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/ La Comédie-Française exporte Molière

Pour la seconde fois, la troupe de la Comédie-Française jouera au CDN dionysien. Soit cinq représentations exceptionnelles des Fourberies de Scapin, mis en scène par Denis Podalydès.
Les Fourberies de Scapin, une pièce classique du patrimoine français, jouée plus de 1 500 fois à la Comédie-Française. Crédit : Christophe Raynaud de Lage, coll. Comédie-Française
Les Fourberies de Scapin, une pièce classique du patrimoine français, jouée plus de 1 500 fois à la Comédie-Française. Crédit : Christophe Raynaud de Lage, coll. Comédie-Française

Tout comme en 2017, c’est la Comédie-Française qui ouvre la saison du TGP. L’an dernier c’était avec Vania, magistral et émouvant spectacle monté par Julie Deliquet d’après Tchekhov, cette année c’est avec Les Fourberies de Scapin, de Molière, autre auteur fondamental de théâtre, mis en scène par Denis Podalydès.

Ce classique du fondateur de la Comédie-Française, écrit en 1671, est présenté au TGP du 19 au 23 septembre, pour cinq représentations exceptionnelles. Pour ceux dont les souvenirs scolaires s’estompent, rappelons l’argument de la pièce.
La scène se déroule à Naples. En l’absence de leurs pères, Argante et Géronte, Octave et Léandre se sont épris respectivement de Hyacinte (qu’Octave a épousée) et Zerbinette. Mais voilà que les pères reviennent pour le plus grand désarroi des fils : comment Argante va-t-il réagir à cette mésalliance, Hyacinte étant pauvre et de naissance inconnue ? Octave fait appel à Scapin, valet de Léandre, pour contrecarrer le dessein de son père qui veut briser ce mariage clandestin... C’est le point de départ de quiproquos, de ruses et de mensonges, en un mot de fourberies toutes plus cruelles et drôles les unes que les autres.

 


Une pièce classique du patrimoine français

Jouée plus de 1 500 fois à la Comédie-Française, cette pièce n’y avait plus été montée depuis vingt ans. C’est Éric Ruf, le directeur du Français, qui a demandé à Denis Podalydès de s’y atteler.

« J’ai hésité et lorsque j’ai trouvé les trois acteurs pour jouer les deux pères et Scapin, j’ai dit oui. Car c’est un théâtre d’acteurs, c’est une magnifique partition pour eux », confie le metteur en scène qui a donc construit le spectacle autour de Benjamin Lavernhe (Scapin), Didier Sandre (Géronte) et Gilles David (Argante).

Comment monter aujourd’hui cette pièce qui fait partie du patrimoine du théâtre ?

« C’est effectivement un classique et une très grande pièce, répond Denis Podalydès. Nous avons cherché à rendre vivantes toutes ses potentialités et l’intensité des situations tout en faisant résonner la langue de Molière qui est très actuelle. Elle a toujours quelque chose à nous dire sans avoir besoin d’en rajouter, elle est vivante aujourd’hui. Les dialogues, les caractères ont leur propre énergie et s’adressent à un public universel. Cette histoire de fils mariés contre la volonté de leurs pères est une fable intemporelle. »

Et au milieu de tout cela, il y a le personnage de Scapin. « Il n’est a priori pas sympathique, en mettant ses mensonges au service de l’argent. Mais c’est plus profond que cela. Derrière la fable napolitaine, il y a un portrait drôle et noir de la propre vie de Molière, acteur qui doit jouer devant les puissants pour en tirer de l’argent pour pouvoir jouer... Il y a là quelque chose qui ne change pas dans les rapports entre les classes sociales, et entre les générations. »

 

« J’espère que le public viendra sans être intimidé »

Denis Podalydès a demandé au grand couturier Christian Lacroix de créer les costumes du spectacle. « Cela fait douze ans que nous travaillons ensemble, depuis Cyrano de Bergerac, souligne Denis Podalydès.
On ne s’est plus quittés. C’est sa manière de travailler qui m’a séduit, avec beaucoup d’attention, d’imagination nourrie d’une très grande culture. Il a étudié comment étaient habillés les gens à Naples au XVIIe siècle, mais sans réaliser des costumes d’époque tels qu’on les voit habituellement. Christian a retenu des tissus particuliers, les a agencés, les a coupés de manière à ce que les personnages sur scène soient vivants et chargés d’énergie.
Les costumes portent les acteurs, les lancent dans l’espace... Ce fut d’ailleurs la même démarche avec la scénographie d’Éric Ruf, qui a créé un lieu un peu trouble du port de Naples, piégeux, accidenté, un terrain fort utile pour Scapin et ses fourberies !
 »

Présenter son spectacle à Saint-Denis, prélude à une grande tournée, n’est pas anodin pour Denis Podalydès.
« Pour la Comédie-Française, c’est capital de sortir de chez elle. Le public a souvent des scrupules à s’y rendre. Il y a comme un malaise vis-à-vis du théâtre. Il faut donc aller en province et en périphérie. Ici, j’espère que le public viendra sans être intimidé. On doit aider et défendre ces théâtres comme le TGP qui sont menacés par les coupes budgétaires, par une certaine désaffection de la critique. Il y a pourtant dans ces théâtres de grandes figures théâtrales comme Jean Bellorini, qui est un créateur très vif. Il faut l’aider et si la Comédie-Française peut participer à cela, il faut le faire ! »

 

Benoît Lagarrigue
 

Les Fourberies de Scapin, du 19 au 23 septembre au TGP (59, boulevard Jules-Guesde, salle Roger-Blin), du mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h. Durée : 1 h 45. Tarifs : 6 € à 23 €. Réservations : 01 48 13 70 00 ; www.theatregerardphilipe.com

Réactions

Je ne pense pas qu'il y ait énormément de Dionyiens à ces représentations. La publicité en a été extrêmement mal faite...Quand j'ai appelé le théâtre la semaine dernière, aussitôt après avoir appris dans le petit livret "Sortir" que la Comédie Française jouait à Saint-Denis, on m'a informée qu"il ne restait aucune place...Les Parisiens ont certainement été mieux informés et ont pu réserver leurs places en juin...

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