À la une En ville

Mission d’évaluation
/ L’État au rapport

Le député Stéphane Peu participe à l’Assemblée une mission d’évaluation de l’action de l’État en Seine-Saint-Denis. Jamais auparavant une évaluation de ce type n’avait ciblé un territoire en particulier.
La politique de sécurité sera scrutée avec une attention particulière par les députés de la mission d'évaluation
La politique de sécurité sera scrutée avec une attention particulière par les députés de la mission d'évaluation

On a tendance à l’oublier, les députés ne sont pas là que pour voter les lois. « Nous avons aussi une fonction de contrôle de l’exécutif », rappelle Stéphane Peu, député de la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis (Saint-Denis, Pierrefitte) et membre – ainsi que six de ses pairs (1) – de la mission d’évaluation de l’action de l’État dans l’exercice de ses missions régaliennes en Seine-Saint-Denis. Un intitulé à rallonge qui cache une grande première. Jamais auparavant un rapport d’évaluation de ce type n’avait ciblé un territoire en particulier. Une décision justifiée à plus d’un titre pour Stéphane Peu qui, avec Sylvie Charrière, député LREM de la 8e circonscription (Gagny, Rosny-sous-Bois, Villemomble) fera office de régional de l’étape. « La Seine-Saint-Denis est un département mal connu, beaucoup plus fantasmé qu’analysé sérieusement. L’idée est d’objectiver le débat, pour sortir de la caricature et du mensonge. C’est d’autant plus important que ce territoire tend un miroir grossissant des enjeux de société au reste du pays. Or l’État n’est pas au rendez-vous de la promesse républicaine, ici encore plus importante qu’ailleurs. »

Vraiment prioritaire la Seine-Saint-Denis ?

Les députés vont donc se pencher sur les questions de sécurité (police nationale), de justice (tribunal de grande instance, tribunaux d’instance et de commerce et conseil de prud’hommes) et d’enseignement (écoles et collèges). Car pour ces trois grandes missions de l’État, il semble sérieusement que le bât blesse. Trois exemples. En 2015, la Seine-Saint-Denis comptait à elle seule 7,7 vols violents sans arme pour 1 000 habitants quand la moyenne en France métropolitaine était de 1,5. Le TGI de Bobigny, le deuxième de France par son volume d’affaires avec 30 000 affaires pénales par an et 1 500 jugements liés au seul trafic de stupéfiants en 2015, est loin d’être le mieux doté de l’Hexagone. En 2014 la Seine-Saint-Denis concentrait la moitié des enseignants contractuels de tout le pays. Comme indiqué dans la note de cadrage, l’évaluation va donc poser trois grandes questions : quel est le degré de connaissance par l’État du terrain très particulier que constitue le 93, quelle est la capacité de l’État à évaluer sa propre action dans ce territoire et enfin, surtout, quelle est la réalité du traitement prioritaire dont a bénéficié la Seine-Saint-Denis de la part de l’État ?

Des préconisations à venir

Une question qui fait d’ores déjà bondir Stéphane Peu : « Certains laissent entendre que les banlieues populaires coûtent cher à l’État, alors qu’en fait elles sont sous-dotées s’agissant des politiques de droit commun. Quand les élus locaux font ce constat, les services de l’État nient. Un exemple : personne n’a jamais réussi à connaître le chiffre de policiers dans le département. Cette fois on va l’obtenir ! » Le député réfute donc d’enfoncer des portes ouvertes avec cette mission et surtout refuse par avance que le rapport à venir prenne la poussière sur une étagère, comme tant d’autres précédemment. « Nous avons débuté les tables rondes et les auditions. Notre idée est de s’adresser notamment à des responsables qui ne sont plus en activité afin d’être au plus près d’une certaine vérité. Nous avons aussi des visites de terrain au programme. L’idée est de faire remonter le vécu des habitants et des associations. Nous avons donc demandé un délai pour pouvoir présenter avant l’été un rapport le plus solide possible, accompagné de préconisations. Les problèmes qu’on va mettre sur la table sont le résultat de plusieurs décennies de défaillance et le fruit de l’action de plusieurs gouvernements. C’est pourquoi cette fois je peux vous garantir que nous suivrons la mise en œuvre des préconisations. » Les députés ont l’air décidé à veiller au grain. Le message est clair : plus moyen de faire l’autruche.

Yann Lalande

(1) François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokuendo (LREM), les rapporteurs, Laetitia Avia (LREM), Anne Brugnera (LREM), Sylvie Charrière (LREM), Elise Fajgeles (LREM)


