Sports

Savate boxe française
/ Le combat version technique

Cette discipline née en XIXe siècle a son fief au gymnase La Courtille depuis octobre 2016, grâce à l’association Pugilat Institut, la seule à Saint-Denis affiliée à la Fédération française.
Au gymnase La Courtille, Nouredine s'entraine avec son sparring-partner Hadi
Au gymnase La Courtille, Nouredine s'entraine avec son sparring-partner Hadi

« Contrôle, moins fort Nouredine. Travaille la précision, la puissance, ça viendra après. » Sur le bord du tatami, Marlon Cherief donne des consignes à son « tireur » comme on appelle un combattant en savate boxe française. Nouredine commence par un gauche-droite avec les poings avant de frapper des pieds. Il doit bien lever la jambe avant de frapper. « Il faut armer, toucher puis réarmer, explique l’entraîneur. Une fois que tu as acquis les codes, c’est facile. » C’est un sport qui utilise à 75% les pieds. Pour le reste, les poings.

Créée au XIXe siècle, la boxe française est une discipline technique qui a subi la concurrence des autres sports de combat. L’image de la savate est associée aux Brigades du Tigre, cette série télévisée des années 70-80 sur des policiers d’élite du début du XXe siècle… Une image vieillotte qui n’est pas forcément séduisante. Mais pour Marlon, la savate est totalement actuelle. Lui-même a fait quatorze ans de muay-thaï. Il a découvert, en 2010, la boxe française. Il a toute de suite accroché. « C’est un sport de combat technique, riche, codifié. Tu dois contrôler, toucher, contrairement à la boxe thaï par exemple où tu balances des coups », continue le pédagogue qui loue la complémentarité de son art. « Nouredine fait du kick-boxing, mais il utilise des techniques apprises en savate boxe française. »

Steven Converty et Marlon Cherief de l'association Pugilat Institut

« On aime le sport de combat au sens large. Moi, j’ai plus une spécialité en boxe anglaise, j’interviens sur les poings », rajoute Steven Converty. C’est avec cet ami, connu au lycée Suger, que Marlon a cofondé, en 2015, l’association Pugilat Institut, la seule à Saint-Denis affiliée à la Fédération française de savate. Depuis octobre, les entraînements sont assurés deux fois par semaine, mardi et jeudi de 18h à 20h, au gymnase de La Courtille (1). Pour l’instant, l’association compte cinq amateurs. « On est ouvert à tous, des jeunes aux plus âgés, filles ou garçons, et aussi au public en situation de handicap, précise l’encadrant. On peut aussi mettre en place un projet éducatif si un établissement scolaire est intéressé. »

Gant jaune, l’équivalent de la ceinture noire, Marlon est tant formé au loisir qu’à la compétition qui se décompose en deux catégories : l’assaut et le combat. Dans le premier, il faut toucher, et non pas frapper, son adversaire. L’aspect technique est privilégié. Dans le second, « tu peux appuyer tes coups pour aller chercher le KO », précise le spécialiste. Mais toujours avec les règles. Précision et puissance. Le stade suprême de la boxe française.

Aziz Oguz

(1) Contact : Pugilat Institut sur Facebook et 07 58 43 51 19. Gymnase La Courtille (26, rue Jacques-Vaché).

Une quarantaine de pratiquants à Paris 8

Marlon s’est initié à la savate à l’université Paris 8 où il est aujourd’hui étudiant en master. En 2014, il devient assistant, puis moniteur une année plus tard. Chaque samedi, de 10h à 12h, il y donne des cours. « C’est ouvert uniquement aux étudiants », indique-t-il. Ils sont une bonne quarantaine. Pour lui, cela prouve l’attractivité de sa discipline quand il existe une structure pour l’organiser. « La boxe française est un sport populaire. À Saint-Ouen ou à Sarcelles, il y a beaucoup de licenciés. Mais à Saint-Denis, il n’y avait rien. » Il veut changer la donne avec son association.

AO 

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