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Décès de Ludo
/ Il était « attachiant »

La disparition brutale de Ludovic Bocazou, à 38 ans, a ému de nombreux Dionysiens, tant il était une figure de la ville incontournable et attachante. Témoignages d’affection.
Fresque réalisée en hommage à Ludo les 6 et 7 janvier le long du canal Saint-Denis, par Basto, Rebus, Aksy, Twice, Swing, Inxy et Miaoutou.
Fresque réalisée en hommage à Ludo les 6 et 7 janvier le long du canal Saint-Denis, par Basto, Rebus, Aksy, Twice, Swing, Inxy et Miaoutou.

« On va se faire chier sans lui. » Assis à une table du Khédive, le café juste en face de l’hôtel de Ville, Antony est sans cesse sollicité. « On a reçu des milliers de messages de sympathie. Les gens n’arrêtent pas de passer chez ma mère. C’est ce qui nous permet de tenir », confie-t-il avec gratitude. Figure emblématique de Saint-Denis, son petit frère, Ludovic Bocazou, que tout le monde appelle Ludo, est mort subitement à l’âge de 38 ans. Son décès a créé un grand émoi dans la ville. « De là-haut, il doit kiffer. Il doit nous dire : “Je vous manque, bande de bâtards !” »

Son corps sans vie a été retrouvé au centre administratif de la mairie le jeudi 4 janvier dans la soirée. Inquiets, ses proches étaient sans nouvelle depuis la veille. Selon les premiers éléments, il s’agit d’une mort naturelle. Diabétique, Ludo avait une santé fragile. « Il s’occupait des gens, mais il ne s’occupait pas de lui. Il préférait donner que recevoir. Il était toujours au service des autres, il n’était pas rancunier. Si on était tous comme lui, il n’y aurait pas de guerre, nous dit son frère. C’était un gosse dans un corps d’adulte. » Ces dernières années, il était très actif auprès du Secours islamique pour lequel il faisait des maraudes. « Nous perdons un bénévole très engagé. Ludovic était attachant et sa bonne humeur était communicative », a salué l’association.

Ludo était un parleur. « Il avait l’art et la manière d’aborder les gens. D’un petit rien, il en faisait un grand tout », décrit Antony. « Il jactait avec tout le monde, avec les plus riches, comme les plus défavorisés », renchérit Bouboute, éducateur à la Maison de la jeunesse, où un hommage lui a été rendu mardi 9 janvier. Ce lieu était sa deuxième maison. « Il avait un coin réservé. Il était comme chez lui. » Ludo avait aussi ses habitudes à la mairie. Il a fait des missions au service de la jeunesse, de la culture ou de la communication. « Sa bonne humeur, sa disponibilité pour autrui tout comme sa curiosité vont sincèrement manquer à tous les Dionysien-ne-s », a salué le maire Laurent Russier. « Ludo, celui qui fait consensus, unanimité à Saint-Denis quelles que soient les générations, les origines culturelles, tous étaient d'accord sur les qualités particulières et singulières dont tu disposais », a écrit Bally Bagayoko, maire adjoint dans un long texte sur Facebook. 

« Tout le monde a une anecdote sur lui »

Mais de très nombreux anonymes se sont également manifestés sur les réseaux sociaux. Certains ont partagé la chanson Vu de ma fenêtre de Grand Corps Malade où l'artiste dionysien parle de Ludo. « Vu de ma fenêtre, celui que je vois le plus souvent c'est Ludo. Il est gentil mais quand tu le croises c'est pas forcément un cadeau. Si tu le supportes pendant une heure, j'te jure t'es costaud. C'est le mec qu'on appelle la cerise sur le ghetto. »

Comme le dit affectueusement Antony, il était « attachiant ». « À Saint-Denis, tout le monde a une anecdote sur lui », sourit-il. Ses proches décrivent un être « intelligent », « très malin », au courant de ce qui se passe dans la ville. « Il avait une mémoire d’éléphant », admire son frère. « Ses conneries » lui manquent déjà. Ludo aura marqué tous ceux qui l’ont connu, de près ou de loin. En mars 2014, dans un portrait que le JSD lui avait consacré, il avait eu cette formule: « Il faut que tu saches : il y a trois trucs à voir à Saint-Denis. La basilique, le Stade de France et… Ludo ! »

Aziz Oguz
 

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