À la une En ville

Violences dans les lycées
/ Huit mineurs présentés au juge, les autres relâchés

Une réunion en mairie, mercredi 8 mars, a permis à une cinquantaine de parents, à quelques professeurs et aux élus de revenir sur les incidents de lundi et mardi.

Cinquante cinq jeunes ont été interpellés et placés en garde-à-vue mardi 7 mars dans la matinée à la suite de violences survenues au lycée Suger et, dans une moindre mesure, dans les lycées Paul Éluard et Bartholdi. Parmi les jeunes arrêtés, cinquante-trois sont des élèves de l’établissement du quartier Franc-Moisin, dont quarante-quatre sont mineurs et âgés pour certains de moins de seize ans.

Reste que derrière ce chiffre particulièrement élevé, peu en réalité semblent avoir réellement pris part aux importantes violences et dégradations à l’origine de ces interpellations. « La police a ramassé tout le monde sans distinction, ce que reconnaît le commissaire de Saint-Denis que j’ai rencontré ce matin et qui m’a bien précisé que sur l’ensemble des jeunes interpellés il n’y en avait qu’une poignée pour lesquels ils pouvaient apporter la preuve formelle d’une implication », a indiqué le maire-adjoint Stéphane Peu lors d’une réunion organisée ce mercredi à 16h en mairie à destination de parents d’élèves aussi affolés que scandalisés par les violences qui ont visé le lycée que par l’approximation de ce coup de filet.

« Nos enfants ont été arrêtés alors qu’ils n’avaient rien fait ! C’est totalement inadmissible ! », s’emporte une mère de famille, outrée de voir leurs enfants indistinctement assimilés dans les médias comme dans la bouche de certains représentants politiques « à des voyous et des délinquants, juste parce qu’on habite dans les quartiers et qu’on vit à Saint-Denis ! ». Une situation jugée d’autant plus « insupportable » et « incompréhensible » que si la police a reconnu auprès de la municipalité avoir « ratissé large », la Procureure de la République a, contre toute attente, décidé à l’issue des 24 heures réglementaires de prolonger encore de 24 heures supplémentaires les garde-à-vue pour l’ensemble des jeunes arrêtés, à l’exception d’un seul qui a pu être« libéré dans la matinée pour vice de procédure ».

Ce n’est finalement qu’autour de 18 heures que les parents ont pu récupérer leurs enfants dont la plupart étaient restés jusqu’alors sans nouvelle. Après avoir été retenus près de trente heures, tous ont donc été relâchés hormis huit mineurs présentés jeudi à un juge pour enfant. Deux ont été placés sous le statut de témoins assistés et six ont été mis en examen pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », « attroupement armé » ou « rébellion ». Ils seront jugés ultérieurement pour répondre de ces actes. « Des événements particulièrement dramatiques, injustifiables et inacceptables », comme les a condamnés fermement le maire Laurent Russier, qui assistait la veille au soir à une réunion exceptionnelle en préfecture en présence notamment de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale et de Pierre-André Durand préfet de la Seine-Saint-Denis pour faire le point sur ces violences, démarrées lundi matin au lycée Suger avec une tentative avortée de blocage de l’établissement au moyen de feux de poubelles suivis d’un jet de pierre dans la salle des professeurs.

Appelée à la rescousse, la police avait alors pu disperser les éléments perturbateurs et la direction avait alors décidé de renvoyer tous les élèves chez eux pour la fin de la journée. Rouvert le mardi « sans que la direction nous ait donné de consignes de sécurité claires nous disant quoi faire en cas de nouvelles échauffourées », déplore un professeur, le lycée a de nouveau été dans la matinée le théâtre de violences : tir de mortier, départs de feu dans les toilettes, essence répandue dans les escaliers…

« Tout le monde était terrorisé. Les élèves paniquaient et nous, on ne savait pas quoi faire… , témoigne une professeure, qui a tenté de rassembler ses élèves dans la cour. Mais c’était la confusion totale, il y avait des mouvements de foule et on recevait des ordres contradictoires. » Au même moment, à l’extérieur de l’établissement, se jouent sur le parvis d’importants affrontements entre casseurs et forces de police, qui ripostent à coup de gaz lacrymogène et de tirs de flash-ball. « Et ce que l’on a encore du mal à comprendre, c’est pourquoi, vu ces événements, les enfants n'ont pas été gardés à l’intérieur de l’établissement pour être protégés, ce qui nous semble le fonctionnement normal de l’institution, mais mis dehors, se retrouvant ainsi pris dans un mouvement de tension extrême entre la police et un groupe de casseurs, qui a ensuite rejoint deux autres lycées en passant par le centre-ville pour y commettre des dégradations », rapporte Laurent Russier.

