À la une En ville

Quartier Gare
/ Le chapiteau Raj’ganawak reprend du service

Après trois ans de jachère, ce lieu d’événements culturels, d’activités sportives et circassiennes, et de solidarité auprès des enfants non scolarisés est de retour.
Le 9 avril, inauguration du chapiteau Raj'ganawak
Le 9 avril, inauguration du chapiteau Raj'ganawak

De la joie, de l’émerveillement, des bouches bée et des tonnerres d’applaudissements, avec des artistes qui enchaînent d’incroyables acrobaties sur des poteaux hauts de plusieurs mètres, qu’on appelle « mâts chinois » dans le langage du cirque. Avec cette première représentation, le chapiteau Raj’ganawak a officiellement repris du service ce dimanche 9 avril, après trois ans de jachère et un an et demi de préparation. Dans le public d’ailleurs, beaucoup de ceux qui ont œuvré « de près ou de loin » à la reconstruction de cette étonnante structure de bois, qui s’élève à nouveaux à deux pas de la gare, rue Ferdinand-Gambon, au milieu des immeubles et au cœur d’un quartier en pleine mutation.

Ce chapiteau, « c’est un bel exemple de chantier de solidarité », exprime avec toute sa gratitude Camille Brisson, que tout le monde ici surnomme « Camo ». Un pari un peu fou, qui est d’abord celui de cette jeune femme de 27 ans, qui a voulu poursuivre l’histoire qu’elle a commencé à écrire quand elle en avait 16, séduite par « ce lieu de rêves », que son parrain avait créé sur ce terrain dès 1998. À la tête de la société dionysienne « Nawak & Ventilo » spécialisée dans les décors de théâtre et de cinéma, il avait racheté ce site qui accueillait autrefois un garage (qui a donné « Raj’ga », en verlan) pour en faire un atelier.

 

« Un jour, à la sortie d’une construction de décor tout en bois, il a eu l’idée de s’en servir pour en faire un chapiteau. Et comme ça, il s’est passé ici tout un tas de spectacles, de 1998 à 2003 », raconte Camo, qui a grandi avec. Le site sert ensuite à stocker les décors qui s’y amoncellent jusqu’au jour où cette jeune trapéziste vient s’y installer en 2006 « dans une petite caravane attenante », avec l’envie de redonner vie au chapiteau. « Très vite, on rouvre des cabarets un peu sous le manteau et on démarre des ateliers cirques avec les enfants des bidonvilles. » Le début d’une belle histoire qui l’amène en 2011 à déplacer le chapiteau pour le remonter Passage Dupont, à la Plaine, au beau milieu des baraquements. C’est d’ailleurs là qu’a été tourné le documentaire, Spartacus et Cassandra, du nom des deux enfants roms qu’elle a recueillis et élevés. Ce film, maintes fois récompensés, a été réalisé par Ioanis Nuguet, devenu par la suite son compagnon et le père adoptif des deux ados.

 

Après quatre années passées en province, Camo est revenue avec les siens à Saint-Denis, avec l’envie de retenter l’expérience, mais « en partant sur un projet officiel ». Celui-là même qui a ouvert ses portes dimanche dernier et qui inaugurera samedi 15 avril à 20 h son tout premier cabaret. « On prévoit d’en faire un par mois », précise Camille, qui a concocté avec son équipe « une programmation d’essai jusqu’en juin », pour mieux lancer la saison prochaine en septembre. « D’ici l’été, on proposera chaque mois des cinés surprises, des bals, avec l’idée aussi de mettre cet espace à la disposition des associations et des habitants. » Un lieu d’événements culturels, mais pas que, puisque le chapiteau accueille aussi des activités sportives en semaine, avec par exemple un atelier de boxe féminine, ou encore un entraînement cirque tous niveaux (1). Un lieu de solidarité aussi avec la « petite école du Raj’ganawak », projet cher à Camo cela va de soi, qui accueille en partenariat avec l’ASET 93 chaque mercredi des enfants non scolarisés, repérés dans les bidonvilles et les hôtels sociaux, afin que le chapiteau soit pour eux un véritable tremplin vers l’école.


(1) 15 € d’adhésion annuelle à l’association, puis 3 ou 5 € la séance.

Contact : 3, rue Ferdinand-Gambon. Sur facebook : chapiteau Raj’ganawak.

Réactions

Merci pour cet article. Le lien est pertinent ! RDV samedi 15 à 20h. S'il y a de la jonglerie je pense que les enfants fréquentant le parc Brise Echalas (et à les voir bouder le football) courons vite s'en mettre plein les mirettes...

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Cette question nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.