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Festival de Saint-Denis
/ La basilique porte haut L’Orfeo

L’œuvre de Monteverdi, considérée comme le premier opéra de l’histoire, sera donnée le 20 juin par le chœur de chambre de Namur et l’ensemble Capella Mediterranea dirigés par Leonardo Garcia Alarcon. À la mise en scène, le directeur du TGP Jean Bellorini.
Leonardo Garcia Alarcon et Jean Bellorini vont présenter leur lecture de L'Orfeo de Monteverdi mardi 20 juin dans la basilique.
Leonardo Garcia Alarcon et Jean Bellorini vont présenter leur lecture de L'Orfeo de Monteverdi mardi 20 juin dans la basilique.

Le crépuscule diffuse sa lumière vespérale entre les vitraux de la basilique esquissant un paysage onirique pour L’Orfeo de Monteverdi, œuvre liminaire dans l’histoire car considérée comme étant le premier « véritable » opéra. Pour cette première de L’Orfeo donné dans le cadre du Festival de Saint-Denis, on retrouvait le chœur de chambre de Namur et l’ensemble Capella Mediterranea dirigés par son fondateur, le chef argentin Leonardo Garcia Alarcon. La mise en scène a été confiée à Jean Bellorini, directeur du Théâtre Gérard-Philipe. Pour sa deuxième création commune, le binôme s’est attaché à rendre splendide ce sommet de la musique.

« C’est la pierre fondamentale de l’histoire de la musique. Monteverdi a créé un laboratoire musical pour nous montrer ce qu’est réellement un dramma per musica, un texte mis en musique », détaille Leonardo Garcia Alarcon maître ès-Monteverdi qui a longtemps tourné à l’international avec cette pièce fondatrice. Là où Giulio Caccini expérimentait une approche monodique de la musique avec Eurydice (1600) et jetait les bases du théâtre lyrique, Monteverdi choisissait de consolider l’effet dramatique grâce à la virtuosité des voix solistes et des chœurs. « Il (Monteverdi) a vraiment inventé la technique et l’esthétique de l’opéra, poursuit Alarcon. C’est pour cela que c’est une œuvre révolutionnaire. Il y a eu un avant et un après sans aucun doute. »

À l’image de la nuit tombante, le mythe d’Orphée nous fait basculer de l’innocente allégresse à la tragédie. Alors qu’Orphée, le fils d’Apollon, célèbre avec les nymphes et les bergers de Thrace son mariage à venir avec Eurydice, la Messagère lui apprend le décès de celle-ci. Dévasté par cette nouvelle, le talentueux joueur de lyre décide de défier le destin et de récupérer sa bien-aimée. Après avoir usé de ses talents de musicien pour pénétrer dans les Enfers, Orphée se confronte à Pluton. Le maître des lieux lui octroie le droit de ramener sur terre Eurydice mais à une seule condition : Orphée ne doit pas se retourner sur sa femme durant son retour dans le monde des vivants. Évidemment, habité par une tentation trop grande, Orphée ne tient pas promesse et Eurydice est perdue à jamais. « C’est une histoire très simple qui nous parle de thèmes universels comme l’amour, la mort, le désir de pureté, confie Jean Bellorini. J’aime la simplicité du récit qui me permet de me concentrer sur la profondeur poétique des sentiments, de chaque état. J’essaie de faire comprendre aux chanteurs comment, à force d’étirer cet état, on finit par le chanter. »

Orfeo (épisode #1) from OLEO FILMS on Vimeo.

Quant à la mise en scène, Bellorini a entrepris un chantier à la mesure de l’événement. « On connaît les contraintes de la basilique et l’idée était de partir de celles-ci pour faire entendre cette histoire, raconte le directeur du TGP. Il y a aussi un décor spectaculaire car on doit habiter la basilique. Dans ce lieu, on peut essayer de recréer des espaces différents, traverser le public, aller au-delà d’un rapport frontal. Oser toutes ces ampoules, ces effets, cette grande roue, la nacelle, c’est assez extraordinaire. En fonction des lieux de création, la mise en scène change. Dans la basilique c’est poussé à l’extrême. »

Leonardo Garcia Alarcon, impressionné par la basilique lors de La Dernière Nuit en 2015 (première collaboration avec Bellorini) est à nouveau transi par la puissance évocatrice du lieu. « J’étais touché, surpris de tout ce que ce lieu a pu donner à la musique et à notre imagination, se souvient-il. On est comme à l’intérieur d’un instrument. La spatialisation en musique baroque est indispensable et la basilique peut nous amener à commettre des folies… » Les deux acolytes collaboreront à nouveau l’an prochain pour le Festival de Saint-Denis qui leur témoigne ainsi toute sa confiance et illustre une complicité qu’on espère durer encore.

Maxime Longuet

ECRAN GEANT PREVU SUR LE PARVIS DE LA BASILIQUE

Mardi 20 juin à 20h30 dans la basilique. Adresse : 1, rue de la Légion d’Honneur – Saint-Denis. Tarifs : De 19 à 50 euros. Billeterie en ligne :  http://festival-saint-denis.com/fr/infos-locations/

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