À la une Portrait

Loïc Bento
/ Karaté kids

Ce professeur d’EPS enseigne au collège Fabien à des « citoyens de demain » dont il croit à la construction par le sport et le karaté en particulier. De cette conviction, il a écrit un livre.

Son nom, Bento, évoque la petite gamelle d’origine japonaise, ou lunch box en mauvais français. Fort adéquat pour un jeune homme féru de karaté, discipline née au pays des sushis. Loïc, c’est son prénom, ne s’en émeut pas plus que ça. Son patronyme est d’origine portugaise, « c’était celui de mon grand-père ». Et puis le côté traditionnel de cet art martial l’intéresse bien moins que son approche sportive. Loïc Bento pratique le karaté shotokan depuis qu’il a 5 ans. « J’ai commencé en même temps que mon grand frère. Notre petite sœur a suivi. »

Vers 7 ans, premières compétitions. Mais ça ne le passionne pas. Il préfère s’empiffrer de bonbons avec son frangin à la buvette de son club de Pont-à-Mousson, comme il le raconte dans son livre Ouverture d’esprit, le renouveau du karaté. Son père, déçu de l’attitude de ses fils, décide de ne plus venir les soutenir. « Pour la première fois en quatre ans, écrit Loïc, mes parents n’assisteraient pas à une de mes compétitions. » En l’occurrence un championnat régional. Contre toute attente, il termine vainqueur. À partir de là, le gamin s’entraîne dur, motivé par « la gagne » et la fierté qu’il lit dans les « yeux de ses parents ».

Aujourd’hui, à 28 ans et ceinture noire 3e dan, il comptabilise quelques titres de champion national en benjamin, minime et cadet. « J’étais dans la sélection pour être en équipe de France », précise cet ancien sportif de haut niveau, inscrit sur « les listes ministérielles ». « À 19 ans, j’ai commencé à avoir des blessures. J’ai continué ma pratique, mais côté compétition, je ne pouvais plus assurer. » Pas démonté pour autant, il fait « le choix des études » en intégrant la fac en STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) à Nancy. « Pour être entraîneur plutôt qu’entraîné. »

Un défenseur de la pratique féminine

Le Lorrain passe le Capeps (Certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive) en sachant qu’il serait délocalisé en Île-de-France. Sa nomination à Saint-Denis, à Fabien où il est professeur d’EPS depuis 2013, ne le déstabilise pas. « On voit à la télé des choses sur cette ville qui ne reflètent pas la réalité. Moi, je voyais le Stade de France ! Au collège, j’ai découvert un vivier de jeunes sportifs incroyables. »

Il est très attaché à ces gamins, qu’il ne voit plus depuis quelques mois. Accident de moto. Multiples fractures au pied, au poignet… Éminemment positif, il garde le sourire à l’évocation de ses nombreux traumatismes, comme au souvenir de la souffrance endurée pendant plus de deux mois. « Je prenais douze cachets antidouleur par jour. » S’il est arrêté, en phase de rééducation, il garde un œil sur ses élèves : en mai, il s’est tenu informé de l’organisation de la Course contre la faim, lui qui a pris l’initiative d’inscrire le collège Fabien à cet événement sportif et solidaire (lire JSD n° 1128). Les collègues ont pris le relais.

Les gosses, c’est le sujet majeur de son bouquin. Il y donne des bases de réflexion « dans l’exercice du développement de l’enfant par le karaté ». Étayé d’exemples concrets et d’anecdotes, son ouvrage peut intéresser les sportifs – et sportives, il est un défenseur de la pratique féminine – au-delà des karatékas. Édité à compte d’auteur, il a déjà séduit près de cent contributeurs – qu’il connaît certes pour la plupart – sur la plateforme participative Ulule. Loïc espère partager encore plus largement sa conviction de prof, « visant la construction d’un citoyen autonome et à l’assurance certaine ». Tel que le karaté l’a construit, en somme.

Infos et commande du livre (174 p., 23 €, préfacé par Alexandra Recchia, quintuple championne du monde de karaté) par mail : ouverturedesprit.karate@gmail.com


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