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Réfugiés syriens
/ La mendicité ici, après la guerre à Homs

Près de l’hôpital Delafontaine ou avenue Lénine, des familles ont fui le Moyen-Orient pour ne pas mourir. Rencontre avec des survivants d’un pays en guerre qui vivent « honteusement » au pied des feux de signalisation.
Devant l'hôpital Delafontaine, beaucoup de familles accompagnées d'enfants en bas-âge mendient leur survie.
Devant l'hôpital Delafontaine, beaucoup de familles accompagnées d'enfants en bas-âge mendient leur survie.

Tous les jours ils sont là. Postés aux feux rouges avec femmes et enfants, dans le vacarme et la pollution du trafic autoroutier. Circulant entre les voitures avec leur carton « Familles syriennes », on les voit mendier jusqu’à la tombée de la nuit. A Saint-Denis, on les croise avenue Lénine, à la Porte de Paris et surtout à la sortie de l’A1, devant l’hôpital Delafontaine, où ils sont parfois une trentaine à braver les dangers de la circulation pour un peu de monnaie.

C’est là qu’on a rencontré Adham et ses compagnons d’infortune, en train de faire la manche en famille, en plein cagnard et en plein Ramadan. « On vit honteusement », a résumé en arabe ce père de famille de 28 ans. La plupart sont originaires de Homs où ils ont vu « beaucoup de gens mourir ». « Il n’y avait plus que de l’herbe à manger », se souvient une femme. Fuyant la guerre et la faim – certains en 2011, d’autres en 2013 – tous indiquent avoir suivi la même filière par la Lybie, l’Algérie et l’Espagne avant de rejoindre la région parisienne, où, avec la Belgique - où ils devaient se rendre à la fin du Ramadan - ils disent avoir « un réseau de connaissances ». Comme leurs compatriotes syriens, ils pourraient demander l’asile, mais ceux-là semblent s’en méfier, par peur de perdre leur passeport.

Sorte de réfugiés nomades et marginalisés, ils expliquent se débrouiller pour se payer l’hôtel, soit 50 euros la chambre pour cinq personnes. « C’est ça notre vie. Les gens nous aident. Certains nous apportent à manger. » Si leur situation appelle les générosités individuelles, difficile d’en dire autant des administrations. Si l’on s’accorde à dire que la présence de ces familles s’est intensifiée, aucune des instances du territoire n’a pu éclairer le phénomène et le quantifier. « Comme ces gens ne demandent pas d’aide, on peut se dire qu’ils ne veulent pas de prise en charge. C’est pratique… », en déduit Maxence Delaporte, responsable opérationnel de l’association interlogement93, en charge du 115. Estimant qu’ « un travail d’information et de médiation proactive sur l’asile » pourrait les sortir de la précarité, il sait aussi combien les dispositifs d’accueil d’urgence sont saturés. « Actuellement, ce sont environ 250 personnes en famille qu’on laisse chaque soir à la rue. » Dans ce contexte, que l’on ne trouve personne pour s’émouvoir que des gens qui pourraient prétendre à une prise en charge se tiennent à l’écart des dispositifs n’a finalement rien d’étonnant.

Et pour ne rien arranger, d’aucuns ne voient à l’endroit de ces mendiants que des « Roms déguisés ». Ça se joue en fait à une lettre près. « Ces familles sont des “Doms” », indique Michel Morzière, de l’association d’aide aux Syriens « Revivre », l’un des seuls à pouvoir nous renseigner sur le sujet. « C’est un peu l’équivalent des Roms au Moyen-Orient et d’ailleurs, dans la population générale, ils suscitent la même forme d’hostilité. » La première trace de leur présence en France remonte à avril 2014. « On a vu arriver une première vague d’environ 200 personnes au niveau de la Porte de Saint-Ouen. Quand les autorités ont réalisé que c’était des Syriens, elles ont monté une opération d’urgence avec un système de guichet unique pour faciliter leur prise en charge », se souvient Michel Morzière. Alors que la moitié s’était laissée convaincre de demander l’asile, le dispositif n’a jamais été reconduit pour les arrivées suivantes, laissant depuis ces familles se débattre seules avec leurs systèmes de survie.

Linda Maziz


Lire par ailleurs le reportage réalisé par Sara Tolba, stagiaire.

