À la une En ville

Conférence
/ La sociologie dézingue quelques a priori

Pour la première séance de son cycle « Connaissons-nous Saint-Denis ? », l'association Sciences Pop' a invité le 10 mai Christine Bellavoine, responsable du secteur des études de la ville, à venir présenter les caractéristiques des Dionysiens.
Christine Bellavoine.
Christine Bellavoine.

« On a tous une expérience sensible, un point de vue de Saint-Denis, selon le quartier que l’on habite, les cafés que l’on fréquente, les activités que l’on pratique… On a chacun notre vision et on ne va pas se le cacher, il y a des visions conflictuelles. Certains disent qu’il y a trop de pauvres et d’autres qu’il y a beaucoup de “bobos” », observe Étienne Penissat, de Sciences Pop’. Pour la première séance de son cycle « Connaissons-nous Saint-Denis ? », cette association d’éducation populaire a invité le 10 mai Christine Bellavoine, sociologue et responsable du secteur des études de la ville, à venir présenter les caractéristiques des Dionysiens, en termes de professions, de revenus, etc.

Première impression après cet exposé, débordant de chiffres, de graphiques et de statistiques (à retrouver ici) pour tenter de répondre à la question posée en titre « Dionysien-ne-s, qui sommes-nous ? », c’est que la situation est complexe. Et sans doute plus contrastée que « l’image que l’on a de la ville telle qu’elle se donne à voir ». Ou, en d’autres termes, « ce que l’on voit dans l’espace public et commercial ne dit pas exactement la même chose que ce que disent les chiffres de la population habitante ».

Alors, Saint-Denis est-elle embarquée dans une spirale de paupérisation grandissante et dénuée de mixité sociale ? « Les études sont toujours plus mesurées et moins schématiques », assure Christine Bellavoine, références chiffrées à l’appui. « Plutôt qu’une paupérisation générale, on a le maintien dans la pauvreté d’une part toujours importante de la population, mais on observe aussi une hétérogénéité de catégories sociales qui au fil des ans va en s’accroissant. » Si, comme l’y invite la sociologue, on arrive à penser les deux en même temps, « on s’aperçoit que l’évolution est à l’image de ce qu’il se passe ailleurs en France, avec des gens qui s’enfoncent et ont du mal à vivre, et d’autres qui s’en sortent de mieux en mieux », résume Étienne Penissat.

Révélateur de cette tension, le cas du centre-ville a fait l’objet de discussions animées, où les points de vue divergent aussi parce que « la mixité sociale, c’est une image, une représentation, avertit Christine Bellavoine.Est-ce que finalement notre vision de la mixité sociale, ce n’est pas celle d’une classe moyenne majoritaire ? Et qui plus est blanche ? » Et si, dans l’imaginaire collectif, on a tendance à amalgamer population d’origines étrangères avec une certaine classe sociale, « la mixité sociale n’est pas toujours perceptible à l’œil nu », souligne une autre sociologue présente dans le public.

Autre phénomène pouvant encore biaiser la perception, celui de la fréquentation commerciale. Car là où s’observe ailleurs une désaffectation des commerces en centre-ville, Saint-Denis a connu une logique de spécialisation. « Des transformations commerciales qui peut-être sont vues d’une manière négative en accentuant l’idée d’une paupérisation, avec de nombreux magasins bas de gamme. Mais alors que dans d’autres villes il n’y a plus de magasins du tout, le centre-ville de Saint-Denis reste dynamique et attractif sur tout le Nord de la région parisienne. » D’ailleurs, lors d’une étude réalisée sur le fonctionnement du plateau piéton, « quasiment la moitié des personnes interrogées n’habitaient pas la ville, mais y étaient pour travailler et faire leurs achats ». N’est pas Dionysien qui veut…


