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Au 99 avenue Wilson
/ A la rue après un incendie dans le squatt

Un an jour pour jour après leur expulsion du 168 avenue du président Wilson, ils sont à nouveau dehors. Un feu s'est en effet déclaré ce vendredi après-midi au rez-de-chaussée de l'hôtel désaffecté que le collectif avait réquisitionné en décembre dernier. Après ce sinistre qui a fait trois blessés légers, seules les familles et les femmes ont reçu une proposition d'hébergement.
Ce vendredi 25 août après-midi, devant le 99 avenue du président Wilson.
Ce vendredi 25 août après-midi, devant le 99 avenue du président Wilson.

« Nous voilà de retour à la case départ et de nouveau à la rue… », se désespère Ibrahim, l’un des occupants du Cheval Blanc, situé au 99 avenue du Président Wilson, un hôtel désaffecté que le collectif des expulsés du 168 avait réquisitionné en décembre dernier, à défaut d’autres solutions d’hébergement. « Depuis, on y était plutôt tranquille. On avait un toit sur la tête, où on pouvait vivre normalement, se laver, se poser, se faire à manger. Mais ça, malheureusement, c’était jusqu’à aujourd’hui… »

Car pour le collectif de squatteurs, tout a à nouveau basculé ce vendredi 25 août lorsqu’un incendie s’est déclaré en début d’après-midi dans une chambre située au rez-de-chaussée, côté rue. « Il était à peu près 14h, quand on a entendu des gens crier « y a le feu, y a le feu ! » On a voulu quitter les lieux, mais on ne pouvait pas accéder à la sortie, il y avait trop de fumée. Pour échapper à l’incendie, plusieurs personnes ont sauté du premier étage. » Parmi elles, trois se sont légèrement blessées. « Ensuite les pompiers sont arrivés, ils ont installé une échelle et nous ont tous évacués. »

Hormis ces trois blessés légers, l’incendie n’a pas fait de victime. Mais pour ses occupants, il est loin d’être sans conséquences. Sitôt le feu éteint et l’hôtel évacué, les autorités présentes se sont montrées formelles : jugé inhabitable, Le Cheval Blanc va être condamné. « Vous ne pouvez plus habiter ici. Personne ne réintègre les lieux », insiste un officier de police. Pour les victimes du sinistre, regroupées sur un bout de trottoir, la nouvelle est dure à encaisser. « Mais qu’est-ce qu’on va devenir ? », « Où est-ce qu’on va dormir ? », « Et pour nos affaires, restées à l’intérieur ? »

Rendue sur place, c’est Jaklin Pavilla, première adjointe au maire de Saint-Denis en charge des solidarités et du développement social qui a la charge d’exposer la situation aux habitants (voir par ailleurs le communiqué de presse du maire de Saint-Denis). « Dans l’immédiat, accompagnées de policiers, toutes les personnes vont pouvoir à tour de rôle aller récupérer des affaires, explique-t-elle. Pour ce qui est de l’hébergement, notre proposition - et ce sera la seule - c’est de prendre en charge pour trois nuits à l’hôtel les familles avec enfants et les femmes seules. Concernant les hommes célibataires, je suis désolée, la ville n’a pas les moyens financiers de les héberger. On n’a pas d’autres possibilités que de vous renvoyer vers le droit commun. Il faut faire appel au 115. » Bien sûr, cette offre ne satisfait pas les quelques dizaines d’hommes exclus de fait de cette proposition d’hébergement et qui n’ont d’autres perspectives que la rue.

Car la saturation du 115 comme des dispositifs d’urgence, les sinistrés du 99 avenue Wilson ne la connaissent que trop bien pour l’avoir éprouvé depuis l’été dernier en qualité d’expulsés du 168 avenue Wilson. Cruelle ironie du calendrier, c’est il y a un an jour pour jour, le 25 août 2016, qu’ils avaient été délogés de leur immeuble et, faute de proposition d’hébergement, n’avaient eu d’autres choix que de monter leurs tentes pendant plus de trois mois sur le terre plein central de l’avenue, face à leur ancienne adresse.

Après le démantèlement par la police de ce campement le 16 décembre, le collectif, toujours sans solution d’hébergement et aidé de leurs soutiens, avait alors trouvé refuge dans cet hôtel désaffecté d’une trentaine de chambres. « On y était à l’abri, mais maintenant c’est fini. On est de retour à zéro ! Tout est à refaire et je vous assure, ce n’est pas le genre d’expérience que l’on a envie de revivre… », se désole un homme, alors que des sacs remplis à la hâte de vêtements, de chaussures, de papiers et de nourriture s’amoncellent en tas sur le trottoir à mesure que les habitants parviennent à récupérer quelques affaires.

En fin de journée, tandis que les services de la ville finalisaient la prise en charge de trente-six personnes, dont dix enfants, une trentaine d’hommes se préparaient ce soir à dormir de nouveau à la rue. Aux côtés des militants associatifs mobilisés de longue date à leur côté et venus les soutenir dans cette nouvelle épreuve, on a relevé aussi la présence d’anciens habitants de l’immeuble situé au 57-59 avenue Wilson, venus en compagnons d’infortune. Expulsés le 20 juillet dernier, ils sont également une trentaine depuis, à dormir dehors. « Même galère et même combat… »


Réactions

Pouvez vous me dire pourquoi les immeubles squattés ont toujours des incendies?
Il est toujours regrettable que de tels drames se produisent... L'article ne précise pas les origines de l'incendie : négligence, comportements inadaptés,...
ou relogement avant la trêve hivernale

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