Réactions

Bonsoir. Tous cet article pour nous montrer que le député S. PEU bosse. C'est limite un publireportage. Il a pas bossé à l'urbanisme dans la ville.... Ça se saurait vu l'état de la ville. Bref passons. Ce qui me gène ici. C'est qu'au bout de 30 ans d'inaction de l'état des élus locaux, on ose encore faire un énième rapport sur le 93. Scène surréaliste d'élus, j'inclus S. PEU, encore déconnecté des réalités. C'est comme l'étude proposée à laquelle on donne 20 000€ pour étudier les causes du pourrissements de vieux immeubles. On est plus à l'heure de constat. En participant à cette étude, S. PEU est encore dans le constat et pas dans l'action. Il est de ce fait complice de ce rapport et du délai forcément long. Et imaginer parce qu'il est la, on ne va pas enterrer le rapport, il est encore bien naïf sur le fonctionnement de l'assemblée nationale. Je le cite : "C’est pourquoi cette fois je peux vous garantir que nous suivrons la mise en œuvre des préconisations." Cette naïveté en deviendrait presque touchante.... Mais connaissant S. PEU et son inaction, ce ne sont que des promesses. Il n'est pas absolument pas tenu de les tenir. Et il sera tranquille. Comme ses comparses D. PAILLARD et P. BRAOUEZEC avant lui. Plein de promesses, aucun résultat mais il reste tranquille. Les chiffres, les constats, les problèmes sont connus. Ce n'est pas un épiphénomène.... Et une énième étude, une énième réunion. Encore de la perte de temps, d’énergie et d'argent publique...
Mai Azzedine quand allez vous proposer quelque chose. Cela nous changera de vos sempiternelles refrains. On a compris vous détestez cette ville ses habitants et ses élus. Vous devez souffrir de masochisme aigu pour rester vivre à St-Denis. Vous devenez lourd par vos lancinantes "conneries"
A quand une mission d'évaluation des élus de Saint-Denis conduite par des citoyens dionysiens tirés au sort ?
Bonjour. @Démocratie. Sinon vous avez des arguments contre mes "conneries"??? A part l'insulte et le mépris.... Vous n'avez rien à dire. Vous ne pensez pas que les études finissent par lasser? Répondez moi juste à cette question. Je ne déteste pas la ville ou j'ai grandi. Je déteste ce qu'elle est devenu et les élus qui ont permis ce naufrage. J'ai déjà fait une liste de proposition... Mais elles sont en totales opposition avec le logiciel des élus de cette ville.
Azzedine, osez il vous faut publier à l'attention des internautes fidèles à ce site (dont vous êtes un des piliers) votre liste de propositions. Pour votre lassitude des études, comment faire autrement pour démontrer l'abandon et la relégation par l'état régalien de ces territoires. Comment montrer les conséquences des attitudes discriminantes autrement que par des analyses sociologiques sérieuses. Enfin un député fait de la vie des habitants de ces territoires sa première préoccupation. C'est plutôt une bonne chose, à suivre bien évidemment. Allez ,nous attendons avec impatience la liste de vos propositions.
Bonjour @Démocratie Concernant les études. Je pense qu'elles ont DEJA été mené... Les constats existent. La documentation aussi. Les rencontres ont déjà été faite. J'ai pas l’impression qu'on part de zéro. Les constats sont déjà établies. Ce que je condamne c'est le fait de remettre le couvert sur un énième étude sur le 93. Je ne crois pas un instant que la préoccupation de S. PEU soit la population. Le pouvoir déconnecte les gens. C'est un sentiment de toute puissance. Le pouvoir peut rendre fou. Les propositions je les avait déjà écrite sur le JSD mais je les remets pour votre bon plaisir.... Et des autres. 1 - Plus aucun permis de construire (HLM ou privé) pour ne pas encombrer encore plus les équipements publique (écoles, transports, poste, police) et surtout arrêter de bétonner la ville. Donc revoir aussi le PLU. 2 - Favoriser l'installation des profs et instits dans la ville. L'avenir de la ville passe par l'éducation. Avoir une vrai classe moyenne. 3 - Fermer TOUS les bidonvilles. Sans exception. C'est un échec depuis 20 ans. 4 - Suite au point 1, dénoncer tout les contrats de plan signer avec l'état. 5 - Faire le pied de grue, tout les jours s'il le faut, devant place Bauveau pour avoir des policiers supplémentaires. On a tous vu que faire des tribunes dans le Monde, cela ne sert strictement à rien. 6 - Ouvrir le centre ville à toute la ville (et arrêter l'entre soi). 7 - Signer des conventions avec les copro privées pour la rénovation (engagement à 10 à 15 ans) 8 - Plus aucune ouverture de sandwicherie (c''est une boutade) 9 - Faire réellement de la démocratie participative. Et pas de la fumisterie "je t'écoute mais ton avis m'importe" 10 - S'engager que sur deux mandats successifs. MAXIMUM. Disponible.
ça fait 20ans que S.Peu à tous les pouvoirs sur St-Denis, lui et ses 15 mandats, il a organisé et entretenu le ghetto, venu nous raconter que tout d'un coup il devient la solution, c'est comique
Saint-Denis, c'est 8% de la Seine-Saint-Denis . La mission parlementaire ne se résume pas non plus à Stéphane Peu, même si son expertise n'est pas en cause . Par contre à Bobigny, un seul Conseil de Prud'hommes pour Roissy -CDG et le 93, quelle couverture hospitalière, scolaire, d'Inspection du Travail, fiscale ou de police ? Le PIB du 93 est au top 5 des départements,mais pour quel résultat ?
