Chronique de la place du Caquet
/ La sortie du parking

Nom ou initiales: 
JB

L’ancienne sortie du parking de centre ville, sur la place, une verrière arrondie, avait le mérite d’être à la fois transparente et d’un volume moindre que la toile blanche tendue aujourd’hui sur un jeu de poteaux obliques de style « contemporain ». Je pouvais, quand les hurlements de fous furieux montant vers moi me rendaient fou à mon tour, m’avancer jusqu’à la rambarde de ma terrasse et voir de quoi il s’agissait. Souvent, même si cela ne me calmait pas complètement, j’avais au moins identifié la cause de mon désagrément.
D’ailleurs, bien souvent, les fenêtres alentours s’étaient ouvertes et garnies de têtes de curieux comme moi.
Ce pouvait être les cris aigus et prolongés d’une femme qui venait de se faire voler son sac ou son téléphone; d’une altercation d’ivrognes; d’un conflit entre un vendeur à la sauvette et son client ; d’une embrouille d’un client de Carrouf avec la sécurité; d’une manif, petite ou grande; ou encore, comme ce soir -ce qui me décide à écrire- de jeunes s’interpellant à distance pour faire du bruit et emmerder le voisinage tout en composant avec leur ennui. Bagarres, discussions, grossièreté triomphante fière d’elle-même, j’avoue que je ne comprends pas toujours.
Mais, à présent, impossible de voir ce qui est caché par ce taud prétentieux, s’affichant à l’évidence comme « moderne » (un peu cheap à mon goût), et qui cache une partie de la place à la vue des locataires des étages supérieurs.
Ce que l’on voit surtout en se mettant à sa fenêtre c’est que la toile blanche est devenue grisâtre et qu’elle recueille en son milieu les saloperies que des passants, et probablement aussi quelques-uns d’en haut, lui jettent pour des raisons improbables : canettes, papiers, boites en cartons, ballons, bouteilles et sacs en plastique plus ou moins lestés, pièces d’étoffe, un oreiller même, etc.
Je suppose qu’un nettoyage a lieu périodiquement car la quantité de détritus est stable et, il faut l’avouer, sans excès.
Mais c’est quand même dégueulasse et pas très agréable à contempler.
On peut regretter que les premiers concernés par ce projet architectural, les habitants de la place, qui l’ont journellement sous les yeux, n’ont jamais été consultés. Ou peut-être l’ont-ils été, mais n’ont pas deviné quel résultat déplorable cela donnerait ?
C’est dégueulasse, et l’on a, comme d’habitude, l’impression que rien n’est maîtrisé et ne doit aboutir qu’au désespoir du lampiste.
C’est comme ça et bonjour chez vous.

Chronique de la place du Caquet

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