Collège Barbusse
/ Imaginez, Mme Vallaud-Belkacem

Nom ou initiales: 
Mouvement Barbusse

Imaginez, Mme Vallaud-Belkacem, un collège du 93 dont on pense, quand on passe devant pour la première fois, qu’il est abandonné. Des murs qui se fissurent, la peinture qui s’écaille par pans entiers, des stores qui battent dans le vent : voilà le bâtiment que voient les élèves chaque matin. Imaginez, à l’intérieur, qu’ils.elles ne vont pas aux toilettes de la journée, répugné.e.s par leur état. Que dans leurs salles de cours, les moisissures rongent les rebords des fenêtres et que l’eau s’infiltre régulièrement. Imaginez des cours d’EPS dans un atelier SEGPA reconverti en gymnase, avec des douches et des vestiaires insalubres. Imaginez vos propres enfants dans ces locaux.

Imaginez, Mme Vallaud-Belkacem, que vos enfants redoutent le chemin de l’école - vingt-cinq minutes à pied pour la plupart - à cause des agressions quotidiennes, et ne se sentent pas plus en sécurité aux abords du collège. Ces violences ne s’arrêtent pas à la grille du collège, qui n’a rien d’un sanctuaire. Comment une équipe de vie scolaire aux effectifs insuffisants pourrait-elle enrayer bagarres, jeux dangereux, agressions verbales et physiques entre élèves et envers les adultes ?

Imaginez, dans cette situation, Mme Vallaud-Belkacem, que les options et dispositifs d’aide et de soutien (classes sportives, développement durable, découverte professionnelle, grec, espagnol renforcé, classe aide et soutien), mis en place depuis des années par les enseignants et prisés par les élèves et les parents, ont été supprimés par la réforme du collège que vous avez imposée. Ces dispositifs fonctionnaient pourtant, permettaient un véritable travail interdisciplinaire et s’attachaient à faire réussir tous les élèves. Où sont les manuels que vous avez promis à chaque élève à la rentrée ? Où est l’égalité des chances quand une réforme diminue le nombre d’heures de cours par élève ?

Imaginez, face à ce mépris et cette brutalité de l’institution et des pouvoirs publics, des parents et une équipe éducative qui refusent de s’en remettre à l’imagination de la vie pour améliorer les conditions d’études de leurs enfants et élèves. Les réunions, les audiences, les rendez-vous avec le Conseil départemental, la Direction Académique, la Préfecture n’ont apporté aucune réponse. Que nous reste-t-il d’autre que la colère, et la volonté inflexible de prendre notre destin en main ?

C’est pourquoi nous organisons, ensemble, parents et équipe éducative, plusieurs jours de grève et de « collège désert », pour exiger les solutions concrètes qui existent. Nous réclamons plus d’assistant.e.s d’éducation, plus d’agent.e.s d’entretien, le début immédiat de tous les travaux promis depuis des années, le retour des heures disciplinaires et de tous les dispositifs pédagogiques. Nous vous invitons à venir, à Saint-Denis, écouter nos revendications.

Les enfants de notre collège du 93 ont droit à plus que de l’imagination.

Collège Barbusse

Réactions

Honte à l'Etat d'avoir laissé les conditions d'enseignements se dégrader de manière dramatique depuis trente ans. Honte à l'Etat de laisser des générations entières d'enfants à l'abandon, tout en saupoudrant son discours d'"égalité" et d'"excellence", mots qui ne peuvent que sonner faux quand on les confronte à la réalité du terrain. Honte à l'Etat de ne pas avoir revalorisé le traitement des enseignants à la hauteur de leurs efforts et de leurs compétences. Honte à l'Etat d'avoir trahi la République.

Antoine Dumont
Normalien, professeur agrégé de philosophie, hussard noir dans la ZUP.

Antoine Dumont vous avez raison, mais l'entretien des locaux , le personnel à l'exception du personnel éducatif reste de la responsabilité du conseil départemental depuis plusieurs décennies.
Le député et candidat Hanotin est aussi conseiller départemental , il fut vice-président dans le mandat précédent en charge des collèges si je ne me trompe.
Mais il ne va manquer de réagir et nous donner les raisons de cet abandon scandaleux.

... et vous pensez donc que la seule solution réside dans la grève systématique ?

Dans la grève ... il y a rêve ...

C'est pas grave du moment qu'il y a de l'argent pour reconstruire la flêche de la Basilique et pour attirer les sièges sociaux à la Plaine ...

@horta - Il y a un petit bourg en Kabylie qui m'est cher où dans un cas similaire, au lieu de faire grève, et simplement en sollicitant les bonnes volontés, au moins une cinquante de personnes dévouées seraient venues passer un coup de peinture sur les portes et les murs pendant le week-end ... plutôt que de quémander à la Vallaud-Belkacem locale.

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