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Baisse des APL
/ La mise en danger du logement social

Quelques jours avant les mobilisations contre la baisse des APL des 14 et 17 octobre, bailleurs sociaux et élus du territoire étaient réunis le 11 à Plaine Commune pour alerter des conséquences de cette mesure.
Manifestation des bailleurs sociaux mardi 17 octobre devant l'assemblée nationale à l'occasion de la journée "Portes closes" des offices HLM
Manifestation des bailleurs sociaux mardi 17 octobre devant l'assemblée nationale à l'occasion de la journée "Portes closes" des offices HLM

Emmaüs, DAL, Ligue des droits de l’homme, Secours catholique, CFDT, CGT… Elles sont une soixantaine d’organisations, membres du collectif Vive l’APL qui appelaient à manifester le samedi 14 octobre contre la baisse des aides personnelles au logement. Soit 5 euros de moins depuis le 1er octobre, avant une mesure plus radicale de réduction de 50 euros par mois, appliquée aux seuls locataires du logement social mais compensée par une baisse des loyers.

Inscrite au Projet de loi de finances 2018, c’est la « Réforme des aides au logement et de la politique des loyers dans le logement social », selon l’intitulé de l’article 52 dont les bailleurs sociaux demandent le retrait. Après l’avoir dénoncé sur tous les tons depuis des semaines, ils se sont mobilisés à nouveau ce mardi 17 octobre, avec en Île-de-France une journée porte close et un rassemblement aux abords de l’Assemblée nationale, où débutait l’examen du Projet de loi de finances.

« Mise en danger du logement social », « brutalité d’une mesure » décidée sans concertation, politique d’une « violence absolue »… Les responsables d’organismes HLM et élus réunis le 11 octobre au siège de Plaine Commune n’ont pas eu de mots de trop durs pour s’insurger contre cette réforme qui coûtera 1,7 milliard d’euros par an aux bailleurs sociaux. « Quelle entreprise pourrait supporter cette ponction ? », lançait Sébastien Longin, directeur de Plaine Commune Habitat, principal bailleur du territoire, avec 18 000 logements dont les locataires sont à près de 50% bénéficiaires de l’APL. Évaluée à 7,8 millions d’euros, la perte pour PCH équivaut « à 45% de la masse salariale. On sera obligé de réduire de 30% l’entretien courant et de 50% le programme des réhabilitations et des constructions ».

Même écho de la part d’Anthony Daguet, président de l’OPH d’Aubervilliers, d’Yves Nédelec, directeur général de Seine-Saint-Denis Habitat, et de Sylvie Vandenberghe, directrice générale de Logis-Transport. Pour cette dernière, c’est tout l’habitat social « dispositif construit pendant cent ans qui est entièrement déstabilisé », par ce transfert de charges du budget de l’État aux finances des offices publics. En dépit des assurances du gouvernement, « les locataires seront eux aussi les grands perdants de cette histoire », insiste Patrick Braouezec, hôte de cette rencontre. Le président de Plaine Commune récuse aussi l’argument pour justifier cette amputation des APL, accusées d’avoir « un effet inflationniste sur les loyers ». « Dans le logement social, ce n’est pas possible. Les loyers sont conventionnés. Ils sont deux à trois fois moins élevés que dans le privé. Il y a un problème de cohérence. »

Quant aux contreparties avancées, estime-t-il, elles sont insignifiantes. Qu’il s’agisse du gel pendant deux ans du taux du Livret A, qui alimente les prêts à la construction du logement social, ou de la hausse du surloyer de solidarité appliqué aux locataires dont les revenus excèdent les plafonds de ressources pour l’attribution d’un logement social. Seule piste pour renflouer les caisses, la vente préconisée des logements à leurs locataires, au risque de copropriétés dégradées. « On met en cause la capacité du politique à avoir une action sur le logement », déplore David Proult, vice-président de Plaine Commune à l’habitat et au foncier. « Ce sont des territoires qu’on va laisser aux logiques du marché. » Pour ces élus et bailleurs, c’est - ajouté à d’autres mesures comme la fin des contrats aidés - « une bombe à retardement » que prépare le gouvernement.