Encore une mission pour notre député c'est qu'il ne sera plus disponible pour nous? Il n'a pas fait beaucoup alors c'est encore du temps perdu et ce terme de banlieue populaire ça correspond à quoi ? Les mêmes mots
Le résultat de plusieurs années de défaillance dans la gestion de notre ville sûrement !
Azzedine on pourrait presque partager, mais , car il y a un mais , c'est le programme que Balkany a appliqué il y a plus de 20 ans à Levallois, c'est en cours à Clichy et à Saint-Ouen .Quant vous dénoncez l'entre soi dans le centre ville ,vous, vous proposez de l'élargir à toute la ville et de repousser au loin tous ceux qui n'auront plus les moyens de se loger. Ne plus délivrer de permis, c'est pérenniser l'habitat indigne et laisser prospérer les marchands de sommeil c'est ôter tout espoir pour ceux qui sont dans l'attente d'un logement. Saint Denis reste une ville qui dispose d'un foncier qui résulte de la désindustrialisation de la Plaine, ses capacités d'accueil pour les demandeurs sont encore importantes . Pour le logement des enseignants il me semble que des conventions existent pour favoriser l'installation sur Saint-Denis. Je crois savoir qu'une action forte est menée pour sortir des copropriétés de l'ornière, d'autres plus préventives ont été engagées, je partage l'idée d'un dispositif national pour éviter le naufrage comme à Montfermeil il y 30 ans. Bien sur l'avenir ne peut se construire qu'à partir d'un système éducatif efficient qui donne les mêmes chances à tous. Il reste du chemin à faire pour le primaire et le collège. Le lycée P.Eluard est de ce point de vue est une référence (classement des lycées) grâce à une équipe enseignante mobilisée. On peut se retrouver pour le "pied de grue"
Bonjour @Démocratie. Contrairement au Sieur Balkany, il est question d'améliorer le quotidien des habitants actuels. On ne va pas passer de 45% d'HLM à 20%. Les habitants sont la et il n'est pas question de les faire partir. Par contre, certains n'ont rien à y faire (trafiquants en tout genre, bidonvilles, sans papier vendant de la drogue) Par contre, les HLM dont certains sont vides doivent être rasés pour créer des espaces verts. On est 110 000 habitants. 300 000 usagers de la ville. Et c'est trop pour les ressources de la ville. Je suis désolé de vous contredire. Mais la ville n'a pas les capacités d'accueil. J'ai beaucoup d'amis sur le territoire dans l'éducation nationale (primaire et maternelle), je peux vous assurer que la ville est à coté de la plaque. Ils manquent de tous malgré les efforts de la ville de construire les écoles... Accueillir une population en souffrance sans les moyens associés, c'est refaire les mêmes erreurs du passé. Quand à l'entre soi du centre ville, vous déformez mes propos. Je dénonce la piétonisation forcée. Elle a fait un centre ville fantôme ou il n'y a plus de passage, ni de vie. Passé 21H... le centre ville est glauque. Je reprends vos propos..." Ne plus délivrer de permis, c'est pérenniser l'habitat indigne et laisser prospérer les marchands de sommeil" En l’occurrence, c'est ce qu'il se passe, je me trompe??? Et pourtant les permis sont bien délivré. Je serais pour la rénovation des immeubles insalubres. Profonde et de qualité. Quit à favoriser la gentrification du centre ville. Mot vulgaire chez nos élus. Ceux qui sont pour la densification parlent uniquement de chiffres. La ville a grossi trop vite. Trop fort. Si les profs ne vivent pas à Saint Denis mais y enseignent.... C'est qu'ils n'y trouvent pas leurs compte (cadre de vie, vie culturel, etc...) malgré les efforts de la mairie. Je vous rappelle que l'ancien DG a refusé d'y habiter gratuitement... Ce n'est pas un hasard. Il n'y pas un problème d'image comme dirait L. RUSSIER. C'est que Saint Denis n'est pas attractive malgré les JO, les entreprises du Stade de France, ni la vie culturelle foisonnante pour reprendre les mots de D. PAILLARD au conseil municipal. Saint Denis reste la ville de la délinquance et du trafic de drogue. Le pire c'est que ces mêmes trafiquants n'habitent pas la ville. C'est quand même un comble. On y est pas. Les gens viennent à Saint Denis, font une minuscule partie de leur vie. Et s'en vont. Ils ne restent pas, ne s'y investissent pas. Contrairement à certains élus de la ville. Je suis pour que Saint Denis ne soit pas seulement une ville populaire. Mais une ville normale qui puisse donner un avenir à sa jeunesse, qu'elle y reste et qu'elle si investisse. Un voeux pieux... mais je crois que c'est possible. Mais face à nous il y a pas P. BRAOUEZEC et S. PEU qui sont le poison de cette ville. Tant qu'ils seront encore poste... la ville restera une poubelle à ciel ouvert. Et ce n'est pas les événements qui changeront l'image... Les JO ou la coupe du monde de rugby ne feront pas chasser les dealers et la misère de la manière durable... C'est seulement ponctuel. Se féliciter des JO, ok... (même si je les refuse) mais se féliciter de l'avenir des enfants de la ville, c'est mieux.

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