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Exilés de Paris 8
/ L’ombre de l’expulsion plane

Les 150 réfugiés de Paris 8 et les soutiens qui les accompagnent dans leur lutte depuis le 30 janvier, sont bien décidés à continuer l’occupation malgré la menace d’expulsion imminente et l’échec des négociations.
Le bâtiment A de Paris 8 est occupé depuis le 30 janvier
Le bâtiment A de Paris 8 est occupé depuis le 30 janvier

Ils sont arrivés à Paris 8 en plein hiver, il y a presque cinq mois, grâce à l’aide d’étudiants solidaires à la cause des sans-papiers. Depuis, ils sont devenus les habitants du bâtiment A, transformé en refuge et terrain de revendication. Ces migrants sont pour la plupart originaire du Tchad, de Somalie, de Guinée, du Soudan. Avec leur comité de soutien, ils demandent la régularisation de leur situation et des solutions d’hébergement. Mais la présidente de la faculté, Annick Allaigre a été claire : les exilés devaient partir avant le 17 juin sous peine d’être expulsés de force par la police. « On va rester ici même si la police vient », affirme Muhamad, un tchadien de 19 ans. Il est arrivé en France en 2017, par la Libye et ne souhaite pas en dire plus sur les conditions de son arrivée dans l’Hexagone. Samedi 16 juin, lors d’une assemblée générale convoquée d’urgence par des exilés sous tension, en raison de l’évacuation imminente, plusieurs d’entre eux ont réitéré leur volonté de rester dans la fac. « Nous ne partirons pas. Nous sommes là depuis le 30 janvier et on n’a jamais vu la police. On signifie à la présidence et à la police qu’on est là. On les attend », expliquait un sans-papier dont les propos sont traduits en français.

Incertitude

Suite à l’échec des négociations, les personnes solidaires qui aident les migrants depuis le début de la lutte, multiplient les réunions. Objectif : s’organiser en vue de l’expulsion qui s’annonce. Lundi 18 juin, au soir, le comité de soutien fait savoir dans un tweet que selon leurs infos, « l’évacuation policière est prévue pour 4h du matin » mardi 19 juin. Mais le matin venu, rien. « Nous étions près de 300 cette nuit à Paris 8, pour nous opposer à l’expulsion par la police des exilés qui occupent l’université. C’est notre détermination qui a permis que l’expulsion n’ait pas lieu cette nuit », indique un de  leur communiqué partagé sur les réseaux sociaux. Dans leur combat, les réfugiés ont réussi à glaner une petite victoire. Une trentaine d’entre eux pourront s’inscrire à l’université pour la rentrée de septembre. « C’est un point qui avait été négocié dès le début avec la présidente », explique Marianne, membre du comité de soutien aux exilés. Une bien maigre consolation, « il y a beaucoup de tristesse et d’inquiétude de la part des exilés », rapporte la jeune femme qui a notamment géré l’argent pour la nourriture des occupants pendant plusieurs mois. Elle espère désormais que l’expulsion se passera « le moins mal possible ».

Yslande Bossé

Pour en savoir plus: 

Réactions

Madame la journaliste, vous écrivez : "Ils sont arrivés à Paris 8 en plein hiver, il y a presque cinq mois, grâce à l’aide d’étudiants solidaires à la cause des sans-papiers.". Non madame, il ne s'agissait pas d'étudiants solidaires mais des "noborders" venus faire la "révolution" prenant pour prétexte le désarroi de pauvres gens; Ces noborders sont des voyous ultra violents qui ont saccagé le bâtiment A du Campus. La cause des migrants et surtout l'accueil des migrants méritent d'être défendus par autre chose que ces vandales.
Exilés ? Non, ce sont des sans papiers pour certains demandeurs d'asile..

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