À la une Portrait

Étienne Pénissat
/ Intellectuel de terrain

Docteur en sociologie. Il publie avec deux collègues du CNRS un ouvrage dont l’objectif est de produire une cartographie inédite des classes sociales, notamment populaires, à travers l’Union européenne.
Etienne Pénissat
Etienne Pénissat

Quand on lui propose de faire une photo à Folies d’encre, avec le livre qu’il vient de publier, ou bien à la bibliothèque de Paris 8, où il a l’habitude de se rendre pour travailler, Étienne Pénissat décline gentiment : « Ça va encore faire “l’intellectuel entouré de bouquins”… » À première vue, l’étiquette semblerait pourtant coller bien : docteur en sociologie, recruté au CNRS en 2010, il publie aujourd’hui aux éditions Agone un ouvrage en collaboration avec Cédric Hugrée et Alexis Spire, deux collègues du CNRS, intitulé Les Classes sociales en Europe. L’objectif du livre : produire une cartographie inédite des classes sociales, notamment populaires, à travers l’Union européenne. « L’Europe est souvent abordée au travers d’une mise en concurrence entre États, explique-t-il. Mais les inégalités sont souvent plus grandes en fonction de la classe sociale que du pays d’appartenance. Certes l’ouvrier ou le plombier polonais gagnent moins que l’ouvrier ou le plombier français. Pourtant, ils sont proches sous bien d'autres aspects. Les ouvriers français et polonais ont plus de chance qu’un cadre français de vivre moins longtemps, d’avoir des conditions de travail pénibles, de connaître le chômage. De ce point de vue, la classe transcende la nation ».

Intellectuel, donc. Mais le mot ne le résume pas. « Je ne veux pas me laisser trop absorber par les enjeux purement académiques. Je ne suis dans aucun comité de revue, je ne siège pas dans des institutions… J’essaie de faire un travail de diffusion des sciences sociales à un public plus large. » Cela passe par Sciences Pop, projet d’éducation populaire « au croisement de la pensée et de l’action » qui organise depuis trois ans conférences, débats, rencontres, « en essayant de partir des besoins, des questionnements, des habitants, des associations » de Saint-Denis ; ou encore par l'Observatoire de la répression et de la discrimination syndicales, qui a l'ambition de créer des passerelles entre universitaires et militants… Mais aussi dans l’action locale, comme au sein du comité de défense du parc Georges-Valbon.

« Ça me semble un travail indispensable de la part des chercheurs, de reconstruire des connexions entre des milieux qui veulent transformer la société actuelle. C’est important de faire ressortir les enjeux politiques de nos travaux. » D’où ses engagements : dès la fac, à Paris 1, dans le syndicalisme étudiant, puis au NPA, après la campagne de Besancenot, et maintenant à Ensemble et dans la France Insoumise, prolongeant ainsi une tradition familiale : « J’avais des parents assez politisés. » Le père, ouvrier non qualifié, a repris des études tardivement, passé sa capacité en droit, et travaillé dans les services d’urbanisme, à Saint-Denis notamment. « Mes parents habitaient la cité Duclos quand je suis né. » Puis la famille déménage à Pantin, à Chevilly-Larue. À son tour, après avoir vécu à Choisy et à Vitry, Étienne Pénissat est revenu s’installer avec sa famille dans le centre de Saint-Denis. « Ma compagne travaille à Paris 8. Moi, mon labo est à Lille, c’est proche de gare du Nord. On connaissait des personnes ici. Ça nous plaisait bien. » Il s’amuse : « J’ai toujours habité que dans des villes communistes, il fallait continuer ! » Et la photo, on la fera dans le jardin public, rue Connoy, où il emmène jouer ses enfants.


Réactions

"J’essaie de faire un travail de diffusion des sciences sociales à un public plus large ... Cela passe par Sciences Pop ... ou encore par l'Observatoire de la répression et de la discrimination syndicales " ... Un public plus large qui doit représenter ... allez je vais être gentil ... disons 1 % des français !

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