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Réactions

La guerre est finie à homs pour information. Ça sera dur pour eux dorénavant d'être reconnu comme réfugiés car la guerre est terminée dans leur région
Il s'agit une mendicité organisée par des réseaux. Les femmes y subissent des violences si elles ne ramènent pas assez d'argent. De cela le JSD n'en écrira pas un mot. La presse française fait vivre le mythe des réfugiés syriens. Il suffit d'observer à un carrefour pour comprendre qu'il s'agit d'un business avec des objectifs de chiffre d'affaires.
Est-ce le chef de ce réseau de mendicité organisée qui a rédigé cet article ? Aucun recul, aucun esprit critique, bref du journalisme à la mode JSD !!!
@Horta - C'est rare quand je suis en désaccord avec vous mais en l'espèce, réseau ou pas réseau, il suffit d'écouter ces réfugiés quelques minutes pour peser leur désarroi ...
Je voudrais compléter mon propos précédent. Le plus souvent ces réfugiés ont vécu sous les bombes pendant 4 ans. Ils ont subi d'un côté les sanguinaires de l'Etat Islamique, de l'autre l'ignoble El Assad ... ils ont vécu pendant des mois dans des camps insalubres en Turquie ou au Liban ... ils ont traversé l' Europe le plus souvent à pied ... Ils ont perdu une partie de leur famille ... alors DU RESPECT et du RESPECT SVP ...
@Mourad Ils ont vécu à Homs, ont traversé la Lybie, l'Algérie ?, l'Espagne ... pour atterrir au Carrefour Lamaze à Saint-Denis ... avouez que c'est un périple peu banal. Peut-être étaient-ils guidés par une force magnétique irrésistible qui les a fait sauter les frontières de la Jordanie, de l'Egypte, de la Tunisie, etc pour finalement atterrir non pas à Perpignan, Marseille, Montpellier, ..., Paris, Neuilly, Levallois, ... mais à Saint-Denis. Je maintiens que cet article pose beaucoup de question, qu'un simple récit ne suffit pas à évacuer. Cela n'enlève rien à la situation dramatique des réfugiés de ces pays en guerre dont la majorité s'arrêtent ... en Jordanie et en Turquie.
certes on peut être gêné voire dérangé par cette misère qui nous saute à la vue et à la gorge parce que celle celle ci avant tout nous renvoie à nos égoîsmes et à notre malaise comme à chaque fois....pourtant je pense aux risques que prennent ces familles, ces femmes, ces enfants dans le flux continu des véhicules à la sortie de l'autoroute... pour quelques centimes quelques euros... et tant de risques... et pourtant cela n'est rien vu ce qu'ils ont traversé ces mois de guerre puis d'errance.... j'ai mal , j'ai la chance d'etre né du bon coté, à la bonne époque, et comme eux les européens erraient en 39-45... qui suis je pour juger, qui sait si demain cela ne sera pas moi ou mes enfants... je n'ai pas la solution, je suis humble ignorant et petit....
La majorité des réfugiés syriens, mendiant en région parisienne, proviennent d'Allemagne. A MERKEL est entrain de se séparer de 450000 à 500000 réfugiés économiques, déboutés de leur demande de droit d'asile sur un total de 1200000 arrivés en Allemagne. Un certain nombre de ces réfugiés économiques ont alors anticipé ce refus administratif allemand en allant vivre en France dans le but de redemander un nouveau droit d'asile aux autorités françaises. Les sans papiers venant d'Italie en passant par la Lybie sont majoritairement des africains de pays subsahariens où des passeurs professionnels et des ONGs consentantes rabattent des individus après avoir été ciblés comme ayant le potentiel de payer leur voyage vers l'Europe. J'ai un ami français d'origine malienne qui a été démarché dans la rue à BAMAKO par un passeur pour partir en Europe moyennant 3000 euros. Le passeur était lybien. Les réfugiés économiques sont devenu un business très lucratif pour la Lybie d'où provient la majorité des passeurs. Ces transferts de masse d'individus d'Afrique vers l'Europe soit disant pour fuir la misère cachent un marché très lucratif et sordide cautionné par des médias occidentaux très tiers mondialiste intellect. Ces médias pour qui roulent ils? bonne question.

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