À la une Cultures

Projection vidéo
/ La basilique vue de leurs fenêtres

Une cinquantaine de Dionysiens ont réfléchi à ce que représente pour eux la cathédrale, dans le cadre du projet « La basilique vue de chez moi ». Vendredi 15 et samedi 16 décembre, leurs paroles et leurs photos ont été projetées sur le monument en un mapping poétique.

Que sait-on de la basilique ? « Les rois y ont été enterrés » avance Mehdi. « C’est un repère, la base, le cœur […] Mais il y a des têtes un peu flippantes », selon Soraya. « Ma petite-fille adore faire de la patinette sur le parvis », confie Martine. « Elle m’a vu vieillir », témoigne quant à lui José… Avec leurs mots, une cinquantaine de Dionysiens ont tenté de définir ce que représente la cathédrale à leurs yeux. Impénétrable pour certains, fascinante pour d’autres, elle fait partie du paysage, à tel point qu’on ne la remarquerait même plus, « plus personne n’y fait attention, c’est devenu un arbre, un objet », comme l’assure Ouahid. Oui, elle fait partie du décor.

Vendredi 15 et samedi 16 décembre à la tombée de la nuit, les mots accompagnés des portraits des participants étaient projetés sur la façade de cet édifice « cultuel et culturel ». Leurs interviews et photos seront mises en ligne sur un site pour l’heure en construction. Ces clichés sont le fruit d’un travail collectif encadré par le photographe dionysien Aiman Saad Ellaoui et réalisé dans le cadre du projet « La basilique vue de chez moi » proposé par le Centre des monuments nationaux (CMN) en partenariat avec l’association Franciade. À chaque session plusieurs plans ont été prévus : une prise de vue de la basilique depuis leurs fenêtres, les Dionysiens photographiant eux-mêmes la cathédrale, et leur portrait avec celle-ci en toile de fond. « Certains la voyaient sans la voir […] Je n’ai pas été initié à l’histoire de la ville et à son plus bel étendard, la basilique, et pourtant elle est un vecteur d’intégration hors-norme, saluait Aiman dans son discours donné lors du vernissage. Je connais la basilique avec sa seule tour, j’apprendrai à l’aimer restaurée avec, demain peut-être, deux tours » en référence au projet de remontage de la flèche. « Prenez-la en photo et diffusez la magie de Saint-Denis ! »

À chaque séance photo, deux membres de Franciade – Vanina Bartoli et Basma Fadhloun – ont mené les entretiens afin d’expliciter le lien, parfois touchant, qu’entretiennent les Dionysiens avec « leur » basilique. C’est le cas de Sofiane, dont la fenêtre donne directement sur la cathédrale, et qui avoue que « la nuit elle n’est qu’à moi (sic) ». « Ce qu’il est ressorti des interviews c’est ce sentiment d’appartenance de la basilique à la ville, décrit Vanina Bartoli. Les habitants en tirent beaucoup de fierté. » Quand bien même une bonne moitié des Dionysiens interrogés n’y ont jamais mis les pieds. En cause, des interrogations religieuses, sa présence devenue banale et les tarifs élevés (l’accès à la nef est gratuit, la visite de la crypte payante).

Le mapping poétique, conçu par Olivier Crouzel, qui a découlé de ce travail avec les habitants, n’est que la première étape d’un projet plus conséquent baptisé « La basilique est à nous ! ». Le projet se développera sur deux ans avec un nouveau volet bientôt lancé, dont la finalité est l’édition d’un abécédaire (amoureux) de la basilique, et sa restitution théâtrale. Des ateliers d’illustration et d’écriture sont planifiés dès janvier 2018 et seront encadrés par la troupe dionysienne la Compagnie Terraquée et des artistes locaux tels que l’illustratrice Luna Granada des éditions de L’Avant-Courrier. Ces initiatives ont pour but de permettre la réappropriation de ce lieu emblématique par les habitants de Saint-Denis. Un « processus de démocratisation d’accès à la culture » défendu par le CMN qui fait écho à l’opération « Les Grandes robes royales » menée il y a quelques années avec le styliste Lamyne M et des Dionysiens. La nécropole des Rois de France n’a pas fini de faire parler d’elle…

Maxime Longuet

Informations et inscriptions aux ateliers à adresser à : franciade.vanina@yahoo.fr ou au 01 42 43 27 10.

Réactions

Il y avait très peu de présents pour ces projection. En fait pas beaucoup plus que de participants à ce projet... On aimerait savoir combien a pu coûter cette réalisation pour si peu de succès ?
C'est dommage, cette Basilique est pourtant respectable et appartient à l'ensemble de la France et des Français ! n'est pas François Ier qui veut ! Saint-Denis ne cesse d'exceller dans son rayonnement inexistant, son identité au rabais, sa renommée violente et son absence de touristes venus des 4 coins du Monde... Nous avons préférés emmener les enfants à Enghien. Là-bas il proposait des étoiles dans les yeux des enfants avec les projections sur les monuments,de l'émerveillement avec les artistes conteurs et chanteurs... du partage en chanson et en jeu. Combien de nos impôts pour ce non-événement -Mairie? Pourquoi ne nous est-il jamais proposé l'accès au BEAU dans cette ville? Démocratiser l'art ainsi , quel scandale et malhonnêteté ! (Musées Nationaux gratuits le 1er dimanche du mois, ouf nous sommes sauvés)

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
ATTENTION : Afin d'éviter les abus, les réactions sont modérées 'a priori'. De ce fait, votre réaction n'apparaîtra que lorsqu'un modérateur l'aura validée. Merci de votre compréhension.
CAPTCHA
Cette question nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.