Réactions

Bonjour J'y étais pas mais pour ma part l'analyse est très parcelaire... Il manque l'analyse sur l'économie souterraine. Elle englobe, le traffic de drogue, les sous locations au noir, la multiplication des pavillons transformés en logements, les clandestins. Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas comptabilisés dans les statistiques qu'ils n'existent pas. Je trouve que cette partie a été éludé (volontairement ou pas). Mais ce qu'on a oublié, ce sont les éléments de langage. " Plutôt qu’une paupérisation générale, on a le maintien dans la pauvreté d’une part toujours importante de la population" Au final, les pauvres sont toujours la. Pour la question des commerces, c'est limite si on nous dit de se satisfaire de ces commerces, bande de chanceux, car dans d'autres villes, les commerces ont disparus. C'est le nombre qui est important. C'est la qualité qui est absente dans la ville. 9/20... peut mieux faire, éviter les tirades à la Paillard et autres abus de langages de consultant, on a déjà eu la preuve que ca marche pas.
Tout à fait d accord avec vous azzedine.... étude tres dirigée pour nous démontrer qu il n y a pas de problème, cette femme sociologue vit elle à st denis? Pourrait elle faire ce même genre d étude à Montreuil?
pour une ville de [+ 110000 habitants] qui peine à accueillir un TOURISME (non évoqué, pourquoi ?) lié à la Basilique royale qui reste dans une [stagnation de 190 000 visiteurs] depuis plusieurs années puis avec une fréquentation de [70 000 autres personnes pour le MARCHE] bien que grand, n'a pas, avouons-le de plus-value particulière par rapport à celui de Sarcelles par exemple... Est-ce que ces touristes-visiteurs sont des boosters économiques pour le commerce à Saint-Denis ? ou bien détournent-ils leurs achats vers Paris ou leur lieu de travail ? POURQUOI le commerce s'effrite autant au Centre-ville vers le bas de gamme coûteux ? L'état du parvis de la Gare n'est-ce pas risible, qu'en dites-vous ? Car les chiffres n'expliquent rien... ils font qu'un léger constat incompréhensible sur le fonds en disant 'tout va bien'. Elles sont où les autres villes dont les commerces ont désertés les centres, Saint-ouen, Gennevilliers ? Epinay-sur-Seine, Ermont ? Argenteuil ou la campagne ? Un autre pourquoi : Pourrions-nous faire appel à un GEOGRAPHE pour analyser la cohérence de l'Aménagement et les nouvelles mobilités (ATAWAD) des habitants. Stéphane GUILLUY a déjà fait des audits pour des communes et des arrondissements de Paris, qui se sont avérés plus que fructueux en matière d'analyse et donc de changement de paradigme (nbre d'associations; commerces, lieux de tension...) Rappel : + de 40% de Logements Sociaux - en constante évolution ! bientôt 70% si si c'est bien ça nous sommes dans le maintien de la paupérisation + Squattes + Accueil du 115 + des résidences étudiantes qui n'en sont pas, exemple en face de la Gare... Les chiffres ne sont pas la photographie réaliste de la ville, soyons objectifs. Puis les sur-occupations de logements décents il y en a un sacré nombre mais cela ne se voit pas dans vos chiffres ! Ainsi nous avons les yeux qui piquent à recevoir votre analyse comme étant purement scientifique... Le cas de Saint-Denis est à part. Notre ville n'accepte pas de faire sa ré-volution copernicienne, hélas. elle enferme les pauvres comme dans les ghettos d'autrefois. Bcq de français des classes moyennes issue de l'immigration parce que ça existe !!!!!!!! et oui, s'enfuient de Saint-Denis la stigmatisante. pour d'autres villes plus équilibrées et vecteurs de réussites pour leurs enfants et eux-mêmes car plus équilibrée en difficultés sociales comme Saint-Gratien, Montmagny, Enghien-les-bains la liste est longue... que dire sur ce point ? les immigrés, comme vous en parlez, justement on en parle bcq, mais personne ne les considère comme le français lambda. Sont pas plus idiots que d'autres, Ils s'enfuient de Saint-Denis eux-aussi pour vivre tranquillement ! et oui ils font également partie de la classe moyenne et en on marre de cet enfermement dans lequel Saint-Denis les assigne ! Nous ne sommes pas à part du reste, nous partons nous aussi !!! et Notre départ est pour bientôt. Cordialement.
ça c'est sur n'est pas dionysien qui veut. moi qui suis d'origine havraise qui est élue cette ville comme d'adoption, je ne m'y fais plus. Cette ville est fréquentée par beaucoup de personnes qui n'y habitent pas. je l'appelle la ville des autres et j'y vis mal.
Si on pouvait arrêter de nous amener toujours les mêmes experts militant de la pensée municipale, on pourrait avancer pour le bien des habitants et non pour le bien des élus attaché au pouvoir et à leur intérêts personnel.
On n'est reconnu comme étant Français que durant les périodes électorales, malheureusement.
Abdel ,Grincheuse et les habituels aigris militants, j'allais oublié le nouveau scientifique Fafa qui à l'étude de Mme Bellavoine oppose des études de Guilly sur les arrondissements parisiens mais il ne dit rien sur les arrondissements étudiés. Bien sur l'activité commerciale est très fortement ,impacté par les niveaux de revenus c'est le cas à St Denis. Mais aussi structurellement toutes les villes, Paris compris subissent les conséquences des nouveaux modes d'achats et de la proliférations des centres commerciaux Mais, pas de doute ,Fafa ne supporte pas le logement qui accueille les familles modestes, pour lui ,loger les salariés c'est les enfermer dans un ghetto , et puis, il y a tous ces étrangers ou ressemblants que Fafa dénonce sans en avoir l'air. Fafa n'a pu choisir le ou la sociologue alors en conclusion il annonce son départ prochain , bien lui fasse. Mais, nous ne l'accompagnerons pas dans son futur ghetto.
Bonjour. @dionysien Il n'y a que vous pour voir que l'étude n'est pas orientée. Cette sociologue élude plein de sujet parce que les chiffres n'existent pas. Par contre les problèmes sont eux bien réels. Elle aurait bien pu parler du déséquilibre jeunes, vieux et actifs. Des territoires abandonnées, de l'habitat de l'urbanisme défaillants. De cités qui sont des prisons sociales. Enfermées sur eux mêmes. Mais au final, cette dame nous affirme qu'on est limite chanceux d'habiter dans ce havre paix et qu'ailleurs c'est pire. Je vous cite " l'activité commerciale est très fortement ,impacté par les niveaux de revenus" . Mais cela a été la volonté de l'équipe municipale de faire baisser les niveaux de revenus. La ville des Sans, c'est aussi la ville des Sans revenus avec tout ce que cela à pour conséquences. Et vous les connaissez, la misère est mère de tous les vices. Fut un temps, ou la rue de la république était classe avec des commerces de qualité. Maintenant c'est la cours de miracles.

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