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/ La police renoue le contact

La nouvelle brigade territoriale de contact (BTC) du commissariat de Saint-Denis a été officiellement présentée aux habitants le 30 mai. Elle intervient depuis novembre dans l’ensemble des quartiers nord de la ville
Présentation BTC à l'école Paul-Langevin, mercredi 30 mai 2018 (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis
Présentation BTC à l'école Paul-Langevin, mercredi 30 mai 2018 (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis

Huit policiers avec des carrures de déménageurs. « De beaux bébés », comme les a qualifiés le commissaire Laurent Mercier. Mercredi 30 mai, dans le préau de l’école élémentaire Paul-Langevin, le chef de la police de Saint-Denis a présenté les agents de sa nouvelle brigade dédiée aux quartiers nord de la ville devant une centaine d’habitants. Son nom ? La Brigade territoriale de contact (BTC). Depuis sa création en novembre 2017, elle était nommée la Brigade de soutien de quartier (BSQ). Elle a sans doute changé de nom pour éviter la confusion avec la Police de sécurité au quotidien (PSQ), dont l’expérimentation ne sera pas tentée à Saint-Denis suite aux arbitrages du ministère de l’Intérieur en février dernier. Cette dernière aurait permis des renforts supplémentaires, contrairement à la BTC qui se fait à effectif constant. 

« BSQ ou BTC, c’est juste une appellation. Nos missions sont les mêmes, le travail est le même », précise un policier. Le secteur de cette brigade s’étend d’ouest en est de « DDF » (sigle des cités Duclos, Dourdin et Fabien) à « SFC » (Saussaie-Floréal-Courtille) en passant par les quartiers Allende, Neruda et Mutualité. La cité Péri ne fait pas partie de cet ensemble. « On est sectorisé, mais on peut y intervenir », précise néanmoins un fonctionnaire. Par ailleurs, un nouveau policier, chargé de la cohésion avec la population, est en poste depuis début 2018 pour ces quartiers (1). Avec cette brigade, le commissaire veut « rapprocher les policiers de la population ». La BTC mélange à fois « l’intervention, l’interpellation » et la prise de contact avec la population. Ces policiers patrouillent en uniforme, en voiture et à pied. « Je leur demande de descendre de leur véhicule, de mettre un pied à terre pour aller voir les gens et leur parler », développe le commissaire. « On est tous les jours sur le terrain. Comme on travaille sur une plus petite zone, les gens commencent à nous identifier. Ils viennent nous voir », témoigne ce policier. Il précise que tous les agents ont été volontaires pour rejoindre la brigade. Certains ont récemment été affectés à Saint-Denis, tandis que d’autres, comme lui, y travaillent depuis plus longtemps.

À l’image de sa nouvelle brigade, le commissaire a défendu sa vision d’une police plus « proche » des Dionysiens. « On vous doit un retour sur nos actions », leur a-t-il promis. Présent aux côtés de ses adjoints Florence Haye, Hakim Rebiha et Slimane Rabahallah (adjoint à la tranquillité, ce dernier a depuis quitté sa délégation), le maire Laurent Russier soutient ce type de rencontre : « C’est bien que les habitants voient le commissaire, parlent aux policiers et même soumettent leurs désaccords. »

Des habitants ont pointé des problèmes, à l’image des contrôles au faciès. Le deal est souvent revenu dans les interventions des Dionysiens. Une locataire de Dourdin raconte la dégradation de la situation depuis la fermeture d’un parking de sa cité HLM, décidée par le bailleur Logirep en avril 2017. « C’est devenu invivable. Le trafic se fait maintenant dans les escaliers. C’est pire qu’avant », raconte-t-elle. Un autre habitant de Duclos voit bien la police en action, mais il constate que cela ne suffit pas. « Si on ne passe pas, vous nous le reprocheriez. Et quand on passe, cela fait du bruit », répond Laurent Mercier, en faisant référence aux guetteurs qui crient au passage des policiers.

Un Dionysien de Neruda dénonce « la loi du silence » et la « peur ». Le commissaire explique que la collaboration des habitants est nécessaire pour faire avancer les enquêtes. « Si certains ont des informations, qui ne mettent pas danger leur intégrité physique, n’hésitez pas à nous contacter », demande-t-il (2). « Les habitants voient tout. Ils sont nos yeux. C’est pour cela qu’on a besoin d’eux pour avoir des informations », ajoute un policier. Pour finir, des habitants ont souhaité la « bienvenue » à la BTC. La rencontre a prouvé qu’il était possible de parler avec la police.

Aziz Oguz

(1) M. Suger Chailly. Suger.chailly@interieur.gouv.fr ; 06 47 86 39 37

(2) commissariat-saint-denis@interieur.gouv.fr et 01 49 71 80 00. Par ailleurs, le commissaire reçoit les 1er et 3ème jeudis du mois. Prise de rendez-vous au 01 49 71 80 56 ou par mail.

Réactions

« des contrôles au faciès » ??? On peut m’expliquer ? Car de « DDF » (les cités Duclos, Dourdin et Fabien) à « SFC » (Saussaie-Floréal-Courtille) en passant par les quartiers Allende, Neruda et Mutualité, je me demande bien quelle est la minorité ethnique qui pourrait être visée ?!...
Bien d'accord avec Thomas, comment caractérise-t'on un contrôle au faciès dans notre ville ???

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