Portrait

Rachid Brahimi
/ La constance de L’Escargot

Cela fait presque trois décennies qu’il travaille dans ce bar-restaurant près de la Porte de Paris. Alors, le professionnel a eu des envies de changement… Sans bouger de ce territoire où il est chez lui.

« Il fallait remonter le niveau », dit Rachid Brahimi, patron du bar-restaurant L’Escargot rénové de fond en comble. « Sans prétention aucune », ajoute-t-il. Il aurait pourtant de quoi se faire mousser. L’homme, 55 ans, est de la trempe des self-made-men à la mode kabyle. Rachid a quitté son petit village algérien de Tizi Rached pour rejoindre son père en France et a su faire son trou. « C’était en 1980, j’avais 17 ans. J’ai travaillé un temps dans l’hôtellerie comme réceptionniste. En 1989, j’ai été embauché à L’Escargot en tant que serveur, en 1995 j’en suis devenu le gérant, en 2007 le propriétaire. » Son CV tient en trois phrases. Ses yeux bleus pétillants se plissent : ça le fait marrer. « Et je ne suis jamais reparti. »

« Je voulais moderniser la situation »

Son paternel est lui arrivé en France à la fin des années 1940, début des années 1950. « Il travaillait à côté, précise Rachid, attablé dans son établissement du 6, rue Gabriel-Péri, geste du pouce à l’appui. Chez le marchand et entrepôt de bières rue des Carmélites. » Rachid n’a pas bougé de ce secteur géographique. Il a un peu habité à Dourdin. Mais depuis des lustres il vit là, au-dessus de son bar-restaurant, sur cette langue de bitume dessinée par les rues Gabriel-Péri et de la Légion-d’Honneur. Pour changer, Rachid a voulu donner un bon coup de neuf à son lieu de vie, qu’il partage avec son épouse et leurs deux enfants, comme on refait la tapisserie du salon. À part qu’il lui aura fallu plus qu’un coup de marouflette pour le transformer.

Début septembre, il a rouvert L’Escargot après sept mois de travaux. « On a mis à nu. C’est une transformation totale. Je voulais moderniser la situation. » Bien sûr, au fil des ans, le professionnel avait entretenu son bien, « mais c’était du rafistolage, une fenêtre par-là, une porte par-ci ». Ce changement radical a été motivé par « l’évolution du quartier. Il faut se mettre à la page. Quand on voit les enseignes qu’on nous ramène ! », souligne Rachid, en référence notamment au Novotel et à l’Hippopotamus de la Porte de Paris. Déco, mobilier, vaisselle, carte… Rien n’est resté du bistro à l’ancienne, si ce n’est l’âme, sympathique et accueillante (1), et Déborah et Amar, serveurs historiques aux personnalités attachantes, épaulés aujourd’hui par Alexia et Maxime, les petits nouveaux.

A l'Escargot, « on est mondialement connu »

La construction du Stade de France a aussi été une sacrée évolution pour le quartier. Et pour Rachid : « J’ai découvert le rugby. » Et pour L’Escargot. « On est mondialement connu », affirme-t-il sans rire. Australiens, Anglais, Gallois, Irlandais… Les supporters de toutes les grandes Nations de l’Ovalie se retrouvent chez lui pour les troisièmes mi-temps. Des soirées arrosées et festives. « Les gens se passent le mot, ils disent à leurs amis “va à cet endroit”. Ils ont confiance. » Car les soirs de match, Rachid « ne bosse pas ». Il « regarde ». Comprendre qu’il assure la sécurité de ses clients, et leur garantit qu’ils ne seront pas importunés ou volés dans ses murs.

Début 2018, Rachid a repris le Basilic, café-restau du centre-ville, tenu par son frère Mourad. Auparavant, en 2010, il avait créé de toutes pièces L’Orée du Stade – magnifique salle de réception événementielle – en lieu et place de l’ancienne cafétéria Casino de la Porte de Paris. « Parce qu’on me demandait souvent de privatiser L’Escargot pour des mariages, des anniversaires… Mais c’était trop petit. » Il a aussi développé un service traiteur pour L’Orée. Un sens du commerce doublé d’un sens du service, sans doute la recette de sa longévité professionnelle. Les soirs de rencontre rugbystique et de fiesta dans son troquet, il garde ses clients « jusqu’au petit matin, à l’ouverture du métro ». « Je n’ai pas d’horaires fixes », précise-t-il. Il vit à son rythme. « J’ai déjà donné », dit cet homme façonné par une vie de labeur. Tranquille, sa maison au-dessus de la tête, comme tout bon gastéropode qui se respecte.

(1) Nous y reviendrons dans un prochain « Côté commerce ».

Réactions

Bonjour, J'avoue ne pas comprendre comment vous pouvez faire l'éloge d'un commerçant qui a planté sa verrière sans respecter la réglementation. Privatisation de l'arbre du trottoir et non respect des distances pour le passage d'un fauteuil roulant Quelle honte.

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur