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Débat
/ L’eau, ressource publique ?

Son approvisionnement ne doit plus être confié à Veolia, mais à une régie publique. C’est ce que défendent les élus du groupe REVE en demandant le retrait de la Ville du SEDIF, dont ils dénoncent les liens avec la multinationale.
La Compagnie générale des eaux devenue Véolia approvisionne les communes du SEDIF, dont Saint-Denis depuis 1923.
La Compagnie générale des eaux devenue Véolia approvisionne les communes du SEDIF, dont Saint-Denis depuis 1923.

L’approvisionnement en eau potable doit-il rester l’affaire de sociétés multinationales, telle Veolia ou Suez ? Ou doit-il être assuré par une régie publique, comme en a constitué en 2010 la Ville de Paris ? Voilà bientôt dix ans que la question est soulevée dans bon nombre de communes et intercommunalités adhérentes du SEDIF. 150 communes de la grande et de la petite couronnes, dont les 9 de Plaine Commune, sont aujourd’hui adhérentes de ce Syndicat des eaux d’Île-de-France qui depuis sa création en 1923 a toujours attribué le marché à la même entreprise, l’ex Compagnie générale des eaux, puis Vivendi, à présent Veolia. Lors du dernier renouvellement de contrat en 2010, « on a perdu le combat qu’on était une petite minorité à mener au sein du SEDIF », raconte Madjid Messaoudene, qui était alors au nombre des 150 élus délégués par leur commune pour administrer le syndicat.

Une décision à prendre avant le 31 décembre

Aujourd’hui ce conseiller municipal est l’un des militants invités par le groupe REVE, Rouge et vert ensemble pour Saint-Denis, qui appelait à une réunion ce mardi 6 juin à l’hôtel de ville pour relancer le débat au nom de la participation citoyenne à la gestion de l’eau, bien commun à préserver des intérêts privés. « On a une opportunité historique de le faire. » Avec la loi NOTRe instituant la Métropole du Grand Paris, les communautés d’agglomération, devenues établissements publics territoriaux, ont en effet jusqu’au 31 décembre pour se prononcer sur leur maintien au sein du SEDIF. En novembre dernier déjà, les élus de gauche du territoire Grand Orly Seine Bièvre ont lancé un appel pour une eau « 100% publique » comme à Paris où elle serait « 31% moins chère que celle du SEDIF ». À Est Ensemble, où la majorité s’était déchirée en 2010 sur le sujet, le conseil municipal de Bagnolet s’est prononcé fin mars contre une nouvelle adhésion au syndicat, et pour une gestion publique en partenariat avec Eau de Paris, la régie parisienne.

"Des résistances" à Plaine Commune

À l’exemple de Bagnolet, « l’objectif c’est qu’un vœu soit voté par Saint-Denis à la rentrée. La Ville, fait encore valoir M. Messaoudene, représente un quart du territoire en termes d’habitants. Mais il y a des résistances, y compris dans l’administration de Plaine Commune où l’on met en avant cet argument facile : pourquoi changer puisque ça marche ? ». Et alors que le délai est à présent des plus courts, « on a des élus qui cherchent à gagner du temps ». « Il faut que se constituent des collectifs de citoyens pour servir d’aiguillon aux élus. La société civile doit s’emparer du sujet », estime quant à elle Claudie Gillot-Dumoutier, militante du Comité consultatif Lamaze, et ex élue déléguée au SEDIF. « Il faut qu’on se dise que c’est possible et avoir un travail pédagogique pour simplifier le débat, renchérit le maire adjoint Bally Bagayoko. Veolia, c’est 24 milliards d’euros engrangés (chiffre d’affaires 2016, ndlr) et Suez, c’est 15 milliards ! »

Déjà en 2006...

La question est soulevée dans la petite assistance (environ vingt personnes) de la faisabilité technique. « C’est surtout une question de volonté politique ! », tranche M. Messaoudene. En 2006, déjà, après une étude de l’UFC Que Choisir sur les marges abusives des exploitants du service des eaux, en particulier dans les communes du SEDIF, un « appel pour une gestion publique de l’eau en Île-de-France » avait été lancé par le président de Plaine Commune et un élu d’Arcueil. Et en 2008, un rapport était présenté en ce sens par Cécile Ranguin, maire adjointe. Les élus communautaires s'étaient prononcé deux mois après pour un retour en régie publique, mais au sein du SEDIF.

Réactions

Ok pour transformer le Sédif en régie Publique. Sous réserve de foutre dehors tous les barons locaux recasés à des postes qui s'approchent fortement de l'emploi fictif.
l'eau est le 3em secteur le plus corrompu en 2015 après l'armement et le BTP ! Alors que c'est une ressource vitale pour l'humanité. Que font nos gouvernants pour moraliser tout cela, où trempent-ils aussi dans cette corruption, ceci expliquerai cela ? Alors que l'on voit bien que la ressource eau va finir par se raréfier. pour info 60 millions de consommateurs teste des douchettes à économie d'eau et préconise la pose de matériel d'économie d'eau sur les robinets et WC. L'étude montre qu'une famille de 4 personnes peut réduire de 30% sa facture d'eau (de 150 m3 /an à 100 m3) soit 50 m3 d'économie d'eau par an, tout en gardant le même confort. Il est indiqué que ces matériels d'économie d'eau permettent au final une économie entre 217 et 267 € /an ce qui représente 45% de la facture d'eau (30% d'économie pour l'eau et 15% supplémentaire sur l'énergie). plus d'infos sur http://www.activeau.fr/test_60_millions_de_consommateurs.htm
"Pourquoi changer puisque çà marche ?" Il reste encore quelques édiles lucides. Quant aux autres ! Peut-on imaginer que la gestion de l'eau soit confiée à la municipalité ou à Braouezec ? Déjà incapables de gérer la propreté, ils transformeraient la ville en désert.
Commençons par faire le nécessaire pour que cesse les ouvertures de bouches incendies à chaque pics de chaleur de + en + fréquents !!! ce sont des milliers de litres d'eau gâchés à chaque grosse chaleur. Silence M. Messaoudène ? C'est encore la faute de la France ou de l'autre ou encore de la finance ? M. Peu rétablissez les zones de fraîcheur par la plantation des arbres que vous avez lâchement abattu. Pourquoi pour diminuer ce gâchis d'eau potable, la ville n'imiterait-elle pas Bordeaux en proposant "un miroir d'eau" profond de quelques centimètres reflétant la Basilique Royale par exemple et installerait des brumisateurs dans la très petite quantité des petits squares encore vivants ? Oui pour ne plus gâcher l'eau ce bien précieux M. Braouezec et M. Peu ont l'obligation de proposer des alternatives en voici 2. Prendre le pouvoir et vouloir tout gérer c'est honorable mais si seulement ils arrêtaient de jouer au Dorian Gray ...Quand on laisse se gâcher autant de milliers de litres d'eau potable, il est vain que crier haro sur la SEDIF ne croyez-vous pas ?

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