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Jeux olympiques et paralympiques 2024
/ L’essentiel de l’héritage semble assuré

Image inédite du nouveau projet pour la Plaine Saulnier, avec le stade de Water-Polo en dur et le bassin de natation provisoire
Image inédite du nouveau projet pour la Plaine Saulnier, avec le stade de Water-Polo en dur et le bassin de natation provisoire

Nicolas Ferrand avait annoncé dans ces colonnes début mai des arbitrages importants concernant les sites olympiques à l’occasion du passage à Paris des membres de la commission de coordination du Comité international olympique (CIO) les 18 et 19 juin. Le directeur général de la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) avait vu juste. Jeudi 14 juin, l’État, la Solideo, le Comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo) et les collectivités locales ont signé un protocole de cofinancement « pour des JOP ambitieux pour toute la France ». Que retenir de cette nouvelle maquette financière ? Qu’au final les investissements, menacés par le rapport de l’inspection générale des finances en date du 30 mars, sont globalement préservés. Ainsi les grandes lignes du projet initial du village olympique (Saint-Denis - Saint-Ouen - L’Île-Saint-Denis) ne bougent pas, ou à la marge, avec une jauge maintenue à 17 000 lits et un périmètre de 51 hectares inchangé. La réalisation de l’échangeur de l’A86 à Pleyel est bien budgétée (95 millions d’€), tout comme la passerelle reliant Saint-Denis à L’Ile-Saint-Denis (22 M€). La réalisation d’une protection phonique au sud et au nord du pont de l’A86 le long du village est bien inscrite également (6 M€) tout comme l’enfouissement des lignes à très haute tension, conditionné cependant à un apport complémentaire de 45 M€, pour un investissement total de 70 M€. Les aménagements des abords du canal Saint-Denis sont maintenus (13 M€) ainsi que l’enveloppe affectée aux travaux du Stade de France et ses environs (50 M€) ou encore la passerelle piétonne par-dessus l’A1 entre ce même Stade de France et le futur complexe aquatique (21 M€).

Projet de centre aquatique très remanié

Les principales évolutions concernent justement le centre aquatique olympique de la Plaine Saulnier (face au Stade de France, de l’autre côté de l’A1) et le site de Marville. Mais là encore l’essentiel semble préservé en termes d’héritage post-olympique. Si le bassin de compétition de natation (50 m) et celui d’échauffement (partie ouest du site) seront provisoires et donc à la charge du Cojo (40 M€) afin de ne pas grever les finances publiques, le site de la Plaine Saulnier, sur sa partie est, accueillera le water-polo prévu initialement à Marville. Ainsi Saint-Denis héritera après les Jeux d’un bassin de 50 m avec 10 lignes d’eau et d’un second bassin de 25 m avec 8 lignes d’eau. Ce stade aquatique de water-polo (90 M€), d’une capacité de 5 000 places pendant la compétition sera ensuite réduit à 2 500 places (extensibles pour accueillir les grandes compétitions internationales). Son plancher amovible devrait permettre aussi bien la pratique du plongeon que de la natation. Le bassin d’échauffement du water-polo sera pour sa part provisoire. Les trois bassins temporaires de la Plaine Saulnier seront mis à la disposition de la Seine-Saint-Denis après les Jeux, dans le cadre du « plan piscine » du Département. Un plan piscine au passage abondé à hauteur de 15 M€. Délesté du water-polo, le site de Marville n’est pas abandonné pour autant. Une piscine d’entraînement de 50 m et 9 lignes d’eau y sera réalisée pour un montant de 25 M€. Plus globalement une enveloppe de 90 M€ est provisionnée pour l’ensemble des sites d’entraînement olympiques. Nouveauté, Marville devrait également accueillir une grande fan zone pendant les Jeux afin d’encourager la participation de la population à l’événement. À ce titre, l’aménagement du cheminement entre le parc des sports et les Six-routes à La Courneuve est maintenu (5 M€.)

Le maire de L’Île-Saint-Denis pas convaincu

Selon ce nouveau tableau, l’enveloppe globale d’1,4 milliard d’€ d’investissement public pour l’ensemble des Jeux serait ainsi respectée, sans risque de dérapage extravagant. Dans un communiqué commun, Patrick Braouezec (président de Plaine Commune), Laurent Russier (maire de Saint-Denis) et Gilles Poux (maire de La Courneuve) se sont félicités de la signature de ce nouveau protocole qui « respecte l’héritage urbain » (1). Un communiqué que n’a pas signé le maire de L’Île-Saint-Denis, l’élu ayant refusé de cautionner ce nouvel accord financier. « À ce stade, les conditions ne sont pas encore réunies, estime Mohamed Gnabaly, toujours dans l’attente des délibérations de la Métropole du Grand Paris, de la Région, du département des Hauts-de-Seine et de la commune de Villeneuve-la-Garenne », concernant l’enfouissement des lignes à très haute tension. Pour les murs antibruit, le long de l’A86, le compte n’y est pas pour le maire de L’Île-Saint-Denis : « Leur financement à hauteur de 6 M€ est notoirement insuffisant pour une protection phonique complète. » Enfin l’édile questionne l’avenir du Village olympique : « Le financement de la réversibilité des installations n’est à ce jour pas traité dans la maquette financière. »