Qui a donné l'ordre de renvoyer les élèves à l’extérieur ? Et pris la décision de couper les alarmes incendie « pour ne pas effrayer les élèves », comme le rapporte Le Parisien. « Ce sont évidemment des questions qui devront être éclaircies dans les prochains jours », promet Stéphane Peu aux parents d’élèves pour le moins révoltés que leurs enfants aient ainsi été « jetés en pâture » et se soient de la sorte retrouvés mêlés aux événements et arrêtés dans le cadre d’« une interpellation pour le moins massive et musclée ».

« L’école, c’est un lieu sacré, un établissement sanctuarisé, et d’autant plus dans nos quartiers, où nos élèves doivent être en sécurité et où l’on doit pouvoir étudier et enseigner en toute sérénité », a insisté le maire-adjoint, comprenant la colère de la cinquantaine de parents d’élèves réunis en mairie.

Des parents qui n’ont pas mâché leurs mots à l’endroit de la proviseure de l’établissement, qu’ils tiennent pour partie responsable de l’arrestation de leurs enfants. « On veut sa démission ! », est ainsi revenu plusieurs fois dans les prises de paroles, avec la perspective d’un rassemblement ce jeudi matin 9 mars aux portes du lycée. « Il faut que l’on fasse bloc tous ensemble, avec les professeurs, les élèves, les surveillants et la municipalité pour exiger la sécurité de nos enfants », appelle une mère d’élève.

« Lundi il y a eu des violences, le lycée a rouvert mardi, mais sans garantir la sécurité de nos enfants, puisqu’il y a encore eu des violences. Et demain alors, qu’est-ce qui est prévu ? » « Comment les jeunes qui ont été gardés à vue vont être accueillis et accompagnés ? Hein, comment ? » Quelques professeurs de l’établissement qui avaient fait le déplacement leur ont proposé de se joindre à une réunion commune, leur donnant rendez-vous sur le parvis du lycée dès l’ouverture pour envisager les suites à donner.

Rappelant aussi, comment en septembre, déjà, des faits de violence avaient conduit à la fermeture de l’établissement et à un important mouvement de protestation de l’équipe pédagogique pour exiger d’avantage de surveillants et de moyens afin d’assurer la sécurité de l’établissement. « Des demandes qui étaient restées sans réponse et qui avaient été ignorées par la région (autorité tutelle des lycées, ndlr)», rappelle amer un professeur, balayant par là même les propositions de la présidente de Région Valérie Pécresse (LR) de déployer un réseau de caméras de sécurité, à l’intérieur de l’établissement.

Un système de vidéo-surveillance, dipositif inédit dans un établissement scolaire, qu’elle a de nouveau envisagé aujourd’hui lors d’un déplacement à Saint-Denis. « Mais ce n’est pas ce que l’on veut ! Ce que l’on demande ce sont des moyens humains, des surveillants, des CPE… », rétorque un enseignant, suivi dans son avis par de nombreux parents. Un besoin de sécurité d’autant plus urgent, que si la genèse de ces violences, qu’elles soient ou non en lien avec l’affaire Théo, reste encore à éclaircir, « il ne s’agit pas d’un coup de tonnerre dans un ciel serein », a indiqué Stéphane Peu. La rumeur d’une nouvelle vague de violences pour les prochains jours circulait ce mercredi sur les réseaux sociaux.


