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/ Le côté obscur de Marivaux

Jean-Michel Rabeux a adapté « La Double inconstance », dans laquelle Marivaux parle des rapports entre les hommes et les femmes, et particulièrement de l’abus de pouvoir. Une pièce qui fait écho à l’actualité où la parole féminine se libère.
La Double inconstance (ou presque)
La Double inconstance (ou presque)

On loue souvent, et à juste titre, l’élégance de l’écriture de Marivaux, sa légèreté, son pétillant, au point qu’une expression commune est née à partir de son nom : le marivaudage. Et pourtant. À la lecture notamment de sa pièce La Double inconstance, si ces caractéristiques stylistiques sont évidemment toujours présentes, on a rarement lu texte plus acéré, noir, voire cruel sous les traits de la comédie finement ciselée. La pièce conte l’histoire d’Arlequin qui aime et est aimé de Sylvia. Mais un prince tombe amoureux de celle-ci, l’enlève dans son palais et envoie Flaminia séduire Arlequin afin de détruire l’amour des deux tourtereaux pour jouir enfin de Sylvia. Et voilà que ceux-ci se laissent subjuguer par leurs riches et nobles séducteurs… D’où cette inconstance, double.

C’est cette pièce qu’a choisi d’adapter et de mettre en scène Jean-Michel Rabeux pour son spectacle La Double inconstance (ou presque) qui sera présenté au TGP du 3 au 25 mars. « Marivaux nous parle des rapports entre les hommes et les femmes sans aucune complaisance, mais ici particulièrement, c’est l’abus de pouvoir explicite qui est au cœur de l’intrigue. La pièce parle de ces diktats sociaux qui empoisonnent les rapports amoureux, précise le metteur en scène. Marivaux est sans doute l’auteur qui a le plus abordé au théâtre ces malversations entre les hommes et les femmes. » Et avec son art du dialogue, sa légèreté joyeuse, il parvient à nous faire rire de la violence de ce qu’il décrit.

«  Des anachronismes drôles et assumés  »

Jean-Michel Rabeux a beaucoup travaillé sur le texte, « mais on ne s’en rend pas compte, assure-t-il. Mon souci fut de le rendre compréhensible pour tous, notamment les plus jeunes, pour lesquels cette langue du XVIIIe siècle pourrait paraître éloignée, voire ardue. Mais il était essentiel de conserver le plaisir et la légèreté de la langue, même si on s’est permis d’insérer quelques anachronismes drôles et assumés », révèle-t-il.

Le texte de Marivaux fait étrangement écho à l’actualité où la prise de parole des femmes résonne comme une déflagration. Ce qui, même si la décision de monter ce spectacle est antérieure à l’affaire Weinstein et à ses conséquences, ne pouvait manquer d’interroger Jean-Michel Rabeux. C’est après une autre déflagration libératrice, celle de Mai-68, qu’il s’est lancé à la fois dans la philosophie et dans le théâtre. « Pour les mêmes raisons », se souvient-il : « Un mal-être devant l’état du monde, notamment au niveau politique et des mœurs. La philo, c’est dire non à cet état du monde, ou du moins poser la question : pourquoi ? Le théâtre c’est la même chose. » Un temps, puis il ajoute dans un sourire : « Mais en philo on n’a que la tête, il manque le corps ; au théâtre, on a les deux… » Et avec ce Marivaux-là, d’autant plus. l

Benoît Lagarrigue

La Double inconstance (ou presque), du 3 au 25 mars au TGP (59, bd Jules-Guesde, salle Roger-Blin), du lundi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30. Relâche le mardi. Durée : 1 h 40. Tarifs : 6 à 23 euros. Réservations : 01 48 13 70 00 ; www.theatregerardphilipe.com

Réactions

Quelle gachis, quelle dommage -Harlequin devient fou tireur, tuant toutes la distribution et se suicide. La il manque toute la subtilité de Marivaux. La piece decrit nos humours et nos sentiments qui evoluent. Le metteu en scene montre un Harlequin fou qui tire et on ne sait meme pas pourquoi car il finit avec la personne qu'il aime et qui l'aime - Gros deception. Violence Gratuit

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