Marylène Lenfant


Réactions

Un commentaire de Monsieur Braouezec, soutient de Monsieur Macron pendant l'élection Présidentielle ? Ah, bah non, j'oubliais Monsieur Braouezec vient encore changé de casquette (est-ce le signe que le vent va tourner ?) et ré-adhéré au PCF !!!
Bonjour Patrick BRAOUEZEC n'a pas payé de loyer depuis longtemps il me semble. Je le cite beaucoup en ce moment, il est une source d'idioties en ce moment. Il est inénarrable. Donc selon notre champion " Les loyers sont conventionnés. Ils sont deux à trois fois moins élevés que dans le privé. " Ils sont conventionnés certes mais le privé ne loue pas des 3 pièces à 2000 euros à Saint Denis. Le privé est en moyenne 15 à 20% plus cher mais la qualité des habitations est d'un autre niveau (excepté les taudis qu'il a laissé prospéré sur le centre ville). La situation des offices HLM est la conséquence d'un mode de gestion de rente. Ou en ne faisant pas trop d'effort, les loyers rentrent. D'ailleurs, les offices HLM sélectionnent les locataires avec CAF, ce qui leur permettaient d'être à minima payés. Le contre coup d'avoir une ville populaire sans les moyens de la gérer, c'est d'arriver à une ville comme Saint-Denis ou 80% (chiffre de L. RUSSIER) des habitants sont éligibles au HLM mais la ville ne peut pas les accueillir. Les taudis prospèrent, les pavillons sont découper pour rentabiliser la surface, etc. Le tout HLM ne fonctionne pas. 45% des habitations de la ville sont des HLM et c'est un non sens sociale. Je suis aussi désolé de contredire notre cher Patrick, les loyers ont augmenté sur PCH pour un service rendu infâme. Alors s'il baisse encore de 30%... Je crains le pire pour le parc de PCH. Encore une fois, Patrick... Fallait voter pour le bon cheval. Quand à David Proult, je le cite aussi, "Ce sont des territoires qu’on va laisser aux logiques du marché". Je le répète à tous les élus, P. BRAOUEZEC a voté pour E. MACRON, ne vous plaignez pas. Il est votre collègue au conseil municipal, à plaine commune. Ouvrez les yeux.
Azzassine toujours aussi excessif ,toujours dans l'outrance ,et on ne sait ce qui depuis quelques temps génèrent cette fixette sur Mr Braouezec, mais comme les maladies infantiles cela devrait vous passer. Pour les loyers , seule référence le prix du m2 habitable, les charges sont sensées être identique à composition familiale constante. Dans le logement public, les loyers sont règlementés, selon l'ancienneté du programme , les réhabilitations ,la catégorie etc..ils vont de 6 € à 11€ le m2 habitable. Dans le privé à St Denis ils sont entre 15 et 20€ le m2 et les taudis sont dans cette catégorie.On est bien dans la fourchette annoncée par Mr Braouezec. Je ne comprends pas votre violence contre le logement public. Regardez en Angleterre, il y a 30 ans, c'est la politique préconisée aujourd'hui en France qui a été mise en œuvre, même le gouvernement conservateur anglais admet que ce fut un échec dramatique. Azzedine arrêtez les anathèmes, l'affirmation de contres vérités, et les bêtises sur la qualité des logements privés.100 % des taudis , des périls, et autres logements indignes sont gérés par des propriétaires privés.
@Belleville C'est bien de comparer ce qui est pas comparable. C'est exactement le raisonnement de personnes à cours d'arguments. Est ce que vous comparez les surfaces identiques? Prenez un 60m2 dans le privé et dans le HLM, on ne passe pas du simple au triple. C'est la vision simpliste de prendre des chiffres à droite à gauche sans aucune corrélation. Oui 100% des taudis sont gérés par des investisseurs prédateurs qui exploite la misère humaine. Qui les laisse prospérer sur la ville? Les élus incapables d'endiguer ce phénomène. Cela a été dit lors du dernier conseil municipal par votre majorité, on accepte l'inacceptable et l'autorité intervient toujours trop tard. Après vous avez envie de comprendre ce qui vous arrange. Mon raisonnement n'est pas contre le HLM mais de faire une ville en tout HLM, de prendre la part des villes qui n'en font pas. Si l'Angleterre est en échec, me dites surtout pas que la ville de Saint Denis est un succès que le monde nous envie. Mais pourquoi allez aussi loin pour voir des échecs patent d'une politique de la ville désastreuse. La France n'a pas su gérer le HLM. Les HLM était à l'origine une passerelle avant de devenir propriétaire (le rêve de beaucoup de français) mais ensuite, les plus pauvres finissaient par rester toute leur vie en payant 2 fois leur logement. C'est devenu une rente pour