Le contre-projet du comité de vigilance

Autre son de cloche discordant : celui du Comité de vigilance des JOP 2024 à Saint-Denis, qui présentait au public  samedi 16 juin, place du 8-Mai-1945, son « Projet populaire pour 2024 ». Un projet co-signé par 12 autres collectifs (2) qui vise « à passer à une autre étape. Nous ne sommes plus dans la réaction aux propositions des organisateurs, explique-t-on au Comité de vigilance. Le véritable héritage ne se situe pas au niveau des infrastructures d’où notre carte des propositions qui se veut évolutive et citoyenne ». Un projet global sur le thème « qu’est-ce que les habitants auraient voulu pour 2024 ? Comme ça le CIO ne pourra pas faire comme s’il n’était pas au courant (3). Nous avons produit le point de vue des habitants, ce que n’a pas fait le Cojo ». Entre autres requêtes : l’enfouissement de l’A1, le respect de l’intégrité du parc départemental, des logements sociaux accessibles aux habitants du territoire, le doublement du nombre de piscines ou encore la représentation des habitants dans les institutions décisionnelles (Cojo, Solideo). Les Jeux ont encore six ans pour mettre tout le monde d’accord.

Yann Lalande

(1)   Plaine Commune réunira avant l’été le comité de suivi « Faites vos Jeux » afin de partager ce nouveau concept des Jeux et les prochaines étapes.

(2)   Comité de vigilance JO Saint-Ouen, Pleyel à venir, Comité pour l’enfouissement de l’A1, Collectif Lamaze, Notre parc n’est pas à vendre, Collectif pour la défense et l’extension du Parc Georges-Valbon, Union des associations des riverains du Stade de France, Conseil citoyen Saint-Denis centre-ville, Copros libres Saint-Denis, Collectif CNL Courtille-Floréal, Collectif SFC, Collectif eau publique Plaine Commune. 

(3) Mardi 19 juin, le comité de vigilance a pu finalement présenté son projet à Robert Roxburgh membre du CIO

Réactions

Bonjour. @Yann.lalande Vous auriez du préciser que Laurent Russier s'est engagé à prendre en charge (tout ou partie) de l'entretien de la piscine olympique (Cf. le parisien). Je pense P. BRAOUEZEC a du le pousser pour qu'il signe en bas de la page. Si l'héritage des jeux est de payer des équipement pas adapté à la population, les élus n'aurait pas du soutenir le projet de JO. A t il mesurer les coûts d'un tel équipement dans une ville ou les habitants sont plus préoccupés par le quotidien (transports, écoles, sécurité). Un financement est il prévu autre que le levier fiscal?? Pour l'instant, je ne vois que des coûts et la facture que le contribuable doit payer.
@Azzedine les cas présent vous tordez les faits pour alimenter vos griefs systématiques en direction des éternelles mêmes personnes. Laurent Russier ne s'est absolument pas engagé à prendre en charge tout ou partie de l'entretien de la piscine olympique. Ce n'est d'ailleurs pas ce que dit Le Parisien de ce vendredi 22 juin. En tant principal réservataire de couloirs de nage, à destination notamment des élèves dionysiens, la ville de Saint-Denis a évidemment vocation participer financièrement au fonctionnement de l'équipement au prorata de l'usage qu'elle en fera. Pour le reste la question de la gestion du centre aquatique n'est absolument pas tranchée à ce stade. La structure qui en aura la gestion et son organisation ne sont pas connues. Cordialement Yann Lalande
En novembre 2024 pour atteindre l'équilibre financier de cette future piscine olympique il faudra que celle-ci accueille de nombreux clubs des écoles et/ou la fédération française de natation. Espérons qu'il reste quelques créneaux horaires disponibles pour le public.
Bonjour. @Yann.lalande Dans le parisien, je cite: "Laurent Russier s'est engagé à participer au fonctionnement du futur équipement" Participer... En terme technocratique, c'est contribuer financièrement au fonctionnement d'une piscine olympique. Quel est l’intérêt d'avoir un équipement aussi coûteux pour une ville comme Saint Denis qui est en déficit de piscine à taille humaine?? Il manque des piscines mais pas de piscines olympiques. Et vu son futur emplacement, elle ne sera pas super accessible à la majorité des habitants de la partie nord de la ville. Je vous rappelle les faillites collectives des précédents JO qui ont mis à genoux les villes hôtes. Paris comme Saint Denis n'y couperas pas.
là on parle de dépenses de quelques millions d'euros par ci par là aucun rapport avec l'article: le sénat coûte au niveau frais de fonctionnement 350 millions d'euros par an pour 347 sénateurs à quoi sert le sénat à rien !!!!! tapez "palais de la honte sur le sénat" pour les détails sur le net

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