raison administrative, vente d'alcool à des mineurs et vente illégale de cigarettes. Rien ne semble attester que ces désordres aient cessé , mais l'épicerie peut ouvrir tous les soirs jusqu'à minuit ou plus, juste à côté de l'antenne jeune. Parce que pour ces jeunes à la dérive en rupture de scolarité (Les dealers et guetteurs) je me demande aussi ce que fait La mairie. Pas vu beaucoup d'éducateurs de rue ( je ne parle pas d'animateur)
Espérons que cet énième article est un impact. Tout le monde est responsable, les parents en premier lieu, qui ont laissé la rue éduquer leurs enfants et qui ferment les yeux devant l'argent qui rentre. La mairie qui par idéologie a laissé la ville pourrir pour ne pas stigmatiser (soit disant) et risquer de froisser son électorat, l'état qui ne met pas les moyens nécessaires, et les locataires qui pour bcp au mieux restent passifs au pire sont complices. Et ce sont tous les jeunes qui trinquent ceux qui veulent sans sortir compris. Car comment en vouloir à celui d'en face d'avoir des à prioris vu l'état de nos quartiers? Les choses peuvent changer mais pour cela il faut que chacun à son niveau prenne ses responsabilités et agit.
@Marcuerite Je ne fais que constater 20ans de pratique subi par cette municipalité, nous n'avons pas les mêmes intérêts, nous, les habitants souhaitons vivre tranquillement et dignement sans rien vous demander, surtout ne rien vous demander..et vous , la municipalité souhaitait garder le pouvoir et vos intérêts à tous pris, quitte à sacrifier toute une génération, ce qui a été fait et vous entretenez ce chaos..depuis l'arrivé au pouvoir de Braouzec/Paillard/S. Peu, nous sommes la ville la plus criminogène de France..s'il vous faut d'autres preuves, je suis à votre dispositions.
Braouezec s'est enfui avec Macron, Paillard a jeté l'éponge et Peu s'est soumis aux insoumis. Quant aux habitants de Saint-Denis, ils ont été laissés à l'abandon n'étant que de la chair à urnes (électorales) !
J'habite la résidence de l'Ermitage et depuis deux ou trois ans la situation a vraiment empirée. Dés 10 heures du matin, les dealers sont en place aux 4 coins de la cité J. Duclos, scrutant tout nouvel arrivant avec attention. Ce sont des jeunes adultes, mais aussi des mineurs (Enfin difficile à estimer avec leurs capuches et leurs casquettes...). Ils sont en terrain conquis, à tel point que j'ai pas mal de voisins qui ne prennent plus le tram à Delaunay, mais à P. Eluard pour ne pas les croiser. Le plus difficile à supporter, ce sont leurs hurlements, dés que des "suspects" rentrent dans leur pèrimétre....La police fait régulièrement des incursions dans le coin, mais ce n'est pas suffisant. Il faudrait une présence policiére constante dans le coin, et aussi des éducateurs de rue pour recadrer ces délinquants. Mais la mairie ne montre aucune volonté de prendre à bras le corps ces problèmes de deal qui nous POURRISSENT LA VIE ! (Spéciale dédicace à F. Haye...).
Hélas , vous n'êtes pas les seuls à entendre hurler dans votre cité...De la cité Péri jusqu'au Barrage ce n'est qu'une chambre d'écho des hurlements vociférés du milieu de la matinée jusque tard dans la nuit !!! Certains disent que ces "geuleurs" se servent de porte-voix...Ce n'est vraiment plus possible!!!Quand sera-t-il avec le beau temps revenu et les fenêtres ouvertes ?Je croyais , naïvement que la lutte contre le bruit, la pollution sonore faisait partie du programme municipal... Ohé les écolos vous êtes devenus sourds ? Cela intéresse-t-il quelqu'un au 4ème étage de la mairie? et les candidats aux législatives? Pour le coup on aimerait vous entendre.
La mairie s'en fout car c'est la faute de l'état. Et hanotin qui ose dire dans son bilan qu'il y a maintenant plus de policiers à Saint Denis

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