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/ Le 6b s’ancre à son territoire

L’association artistique et culturelle, dont l’immeuble est situé dans la ZAC Confluence, a fait appel au financement participatif pour se donner les moyens de devenir un point d’ancrage de la vie locale. Ses nouveaux voisins de l’ensemble d’immeubles Néaucité y ont participé.
Le 6B va ouvrir son restaurant au rez-de-chaussée en septembre prochain et réfléchit sérieusement à former une SCIC pour acheter le bâtiment dont il n'est que le locataire.
Le 6B va ouvrir son restaurant au rez-de-chaussée en septembre prochain et réfléchit sérieusement à former une SCIC pour acheter le bâtiment dont il n'est que le locataire.

Pépinière artistique, spot culturel, lieu de création… On peut prêter au 6b ces nombreuses appellations. Situé dans la ZAC Confluence, il a vu germer autour de lui un quartier en pleine effervescence. Et aujourd’hui, après sept ans d’existence, le 6b souhaite franchir un nouveau cap : devenir un point d’ancrage de la vie locale et associative. Le 15 avril, l’association a réussi à atteindre et même à dépasser l’objectif de sa campagne de financement participatif. Près de 14 600 euros ont été récoltés en 40 jours. Ces fonds serviront à la rénovation de la salle vacante au rez-de-chaussée pour la transformer en restaurant destiné à accueillir du public, des spectacles, des activités et réunions d’associations. « L’an dernier, la préfecture nous a mis en garde quant au fait qu’elle nous délivrait des autorisations aux demandes de manifestations exceptionnelles qui n’avaient plus rien d’exceptionnelles car nous en organisions dix à l’année à l’intérieur de l’édifice, détaille Pascaline Simonon, administratrice du 6b. Nous avons donc été obligés de déplacer ces événements à l’extérieur, mais nous étions alors coincés : la météo souvent défavorable et les nuisances sonores jouaient en notre défaveur. » Pour l’association, il était temps de réfléchir à une nouvelle programmation qui ne fragilise pas son économie et qui puisse consolider le lien avec son environnement car le bâtiment où loge le 6b toise l’ensemble d’immeubles de Néaucité. L’ouverture du restaurant s’inscrit dans cette logique.

Il y avait aussi urgence à démarrer cette campagne de financement. « On subit un format économique difficile. Les subventions représentent 18% de nos ressources et elles tardent souvent à être versées. L’arrivée du nouveau directeur de l’association, Jean-Luc Baillet, va nous permettre de rechercher davantage de subventions et ainsi de moins dépendre des privatisations ou des soirées électroniques », explique Pascaline Simonon, qui garantit encore plus d’expositions d’art contemporain dans les saisons à venir.

Quant au déroulé de la campagne, une surprise de taille attendait l’équipe. « Il y a trois associations de copropriétaires de Néaucité qui ont accepté de nous aider à hauteur de 6 500 euros, révèle Pascaline Simonon. Sans eux, nous n’aurions pu atteindre notre objectif. C’est très positif parce que les habitants nous ont fait confiance. C’est là aussi l’intérêt des campagnes de crowdfunding car celles-ci permettent de tester les projets auprès de la population. » Julien Beller, fondateur du 6b, abonde dans son sens. « Au début, il y avait une certaine appréhension de notre part liée à l’arrivée de nouveaux habitants. Nous craignions le conflit. Mais leur participation témoigne de leur soutien au projet et du besoin d’avoir un quartier qui se reconstruit. Je les en remercie. Grâce à eux, le 6b pourra organiser davantage d’activités en plus petits formats et réactiver la vie nocturne avec le restaurant. »

 

Éviter la spéculation et la gentrification

 

Le restaurant devrait ouvrir ses portes en septembre. Mais le 6b ne compte pas s’arrêter là. « Notre campagne de crowdfunding représente les prémices de ce que nous souhaitons mettre en place d’ici deux ans », confie Pascaline Simonon. « Depuis que le 6b existe, nous sommes dépendants des baux que nous renouvelons chaque année. C’est une situation très précaire. Pour autant, il y a une volonté que nous partageons avec le propriétaire du bâtiment Quartus, la Ville de Saint-Denis et Plaine Commune de pérenniser le projet. Nous voulons former une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) », affirme Julien Beller. Devenir propriétaire du lieu, en somme. Pour son fondateur, l’objectif est ici de « maîtriser » le foncier et de s’éviter le risque de voir les loyers des résidences augmenter sur fond de spéculation et de gentrification. « Si cela aboutit, cela prouverait qu’un projet qui émerge de la société civile peut être juste et pérenne tout en répondant à des enjeux de société », conclut Julien Beller.

Maxime Longuet

Réactions

6b produit trop de nuisances sonores et perturbe la vie des habitants du quai de la Marine à L'Île-Saint-Denis. Une reflexion sur Internet est en cours pour voir ce qu'il est possible de faire pour ramener le calme. Ici, la Mairie est aux abonnés absents ! Quelle tristesse !

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