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Centre de santé Les Moulins
/ Le frottis, c'est simple, c'est rapide

Les infirmières du centre de santé Les Moulins se sont formées à cet examen essentiel pour dépister les lésions pré-cancéruses de l'utérus. Leur dispositif leur permet d'atteindre plus de patientes.
Une infirmière du centre de santé Les Moulins à Saint-Denis, en train de réaliser un frottis cervico-utérin
Une infirmière du centre de santé Les Moulins à Saint-Denis, en train de réaliser un frottis cervico-utérin

En France, le cancer du col de l’utérus touche chaque année 3000 femmes et cause 1100 décès. Pourtant, l’Institut national du cancer estime que 90% des cancers pourraient être évités si chaque femme réalisait tous les trois ans un frottis cervico-utérin, un examen simple qui permet de détecter les lésions précancéreuses.

Parmi celles qui ont le moins recours au dépistage, il y a les femmes en situation de précarité. « On a constaté qu’elles ne pensent pas à cet examen, ou bien qu’elles ont d’autres préoccupations plus urgentes », explique Leïla Yacini, médecin au centre de santé Les Moulins.

Pour cette raison, les infirmières du centre se sont formées à pratiquer cet examen, qui est d’habitude réalisé par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme. Car dans un territoire où sévit une pénurie de praticiens, les délais de rendez-vous constituent un obstacle.

« Pour qu’un médecin du centre  voit une femme en consultation », explique le Dr. Yacini, « il faut déjà qu’elle ait fait la démarche de prendre un rendez-vous, puis il y a trois semaines d’attente. Tandis qu’une femme venue ici pour un pansement, par exemple, va parler à une infirmière qui peut proposer de faire un frottis tout de suite. »

Une fois l’examen accompli par l’infirmière dans une salle dédiée, on donne à la patiente un rendez-vous avec un gynécologue qui lui remettra les résultats du frottis. C’est du temps gagné, et aussi une occasion d’amorcer une relation de confiance.

« On peut profiter de l’examen, qui dure 15/20 minutes, pour aborder d’autres choses : la mammographie, la contraception… », explique Samia Dridi, l’une des trois infirmière qui pratiquent les frottis au CMS des Moulins. Un questionnaire de santé permet d’amorcer un suivi.

« Ca permet aux femmes de repérer une structure de santé qui va devenir familière, de les faire rentrer dans un processus de soins », ajoute Véronique Houttemane, une autre infirmière du centre. Avec la Permanence d’accès aux soins de santé (PASS ville), même les personnes sans couverture sociale peuvent venir aux Moulins. « On peut fidéliser une famille entière, les faire sortir de l’isolement sanitaire. Quand on réussit à faire ça, on a gagné, on est en contentes ! »

Le dispositif fonctionne même au-delà de leurs espérances. « En fait, on voit qu’on va au-delà du public en précarité. On touche des femmes qui ont une couverture sociale, mais qui n’avaient pas osé ou pas pensé à faire un frottis. »

Le projet est mené avec l’aval de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Les trois infirmières ont suivi une formation théorique et pratique. « On a déjà l’habitude de faire des gestes techniques », dit Edwige Amory, la troisième infirmière. « Mais le plus important, c’est surtout d’apprendre à détecter les problèmes. Si lors du frottis, on voit quelque chose d’anormal, on appelle le médecin — il y a toujours un médecin présent dans la structure quand on fait un frottis, c’est dans le protocole. »

En 2016, l’équipe infirmière a réalisé près de 50 frottis, dont plusieurs étaient pathologiques, ce qui a permis d’orienter ces femmes vers les soins. L’objectif, désormais, est de répandre l’initiative. « Ce serait bien d’élargir aux autres centres, pour que les femmes de tous les quartiers de la ville aient facilement accès. »


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