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Pour les aveugles et les malvoyants
/ La ville version Koh Lanta

Malgré l’application d’un plan d’accessibilité de la voirie, les déficients visuels sont de toutes les personnes handicapées les plus exposés aux obstacles, comme en témoigne une professeur du centre Delthil.
Pour Yannick Lauhon, un parcours semé d'obstacles rue Ambroise-Croizat
Pour Yannick Lauhon, un parcours semé d'obstacles rue Ambroise-Croizat

Voilà douze ans que le centre Simone-Delthil a emménagé à la Manufacture, le parc d’entreprises de la rue Ambroise-Croizat. Il y accueille pour un accompagnement médico-social et un soutien à la scolarité 170 enfants et adolescents présentant des troubles de la vision et du langage. Parmi eux, les jeunes aveugles et malvoyants sont confrontés plus que les autres à quantité d’obstacles, sur leur parcours quotidien jusqu’au centre. Surtout depuis la gare. « Pour eux, c’est Koh Lanta », ironise l’une de leur professeur, Yannick Lauhon, qui en a fait elle aussi les frais. Même aidée de son chien guide. Pour éviter encombrants et poteaux électriques sur l’étroit trottoir, « j’ai déjà trébuché sur des bordures de béton soi-disant contre le stationnement. Je me suis aussi heurtée le visage à des branchages. Je n’ai pas de problème en termes de sécurité des personnes, mais du fait des équipements urbains », dit-elle encore à propos de la voirie piétonne, notamment en centre-ville.

Le danger est partout

Panneaux d’affichage, potelets, quais de tramway, le danger est partout. Et les dispositifs censés lui faciliter les déplacements ne lui sont pas toujours d’un grand secours. Comme ces rails de guidage au sol sur le parvis de la gare, qui ne mènent nulle part. Ou ces bandes d’éveil de vigilance positionnées au droit des traversées piétonnes, et que le chien de Yannick ne peut repérer faute d’un contraste de couleur. La prof du centre Delthil peste aussi contre les pavés irréguliers qui brouillent tout repère pour sa canne.

Des trottoirs d'1,40 mètre de large

Comme le signale Daniel Tay, instructeur de locomotion auprès des enfants du centre, « la largeur des trottoirs devrait être d’au moins 1,40 m, y compris pour le passage des poussettes. Les obstacles ne doivent pas saillir à plus de 15 cm des murs. Il faut privilégier les potelets d’au moins 1,20 m de haut. Les poteaux de moins 40 cm doivent avoir une largeur de 80 cm…. ». Des prescriptions techniques parmi tant d’autres, sur les abaissés de trottoirs, les plans inclinés, etc., et qui sont inscrites au plan de mise en accessibilité des voiries et espaces publics (PAVE) applicable au titre de la loi de février 2005 pour l’égalité des droits des personnes handicapées.

Un PAVE révisé régulièrement

À Saint-Denis, où voirie et espaces publiques relèvent de Plaine Commune et du Département, c’est une commission intercommunale pour l’accessibilité qui a été chargée de l’élaborer pour l’ensemble du territoire avant la date butoir de décembre 2009. Révisé régulièrement avec les propositions notamment des commissions communales, missions handicap et associations d’usagers, le PAVE n’est pas soumis aux mêmes obligations de mise en œuvre que l’Agenda d’accessibilité programmée visant les ERP, Établissements recevant du public. Son application ne s’impose que lors de travaux d’aménagement de la voirie, notamment dans le cadre d’un projet urbain.

"On est  à l'écoute des usagers"

La mise en accessibilité de l’ensemble du territoire « coûterait plusieurs dizaines de millions d’euros, explique-t-on au service de la voirie à Plaine Commune. Faute de budget particulier, on s’emploie à rationaliser l’investissement en travaillant sur les pôles générateurs de déplacement ». L’effort a porté ainsi sur les itinéraires prioritaires empruntés par les personnes à mobilité réduite, entre lieux de services publics et résidences de personnes âgées par exemple. Dispositif apprécié entre tous par Yannick Lauhon, les feux tricolores dont elle peut actionner avec une télécommande les messages sonores équipent ainsi 29 carrefours à Saint-Denis, où leur déploiement se poursuivra dans les mois à venir. Quels que soient les reports d’application de la loi sur l’accessibilité, « on est toujours à l’écoute des usagers », assure-t-on à Plaine Commune.

Réactions

Et les divers tas d'ordures et d'encombrants qui occupent les trottoirs ne doivent pas aider... Bon courage.
Ma mère se déplace en fauteuil roulant, je ne vous dit pas la galère avec les trottoirs défoncés, les commerçants qui stock leur marchandise (est-ce autorisé d'ailleurs ?????) et en plus le stationnement anarchique. Je ne sais pas comment cela se passe dans les autres ville mais à St Denis c'est vraiment la misère pour les personnes âgées
je suis bien contente de voir que d'autres personnes dénoncent ce que je crie haut et fort depuis longtemps cette ville n'est pas faite pour les gens fragiles ou handicapés je sais dee quoi je parle mon époux est insuffisant respiratoire grave et ne se déplace qu'avec oxygène il ne fait rien a st Denis je pense que la France est beaucoup en retard par rapport a la loi sur l'accessibilité mais a St Denis se rajoutent l'insécurité, les poubelles, le stationnement anarchique et tt le reste

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