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/ La femme est l’avenir de la science

Astrophysicienne, historienne, chimiste, philosophe… La photographe Marie-Hélène Le Ny signe Infinités plurielles, une série de 145 portraits de femmes chercheuses, professeures ou ingénieures. Vingt-trois d’entre eux sont accrochés aux grilles des Archives nationales.

Elles sont scientifiques, se sont illustrées dans la chimie, l’astrophysique, l’histoire, la philosophie ou l’aéronautique. Chercheuses, professeures ou ingénieures de toutes disciplines, elles se racontent à travers les portraits de Marie-Hélène Le Ny dans Infinités Plurielles. La photographe a réalisé en 2013 une série de 145 clichés. Vingt-trois d’entre eux sont aujourd’hui accrochés aux grilles des Archives nationales (Pierrefitte/Paris 8) jusqu’au 18 décembre. Cette exposition avait déjà été proposée lors de la Journée des femmes et des filles de sciences avec l’Unesco. Le projet d’origine commandé par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a pour objectif de transmettre aux générations futures un « désir d’émancipation » via la lecture des témoignages qui accompagnent les tirages sous forme de texte. S’ajoute à cela une vidéo d’une heure cinquante montée à partir d’extraits de portraits sonores des participantes.

« L’idée était de montrer la diversité des territoires, des carrières et des spécialités. Il n’y a pas de profil type, détaille Marie-Hélène Le Ny. Comme me le disait l’une d’entre elles, la science c’est un jardin ouvert à tout le monde. » Le rapport avec la photographie est épuré, frontal, et permet d’entrer en « conversation » avec ces femmes qui ont embrassé une carrière scientifique, certaines de manière naturelle, d’autres par la force d’un âpre combat. Ce n’est pas la première fois que Marie-Hélène Le Ny réalise ce type de travail. En 2010, elle avait déjà réalisé 192 portraits sonores avec l’exposition On ne naît pas femme, on le devient, formule empruntée à Simone De Beauvoir. Infinités plurielles est le prolongement logique de son travail engagé.

25 % de femmes scientifiques en France

Il y a pléthore d’exemples qui illustrent la sous-représentation de la femme dans les sciences. Ce n’est qu’en 1972 que l’École Polytechnique a ouvert sa promotion aux femmes. Anne Chopinet en est d’ailleurs sortie major la même année.

Seul un département sur les quatorze que compte l’Agence spatiale européenne est dirigé actuellement par une femme. Historiquement, « les femmes sont toujours mises du côté de la nature, les hommes de celui de la raison, affirme la photographe, militante convaincue. Dans la science, les femmes sont peu représentées et ça commence très tôt, poursuit-elle. Dans les manuels scolaires du primaire, 96,5 % des mises en situation sont des modèles masculins. Il reste des choses à conquérir, il n’y a que 25 % de femmes scientifiques en France… » Un plan à l’échelle européenne prévoit d’augmenter le nombre de femmes d’ici 2020 dans le milieu de la recherche. « Ce n’est pas par antisexisme mais c’est parce que les sciences vont manquer de chercheurs hommes qui se tournent plus vers la finance », relativise Marie-Hélène Le Ny. La femme est l’avenir de la science. Et ce, malgré les obstacles.

L’actualité récente a mis en lumière le harcèlement dont sont victimes des millions de femmes dans le privé et dans leur milieu professionnel. Et les sciences ne sont pas en reste. « Certaines m’ont confié avoir été victimes de machisme de la part de leurs collègues effectivement, témoigne la photographe. Ça se traduit par du harcèlement passif, moral, du vol de matériel après un congé maternité, des réflexions misogynes. D’autres filles peuvent être confrontées au découragement de leurs familles à poursuivre ou même à entamer des études scientifiques, et ce quel que soit leur milieu social ».

Cette exposition s’inscrit dans le cadre de l’opération Aux Archives citoyennes ! qui se déroulera tout au long de l’année sur le site pierrefittois. Quelques-unes des portraiturées participeront aux rendez-vous organisés. La programmation est déclinée en quatre sous-thèmes : « femmes scientifiques », « femmes immigrées », « femmes engagées » et « femmes et culture ». Alors, aux archives dionysiennes !

Maxime Longuet

Infinités Plurielles jusqu’au 18 décembre sur les grilles des Archives nationales (59, rue Guynemer, à Pierrefitte). www.archives-nationales.culture.gouv.fr

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