Réactions

La mise à sac des lycées de Saint-Denis par des groupes de casseurs et celle de son centre ville se produisent régulièrement. Ce sont devenus des événements habituels. En général dans ces cas là n'écoutant que son courage le parquet de Bobigny ordonne à la Police Nationale de relâcher les quelques personnes interpellées. Répandre de l'essence dans les escaliers d'un lycée de 1200 élèves et allumer un feu au premier étage sont des faits particulièrement graves. Bravo à la Police Nationale d'avoir riposté mardi matin 7 mars 2017 face aux casseurs. Bravo à la Police Nationale d'avoir procédé à des arrestations massives. Bravo à la Procureure de la République d'avoir prolongé les gardes à vues de 24 heures. On imagine les pressions politiques que la Procureure a du subir tant la permissivité de la société française atteint des sommets.
Bravo à la Procureure de la République d'avoir mis en examen huit personnes pour lesquelles sont établies des preuves d'attroupement armé ainsi que des preuves de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique. Il est temps que les juges de Bobigny fassent preuve d'indépendance et aident la Police Nationale à établir l'ordre en Seine-Saint-Denis. Les juges de Bobigny doivent combattre la délinquance organisée et ne pas se laisser intimider par le pouvoir politique en place depuis mai 2012. Espérons que jeudi 9 mars 2017 une compagnie de CRS soit en place avenue Jeanne d'Arc.
La Présidente de la Région Île de France a raison de vouloir créer un système de vidéo-surveillance dans le lycée Suger. Relié à un central académique et au commissariat cet outil permettrait de comprendre le mode opératoire des casseurs et de comprendre comment ils entrent dans le lycée Suger. L’Éducation Nationale devrait faire appel à des sociétés de sécurité privée pour contrôler les entrées des lycées, comme le font les entreprises ou les services publics. La ville de Saint-Denis est invitée à installer une ou plusieurs caméras au croisement entre l'avenue Leroy des Barres et l'avenue Jeanne d'Arc. Son budget 2017 de 260 millions d'euros lui permet largement cet investissement. Comment se fait-il qu'avenue Jeanne d'Arc des containers poubelle restent longtemps dehors et ne soient pas rentrés à l'intérieur des immeubles ? C'est ensuite facile pour les casseurs de récupérer ces containers et d'y mettre le feu.
Je me permets de faire une petite synthèse : c'est la faute de la police qui a ramassé tout le monde ; c'est la faute de la Procureure ; c'est la faute de Vallaud-Belkacem ; c'est la faute de la proviseure ; c'est la faute de la région (Pécresse) ...
Les parents se sentent stigmatisés mais la question a se poser est celle là : pourquoi des incidents aussi violents et dramatiques se passent à dans notre ville? Pourquoi des précautions et des décisions n'ont pas été prises pour PREVENIR ces débordements?
Bonjour à tous. Un lycée au milieu d'une cité ou prospère le trafic de drogue... Il en fallait pas plus pour en faire le pire lycée de France (stat officiel de l'éducation nationale). Il faut pas se leurrer, c'est un lycée de dingue avec des situations sociales terribles (sources profs du lycée)... Les moyens sont une chose mais accueillir dans un même lycée autant de problèmes sociaux. C'est pas la première fois que la violence se produit dans ce lycée. C'est plus que fréquent. Les conséquence de tout cela... Un recul de l'école publique au profit du privé. PS: Le champion du bon vivre à Saint Denis...Un commentaire de sa part. Ah oui, il est juste maire adjoint.
Pourquoi les articles du JSD font entendre le même son de cloche? tous les professeurs sont contre la vidéo-surveillance? et les parents aussi. Pourquoi ne fait-on pas parler la proviseure? il est question des élèves, des parents d'élèves, des professeurs qui parlent tous dans le même sens mais quid de l'ampleur des dégâts???? vive la liberté de l'information
C'est quand même hallucinant, on concentre tous les problème en un même endroit et on se demande pourquoi ça explose. Et notre cher Braouzec et son compagnon S.Peu souhaite continuer, Mme Pecresse a réussi à leur mettre un petit stop avec l'arrêt des indemnité du ghetto mais ça ne les arrêtera pas, c'est la seule chose d'importante pour eux, qu'il souhaite absolument continuer.
