Cultures

PCMMO à l’Écran
/ Grand mezzé libanais

Le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient s’attache cette année à la production libanaise. De la comédie au drame, des longs et courts métrages, des documentaires… Un bel assortiment alléchant et varié de films du pays du cèdre.

Treize ans maintenant que le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (PCMMO) nous plonge, comme son nom l’indique, au cœur de la création cinématographique orientale. Cette année, le festival met à l’honneur le Liban. En ouverture, le film de gangster à l’humour grinçant Very Big Shot (2015) sera projeté au cinéma l’Écran, mardi 27 mars. Le film retrace l’aventure rocambolesque d’une fratrie de dealers prête à tout pour mener à bien son narcotrafic qui pâtit de la situation en Syrie, pays frontalier où transite la marchandise. Les frères ont l’idée – brillante – de faire passer leurs drogues dans des bobines de films, mais pour ce faire, ils vont devoir aller jusqu’au bout de leur combine : tourner leur film. Ce long-métrage burlesque de Mir-Jean Bou Chaaya, récompensé du Grand Prix du Festival international du film de Marrakech, a rarement été montré en France. Suite à la projection, une rencontre est organisée avec le producteur du film, Lucien Bou Chaaya, le frangin. Les frères Chaaya se positionnent d’ailleurs en fer de lance de l’art libanais avec la récente création d’un groupe d’investissements, The Arab Art Support Group, créé en réponse au manque de moyens accordés à l’industrie du cinéma par l’Etat libanais.

À travers sa programmation, le PCMMO 2018 déroulera le tapis rouge aux réalisatrices libanaises telles que Nadine Labaki (Et maintenant on va où ?) et Alaa Mansour (le documentaire Aïnata) dont les œuvres seront présentées mercredi 28 mars à l’Écran. Hommage sera rendu également au travail de Darina Al Joundi, marraine de cette 13e édition, dont le livre Prisonnière du levant (éditions Grasset) fera l’objet d’une rencontre littéraire, en sa présence, au TGP le jeudi 29 mars. Le public du festival pourra découvrir cette artiste féministe dans Beyrouth Fantôme de Ghassan Salhab, présenté au cinéma L’Entrepôt à Aubervilliers, car, comme chaque année, le Panorama s’étend à d’autres villes d’Île-de-France (1).

Pour rester toujours plus proche de la production actuelle, le PCMMO organise ses compétitions de documentaires le 28 mars et de courts-métrages de fiction le 31 mars, auxquelles les festivaliers pourront participer en votant sur place. Les coups de cœur du public seront annoncés le dimanche 1er avril, en même temps que le Prix du jury lycéen, préparé avec le réalisateur algérien Lyes Salem, l’autre parrain du festival. À noter que Salem donnera le 3 avril une master class en amont de la projection de son long-métrage L’Oranais. Le PCMMO propose aussi un bel échange avec la carte blanche donnée au Festival du film libanais qui présentera Go Home de Jihane Chouaib, en sa présence, et les ateliers d’écritures Films Femmes Francophones Méditerranée le samedi 31 mars.

Pour le festival, tous les moyens sont bons pour promouvoir la richesse culturelle du Liban et de sa capitale, Beyrouth. Le souffle d’un mouvement culturel fédérateur, celui du hip-hop et plus particulièrement du graffiti, parcourt les artères du Paris de l’Orient depuis une dizaine d’années. La journée du 30 mars, organisée en partenariat avec la direction de la jeunesse, sera l’occasion de découvrir tout un pan de cette street-culture beyrouthine. L’association dionysienne Compact Creation assurera une performance à 15h sur la place du Caquet avec le « calligraffeur » Moe, s’ensuivront les projections des documentaires Graffiti Men Beirut dont fait partie Moe, et Beyrouth Street à partir de 18h. Dans le premier, les réalisateurs Sarah Claux et Nicolas Soldeville suivent les péripéties urbaines d’un crew composé de graffeurs issus de toutes les communautés libanaises, un symbole fort dans un pays longtemps déchiré par les guerres civiles. Dans le second film, le journaliste musical franco-libanais, Salim Saab, retrace la naissance du hip-hop libanais et décrit le rôle émancipatoire que cette « sous-culture » a joué auprès de la jeunesse beyrouthine.

Enfin, le PCMMO offre l’occasion de se réunir autour de bonnes vibrations avec la soirée orientale électro qui se tiendra à la salle de la Légion d’Honneur, dimanche 1er avril. Le collectif dionysien « Le Bal s’ouvre » initiera le public à la dabké, une danse folklorique qui le fera littéralement grimper au mur. Puis, les festivaliers pourront savourer le concert de Mazzika, orchestre multiculturel qui mêle chants et musique instrumentale, avant un DJ set enflammé et psytrance de Dj Sama’, pionnière de la techno palestinienne qui nous fera voyager jusqu’au Levant… Une chose est sûre, du cinéma aux arts urbains, ce n’est pas une programmation en bois que nous offre le pays du Cèdre.

Maxime Longuet

(1) Pour prendre connaissance de tous les événements, se référer au site www.pcmmo.org Du 27 mars au 6 avril à Saint-Denis.

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