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Lutte contre le sida
/ Le dépistage pour stopper l’épidémie

Le 1er décembre, c’est la Journée internationale de lutte contre le sida. Comme elle s’y emploie tout au long de l’année, l’équipe dionysienne de l’association Aides proposera à cette occasion une action de dépistage, étape incontournable dans l’éradication du sida.
Sophie labasque, Steve Pernin et Mimie Nyangi, dans leur local à Saint-Denis.
Sophie labasque, Steve Pernin et Mimie Nyangi, dans leur local à Saint-Denis.

« Un certain nombre de personnes ignorent leur séropositivité. » Depuis 2011, c’est avec cette conviction que Mimie Nyangi multiplie avec son équipe les « actions de rue » pour les retrouver et débusquer ce que cette responsable du lieu de mobilisation Aides à Saint-Denis appelle « l’épidémie cachée », en ciblant tout particulièrement les publics les plus exposés à la maladie : personnes migrantes, toxicomanes, gays, sortantes de prison ou travailleuses du sexe. Pour arrêter ce fléau, leur arme, c’est le dépistage. Cette association dionysienne de lutte contre le Sida et les hépatites en réalise entre 100 et 150 par mois et enregistre en moyenne 1% de test positif au VIH.

« Après Paris, la Seine-Saint-Denis est le deuxième département où l’on découvre le plus de nouveaux cas », rappelle Sophie Labasque, assistante de région Île-de-France pour l’association. Deux fois par semaine, les lundis et jeudis, elle et ses collègues sillonnent les villes alentours avec leur camion en proposant directement sur place, et de manière anonyme et gratuite, un test rapide d’orientation diagnostique (Trod). À Saint-Denis, l’équipe intervient régulièrement sur le parvis de la gare, devant la fac Paris 8, sur la place du 8-Mai-1945, ou encore dans les foyers de travailleurs migrants.

Le 1er décembre, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre le sida, une action de dépistage ouverte à tous est aussi prévue de 10h à 15h dans le hall de l’hôpital Delafontaine. « Au quotidien, on travaille en partenariat avec ce service hospitalier, précise Sophie Labasque. Chez Aides, on réalise des dépistages, mais n’étant pas médecin, on ne peut pas poser de diagnostic. Si une personne est positive au test, on lui propose de l’accompagner à l’hôpital pour confirmation afin qu’elle puisse accéder à un traitement le plus vite possible. »

L’enjeu d’une prise en charge rapide est de taille. Pour la personne malade bien sûr, puisque « plus elle prend un traitement tôt, moins elle risque de mourir prématurément », mais aussi pour son entourage. « Sous traitement, les personnes ne sont presque plus contaminantes, voire plus du tout, puisque le premier objectif du traitement, ça va être d’endormir le virus et de le rendre indétectable », explique Mimie Nyangi.

Des progrès médicaux qui font dire à Steve Pernin, animateur chez Aides, qu’on peut aujourd’hui parler du VIH comme d’« une maladie chronique plus que contagieuse, à partir du moment où la personne prend un traitement », insiste-t-il, en appelant toutes les personnes qui pensent avoir couru un risque à tester leur sérologie. « Ce n’est pas comme il y a trente ans, où il n’y avait rien. Aujourd’hui les traitements sont efficaces. On peut avoir une vie comme tout le monde, avoir des enfants... »

Une dédramatisation qui est justement au cœur des groupes de paroles mis en place une fois par mois à Saint-Denis « pour apporter confort et réconfort » aux personnes séropositives. « Celles qui viennent de l’apprendre arrivent souvent en larmes, mais elles repartent avec le sourire, parce qu’elles ont pu rencontrer des gens qui vivent avec depuis dix, vingt, trente ans », rapporte Mimie Nyangi. Mais à l’évidence, pour cette association qui mise sur une éradication de l’épidémie d’ici 2030, dédramatisation ne rime pas avec démobilisation.« Il faut rester vigilant. Notamment chez les jeunes, à qui on parle plus facilement de contraception, du risque de grossesse et beaucoup moins du sida. Mais il faut leur dire et le marteler : le VIH fait encore partie de la sexualité et il est impératif de s’en protéger. »


Aides (22, rue Suger). Tél. : 01 41 83 81 60. www.aides.org

Pour en savoir plus: 

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belle initiative faites le test c'est mieux

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