les organismes HLM qui ont oublié leurs rôles. Ce ne sont pas des philanthropes, ils sont la pour gagner de l'argent. Ce qui me dérange, c'est de le faire sur le dos des plus faibles. Au lieu d'avoir des propriétaires habitant, autonomes, qui auraient investi pour leurs cadres de vie et l'avenir de leurs enfants, nos élus ont laissé la place à des prédateurs financiers qui ont bousillé la ville. Si ce n'est de la complicité, je les accuse de complaisance. Le logement privé ce n'est pas que des taudis.... Heureusement, d'ailleurs, sinon la ville tomberait en ruine. Elle en est pas loin d'ailleurs. Le centre ville en est le parfait exemple. Sinon, un mot sur l'opportuniste P. BRAOUEZEC qui vote Macron puis reprends sa carte au PCF?? Éclairez nous de vos lumières.... Concernant cet odieux personnage, ça ne me passera quand il aura quitté la ville. Définitivement. Il a pourri la vie, ce n'est pas le seul, à tellement d'habitants, uniquement pour sa carrière et son envie de devenir ministre.
BRAVO Azzedine vous arrivez à dire avec les bons mots ce que pense beaucoup d'entre nous. Ce sont des personnes comme vous qu'il faudrait à la mairie, c'est dommage.
Azzedine , oui en d'autres temps un parcours résidentiel pouvait se construire, mais depuis le chômage de masse sévi vous ne pouvez ignorer, bien évidemment la profonde aspiration à la propriété a perdu de son efficacité. Le gel, si ce n'est la baisse des rémunérations a rendu encore plus incertain l'accession à la propriété. Les revenus on perdu, en 20 années, 10 % de leur valeur nominale. Par ailleurs dans les zones tendues comme la région parisienne, et plus encore pour certaines zones le prix du m2 a été multiplié par 2,5. Dans ces conditions l'accession à la propriété devient un rêve inaccessible pour de nombreuses familles sauf à s'exiler vers de lointaines banlieues. Accession devenue inaccessible, loyers inaccessibles dans le privé pas difficile de comprendre que le logement aidé teste la seule solution pour la majorité des familles. Azzedine je ne comprends pas votre raisonnement et votre volonté de stigmatiser le logement social et ses occupants. Ils sont comme vous, des citoyens honorables, ils ne méritent pas votre défiance ,vos critiques et vos permanents sous entendus. Un peu d'humanité et de tolérance vous ferez le plus grand bien. Bien à vous.
Bonjour @Belleville. Je pense m'exprimer dans un bon français Dites moi si vous ne me comprenez pas. J'ai bien dit que je n'étais contre le HLM. Mais j'étais contre le tout HLM. Que Saint Denis, n'a pas à prendre la part des villes qui n'en font pas. Ce parcours résidentiel, pourquoi ne pas aider à le reconstruire. Cette solidarité oubliée du quartier de la mutualité. On se vente ce qui a été fait mais nos élus ne font rien pour le faire perdurer. Pour votre bonne information, critiquer le tout HLM, ce n'est pas critiquer les gens qui sont dedans. Et je suis contre le fait de les faire payer deux fois le prix une construction de qualité médiocre. Sans rien laisser à leurs enfants. A part peut être leurs laisser le bail et le payer une troisième fois. Ceux que je critique ouvertement, c'est toute une génération d'élus prétendus de gauche. Parmi eux, P. BRAOUEZEC, D. PAILLARD et S. PEU. Et bien évidemment leurs obligés. Ils ont le pouvoir et ils n'en font rien à part être réélus par les militants et leurs obligés. Mais en aucun, ils ont améliore la vie des habitants. Ils s'en cachent même pas. Ils veulent que la ville RESTE populaire. Mais est ce que les gens qui vivent dans la ville veulent rester pauvres??? Est ce qu'on leur a demandé quel était leur souhait? Et ils ne comprennent pas non plus qu'on les critiquent. La Seine Saint Denis et Saint Denis sont montrés du doigt. A votre avis. c'est un modèle de société apaisé?? La ville est en échec sociétale et sociale. En chiffre brut, c'est factuel. Je me répète encore. Quand 70% des habitants ne votent plus. C'est un échec démocratique. Et pas seulement à Saint Denis.
Tout ce cinéma pour la baisse de 5€ des APL, le conseil municipal vient de voter pour un abonnement de stationnement de 20€ par mois alors que c'était gratuit. Je suis dans les 2 cas, donc je perd 5€ pour les APL et je dois dépenser 20€ à partir de janvier pour le stationnement. Merci l'état, merci la ville .
Baisse des apl de 5 euros par l'état Hausse de l'abonnement de stationnement à 20 euros par mois par la ville.. La municipalité a eu la main très lourde

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