Cultures

Expérimentation sonore
/ La musique en trois dimensions

L’auditorium de la Maison des sciences de l’Homme Paris-Nord a été le terrain jeudi 7 décembre d’une performance aussi technique que sensorielle : une immersion sonore dans un concert de musiques électroniques en 360°.

Depuis quelques années maintenant, aller au cinéma pour visionner un film en 3 dimensions est une pratique qui tend à se démocratiser. En revanche, hors festivals spécialisés, les concerts joués à 360° se font encore rares dans le paysage audiovisuel. La Maison des sciences de l’Homme Paris-Nord en a proposé l’expérience jeudi 7 décembre dans le cadre d’une soirée en totale « Immersion Sonore ». Une centaine de curieux ont pris place dans l’auditorium principal pour assister à un concert dit spatialisé. Pour cette performance, vingt et un haut-parleurs ont été disposés tout autour des spectateurs installés dans la pénombre afin de renforcer cette expérience sensitive. « La scénographie est minimaliste car je ne voulais pas “polluer” l’écoute », confie Amélie Nilles. Cette étudiante en Master 2 de musicologie à Paris 8 est à l’origine de cette soirée lors de laquelle cinq pièces ont été jouées au public : "Les Sons seuls" de Jérémie Nicolas, "Cinq souffles de Tchernobyl" du compositeur Jean-François Ducher, "Let it blaze against the mists" de capob, un extrait de "Cauchemar Merveilleux" signé Léonore Mercier et Arthur H, deux morceaux jazz revisités et regroupés sous le nom de "Laïka project" d’Amélie Nilles et, enfin, "Cherenkov" du producteur de musique électronique Matthieu Ruben. Parmi ces œuvres, seul le poème sonore Cauchemar Merveilleux ne relevait pas d’une création. Les yeux pour certains fermés, les auditeurs ont suivi les pérégrinations sonores, presque bruitistes, des artistes sur près d’une heure de concert. Les sons naissent d’un côté pour disparaître derrière nous, avant de se déployer soudainement à 360°.

Mention spéciale aux reprises des deux standards jazz "Dont’ Explain" et "Strange Fruit". Ce dernier est extrait du premier EP, Seed, d’Amélie Nilles qui a assuré les parties vocales épaulée par Quentin Nivromont aux machines. Sur ces deux titres, la jeune étudiante manipulait et gérait les effets assignés à sa voix via un bracelet connecté la diffusant sur certaines enceintes, coupant certaines fréquences, créant des effets de profondeur, jouant avec les octaves de sa propre voix. « Quand on est en face des spectateurs, c’est difficile de contrôler en direct la spatialisation. Ce n’est pas forcément concluant dans cette configuration », avoue pour autant Amélie Nilles.

À la fin du concert, les spectateurs étaient invités à donner leur retour d’expérience à travers un questionnaire. « Dans mes études je cherche à définir l’immersion sonore. Je veux comprendre comment l’auditeur perçoit la spatialisation. Pour l’instant, cent pour cent des personnes interrogées ont affirmé retourner à un concert spatialisé s’ils en avaient la possibilité », confie Amélie qui a utilisé pour l’élaboration de ce concert deux technologies de pointe en la matière, deux systèmes de reproductions du champ sonore dont le fonctionnement précis serait complexe à détailler ici. « En somme, ces logiciels permettent d’entendre les sons comme s’ils étaient naturels sans le filtre des haut-parleurs et de recréer des ambiances fidèles à la réalité », résume l’étudiante en musicologie qui poursuit : « J’aimerais pouvoir monter des soirées qui brasseraient des publics venus des sous-genres de la musique électronique comme la techno-spatialisée, la musique contemporaine et électro-acoustique, l’ambient… » Le concert en « Immersion Sonore » s’est donc tenu en prélude d’une série de rendez-vous musicaux expérimentaux. Si les financements suivent, ces prochaines dates pourraient avoir lieu dès la saison prochaine.

Maxime Longuet 

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