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Grégoire Badufle-Douchez
/ Histoire sensible

Ce professeur enseigne à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur et va publier "La Grande Guerre, cent ans après", auquel vingt-neuf lycéennes ont participé. Une période qui a traversé sa propre histoire familiale.
Grégoire Badufle-Douchez, professeurd'histoire-géographie à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur
Grégoire Badufle-Douchez, professeurd'histoire-géographie à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur

Sur la table du salon sont posées les épreuves que Grégoire Badufle-Douchez vient de relire, à la recherche des dernières coquilles. « Dans deux semaines ce sera imprimé. Pour l’instant, les filles n’ont pas encore bien réalisé, mais ce sera différent quand elles auront le livre entre les mains. » Le livre, c’est La Grande Guerre, cent ans après, et les filles, ce sont les 29 lycéennes de la promotion Iéna de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur qui ont participé à ce projet de recherche et d’écriture sous la direction de leur professeur d’histoire.

Au départ, ce devait être un fascicule. Au final, il fera 300 pages, richement illustrées et remplies de documents inédits, puisque les auteures ont déniché des archives, des récits, dans leur propre histoire familiale afin d’aborder les différents aspects du conflit. Des élèves ont retrouvé parmi leurs ancêtres un commandant de sous-marin ou un recruteur des tirailleurs sénégalais. Une élève a exhumé la correspondance d’un aïeul fait prisonnier. Une autre a découvert que sa famille, originaire de Moselle, a fourni des combattants à chacune des deux armées, la Française et l’Allemande…

Tout est parti d’un inspecteur général, Tristan Lecoq, qui suggère que la Légion devrait faire quelque chose pour le centenaire de la Première Guerre mondiale. Une aubaine pour Grégoire, arrière-petit-fils de deux poilus. De génération en génération, le souvenir de la « Der des Ders » a été entretenu dans la famille. Ses deux oncles l’emmènent, tout gamin, sur les champs de bataille de Verdun. « Ils m’ont transmis leur passion pour cette période, qui est la matrice de notre monde actuel. »

Pour son mémoire de maîtrise d’histoire militaire, à la Sorbonne, il exploite les écrits de son aïeul le capitaine Douchez, officier d’artillerie, qui a longuement écrit pendant la guerre. Un peu plus tard, pour son service militaire, versé au 58e régiment d’artillerie, dans le Nord, son commandant lui demande d’organiser une exposition sur Douai, ville d’artillerie, dont il rédige le catalogue.

Rendu à la vie civile, il intègre l’Éducation nationale. Tous les ans, il emmène des élèves à Verdun. « La physionomie des champs de bataille n’a pas été altérée… On voit les tranchées, les boyaux, les éclats d’obus. Grâce aux cartes d’époque, j’ai pu retrouver les positions de mon arrière-grand-père. » Sa gorge se noue, ses yeux se mouillent. Il sourit : « Ça me fait ça à chaque fois. »

L’émotion en histoire, il ne la rejette pas. À côté du travail de recherche, de l’exactitude scientifique, « il faut qu’il y ait de l’humanité ». Et de l’engouement. « Si on a l’amour de la matière, la passion de l’enseignement, et l’investissement auprès des élèves, quels qu’ils soient, on peut faire passer quelque chose, leur faire comprendre le monde d’aujourd’hui et les constructions historiques plus ou moins lointaines. »

Après trois ans passés en Lorraine, il est recruté à la Légion d’honneur. « Un établissement particulier, où les conditions de travail sont géniales. » En 2010 il s’est installé à Saint-Denis, une ville qui le captive toujours, et l’exaspère parfois. Il lui a consacré un autre ouvrage, « une histoire des origines à nos jours ». Il met la touche finale au manuscrit après quatre ans de travail, « en pointillé », entre ses cours et ses cinq enfants. En avril, il les emmènera « crapahuter » à Verdun, pour la première fois.


Réactions

Salut Gregoire, comment ça va? je m’appelle Agustin Levy Mayo, je suis argentin. Hier, j’ai lu votre histoire sur lesjd.com et j’ai decide de vous parler pour vous féliciter de différentes manières pour votre histoire. Beaucoup de choses que vous avez écrite m’aider a comprendre mieux votre histoire, c’est pour ça que je peux comprendre très bien votre livre. Aussi, vous avez écrire le livre de votre histoire d’une manière très détaillée, ce qui m'a fait mettre à votre place pour comprendre ce que votre famille a eu pendant la grande guerre. Je peux vous dire que vous m’avez motivé à écrire sur l’histoire de la grande guerre a cette époque pour comprendre la situation de ma famille pendant la guerre, et j'aimerais penser que je ne suis pas le seul motivé par votre histoire. Merci pour partager votre histoire avec les gens et avec moi. Amicalement, Agustin.

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