Je ne comprends pas comment peut-on impliquer les "employés" du lycée pour le désordre occasionnés par les casseurs et autres, alors que les vrais responsables sont les parents des casseurs comme pour les guetteurs et dealers. quand s' intéresseront aux vrais problèmes de la ville? Je suis consterné par la politique menée par nos responsables. Faut-il toujours incriminer la police et l' état? Vivement le changement des responsables dans notre municipalité et en plus voter pour le FN qui profite de ces évènements pour mener le trouble.
Vu sur BFM TV, l'intervention de L. RUSSIER.... Navrante. Le "journaliste" lui dit que Saint-Denis est encore montrée du doigts. Il lui rétorque que samedi le président vient poser la première pierre de la flèche de la basilique.... Tentative d'incendie dans un lycée, 54 mineurs en garde à vue, le maire réponds par la pose d'une pierre. Je ne sais pas s'il a eu la même argumentation envers les parents. Face aux problèmes sociaux que traverse la ville, le maire est dans une autre dimension. La réalité glisse sur lui. Et désolé de le dire à L. RUSSIER, il vient peut être de le découvrir, SUGER est le pire lycée de France (Statistique officielles de l'éducation nationale). Ce n'est pas un lycée d'excellence. Et puis navrant de se défausser en disant que les mêmes événements ont eu lieu à Paris. Suger est le lieu de fréquent incident. Le nier est une insulte aux parents. Cyniquement, je dirais qu'il y a pas de fumée sans feu... Et on a vu ou était le feu.
Discussion devant l'école primaire de ma fille hier après midi, au moment de la sortie, avec une jeune lycéenne qui vient chercher son petit frère: je lui demande si tout se passe bien dans son lycée, elle me répond que oui, que c'est tranquille... je lui demande dans quel lycée elle est, elle me répond Paul Eluard, elle me dit aussi qu'elle est en première S, que c'est dur, mais qu'elle a de bonnes notes... je lui demande si elle est au courant pour Suger... elle me dit que oui, mais que ça a toujours été un lycée problématique, et que lors des inscriptions en 2de, beaucoup élèves font en sorte de prendre une option qui n'existe pas à Suger afinne pas être scolarisé là bas.... Quelle tristesse..... Je ne veux pas minimiser les dires des élèves concernant les mauvais traitements qu'ils auraient subis des policiers. J'aimerais que l'on tente d'analyser le problème dans son ensemble: pourquoi en est on arrivé là? Hier cet article dans le parisien qui concerne un autre lycée de st denis: http://www.leparisien.fr/saint-denis-93200/saint-denis-sept-jeunes-filles-interpellees-apres-un-jet-de-cocktail-molotov-sur-un-lycee-09-03-2017-6748797.php Je cite la fin de l'article: "Il s’agit d’un lycéen porteur de deux cocktails Molotov dans son sac à dos et de trois étudiants, militants d’extrême gauche, en possession de bombes de peinture. Tous les quatre ont été également placés en garde à vue." Franchement, que s'est il VRAIMENT passé? Que font ces étudiants militants d'extrême gauche avec nos lycéens de st Denis??? Est ce qu'ils ne pourraient pas faire la même chose au niveau de certains lycées parisiens? Comme le lycée Fénelon ou le lycée Henri IV par exemple... ou bien même au niveau du lycée de la Légion d'honneur???
On entend dans l'interview des jeunes dire : "Nous, on voulait brûler l'école, l'Etat, il ne fait rien pour nous" mais on précise " mais cela se passe à Paris aussi et "dans les bonnes familles" je serai très curieuse de savoir comment ont réagi les mairies concernées? il s'agit de dire qu'à Saint-Denis ou à Paris que ces jeunes soient "issus de bonnes familles" ou de familles à "problèmes" ces actes sont inqualifiables!! quelle que soit la couleur de la mairie.
Mais au prochain reportage on dira encore que l'on caricature cette ville et une poignée d'habitants crieront au scandale devant la mairie. Cette ville est a son comble de désastre mais certains continuent de dire "il fait bon y vivre". En ce qui me concerne j'y vis très mal et vivement le 1 avril pour que je puisse aller vivre a mi temps dans des villes normales en Normandie. Le tout est permis a saint Denis voilà ou ça nous amène.

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
ATTENTION : Afin d'éviter les abus, les réactions sont modérées 'a priori'. De ce fait, votre réaction n'apparaîtra que lorsqu'un modérateur l'aura validée. Merci de votre compréhension.
CAPTCHA
Cette question nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.