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Bilan positif
/ La régie de quartiers peut faire label

Chiffre d’affaires, effectifs, ancrage local… Il ne manque à l’association de Floréal-Saussaie-Courtille que le label pour se prétendre régie de quartier. Ce qui ne saurait tarder.
Dans la boutique de la rue Haydn, des objets à petits prix provenant des collectes et de dons.
Dans la boutique de la rue Haydn, des objets à petits prix provenant des collectes et de dons.

Créée en 2014, l’association de préfiguration de la régie de quartiers de Saint-Denis recrutait en 2016 ses 15 premiers salariés dont 11 en contrat d’insertion. Elle en compte aujourd’hui 25, dont 20 en insertion. Et ne cesse d’étendre le champ de ses activités à la fois dans son quartier, Floréal-Saussaie-Courtille-Allende, et sur le territoire. Son chiffre d’affaires est ainsi passé de 352 000 euros à 485 000 euros. Avec les marchés en cours, et ceux en voie d’aboutir, « on en est déjà à 700 000 euros pour 2018», se félicite Mathieu Glaymann, son directeur, qui voit l’année se dessiner sous les meilleurs auspices avec la probable labellisation de la structure. Cette décision sur la base d’un rapport d’expertise devrait être prise dans les mois à venir par le Comité national de liaison des régies de quartier (CNLRQ), l’instance qui chapeaute la grande famille dûment organisée des 132 régies de ce pays.

Parmi les critères évalués par le CNLRQ, l’ancrage local. « 24 salariés sur 25 sont de Plaine Commune, confirme le directeur. Et ils viennent à 80% du quartier et de ses abords. » Autre critère, l’implication des habitants dans sa gouvernance. Ils sont en effet 16, tous du quartier, dont Chantal Delahousse, présidente à titre bénévole, qui siègent au conseil d’administration aux côtés de 4 élus et des représentants des partenaires, bailleurs sociaux et associations. Enfin, son modèle économique allie bien l’action sociale à des activités marchandes répondant aux besoins du territoire.

Recyclage de cagettes

Embauchés en CDDI, contrat à durée déterminée d’insertion de deux ans (trois ans pour les plus de 50 ans), les agents effectuent quantité d’activités, jardinage, nettoyage, sécurisation des abords des écoles, etc. Et collectent des cartons sur les marchés. Conclu pour six ans avec Plaine Commune, c’est le plus gros contrat décroché par l’association qui collabore pour cette mission avec les régies de Stains, de Pierrefitte et d’Aubervilliers, et l’entreprise dionysienne Le Petit Plus. La collecte va être étendue aux cagettes. « Un potentiel de 100 tonnes par an », selon Mathieu Glaymann, qui prévoit d’en tirer du broyat pour le paillage des pieds d’arbres. « Ce sera la première filière de traitement de cagettes en Île-de-France. » L’activité de débarras s’est elle aussi bien développée depuis le marché passé en 2016 avec Plaine Commune Habitat (PCH). L’association a travaillé ainsi pour la Ville et pour des particuliers. Et sa collecte a été en partie recyclée dans sa boutique vide-grenier à Floréal (1). En décembre, PCH, encore, lui a confié pour quatre ans la sortie des encombrants dans son patrimoine des quartiers Nord-Est. Et l’activité de l’association s’est étendue au second œuvre du bâtiment notamment pour la nouvelle antenne jeunesse de Saint-Rémy. « Ça permet à nos agents de se former à d’autres disciplines, relève le directeur. On veut aussi développer la customisation, par exemple à partir de palettes pour faire avec les gens des petits aménagements. »

Un atelier sur les addictions

Comme toute structure d’insertion, enfin, l’association épaule ses agents en CDDI. Une mission sur tous les fronts de la détresse humaine. « On en a eu qui couchaient dehors, expose Leila, chargée d’insertion. On a pas mal de situations complexes, violences conjugales, surendettement… Ça se reconstruit par étapes. On fait marcher le réseau, avec les partenaires sociaux ou associatifs. » Leila a mis aussi en place des ateliers sur l’addiction. « Une de nos priorités, c’est l’alphabétisation », ajoute Chantale, la présidente, qui prévoit encore pour les agents un micro-crédit pour solder les impayés de loyers. Ou financer les permis de conduire aux tarifs d’ores et déjà négociés auprès d’une auto-école. Autre mission en chantier, celle de « créer du lien social » dans le quartier a été confiée à Fatima, qui devrait y impliquer des associations d’habitants. « Chaque régie est unique », observe Taher Daher, délégué général du CNLRQ pour qui les bénéfices d’une labellisation sont multiples. Tant en termes de « bienveillance » de la part des partenaires publics et privés que de solidarité de réseau entre régies.  

(1) "Au Bon Débarras" au 3, rue Haydn. Tél.: 09 80 09 21 36

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