Cultures

Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord
/ Frize excite le désir

Le compositeur Nicolas Frize présentera sa nouvelle création, Elle s’écoule, dans plusieurs lieux de la MSH. Construite avec de jeunes gens du territoire – notamment du collège Lurçat – cette œuvre entend interroger, stimuler et nourrir le désir.

Une déambulation expérimentale, musicale et philosophique se prépare à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord (MSH). Après avoir investi la Manufacture à Sèvres, l’usine PSA Peugeot-Citroën à Saint-Ouen ou encore les Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine il y a deux ans, le compositeur Nicolas Frize occupera cette année l’unité de recherche situé à la Plaine. Il y présentera du 7 au 10 juin sa nouvelle création baptisée Elle s’écoule, une œuvre pensée et construite autour du thème du désir. Comment définir celui-ci ? Qu’est-ce qui le fait naître et comment le stimuler, le nourrir ? Comment ne pas tarir la source de ce désir aux contours parfois flous ?

Après plusieurs rencontres et discussions menées en 2016 en Seine-Saint-Denis, le compositeur observe qu’une majorité de jeunes français convaincus de leur impuissance face à un monde violent, compétitif et anxiogène, se retrouve prise au piège et s’interdit de se projeter, de rêver, de désirer. Constatant ce désarroi, Nicolas Frize se lance dans la création de ce nouveau projet d’écriture artistique partagée. L’aboutissement de deux ans d’expérimentation menée entre le collège Jean-Lurçat à Saint-Denis, les lycées Henri-Wallon à Aubervilliers et Jacques-Amyot à Melun, le Conservatoire de Saint-Denis et le Conservatoire à rayonnement régional d’Aubervilliers-La Courneuve (CRR 93).

Dans le collège dionysien, sept binômes ont été constitués avec des élèves volontaires et des musiciens professionnels. Chaque collégien a pu choisir les instruments qu’il souhaitait découvrir : percussions, kora (harpe-luth), guitare électrique, saz (luth à manche long), violon, piano et harpe figurent sur la liste de leurs envies. « Ces binômes sont à la base de la création, assure Nicolas Frize tandis qu’il peaufine les derniers détails du sixième mouvement en compagnie de la collégienne Elsa, du harpiste Christophe Saunière et de Claire Gratton, joueuse de viole de gambe. Elsa n’a jamais fait de musique de sa vie, elle se retrouve avec deux instruments sophistiqués qu’elle a choisis. Évidemment, on n’apprend pas un instrument en si peu de temps. D’ailleurs, ce n’était pas le but. On voulait d’abord construire une relation intimiste avec un instrumentiste professionnel sans pédagogie. » Le trio jouera dans les sous-sols de la MSH cette partie intitulée Intimes Élans qui symbolise une recherche intérieure, une quête du moi profond. Dans le cas d’Elsa, il s’agira d’une performance inspirée du Japon, pays dont elle rêve.

Comme à son habitude, Nicolas Frize ne fait pas dans la demi-mesure. La composition a été écrite pour plus de 140 interprètes dont une vingtaine de musiciens professionnels. Le premier mouvement pour orgue, grand chœur et guitare basse sera donné dans le jardin. Puis, un premier cortège se dirigera vers le foyer, poursuivra l’expérience dans l’amphithéâtre et l’auditorium, découvrira sous un nouvel angle la salle panoramique, descendra aux sous-sols avant de terminer sa course dans le centre de documentation de la MSH. Sur le parvis, un paysage sonore pour guitare électrique accueillera les spectateurs. Pour profiter de façon optimale de cette partition jouée live et étirée sur cinq étages, Nicolas Frize prévoit 450 personnes par représentation réparties en trois groupes de 150 auditeurs. En espérant que résonne en eux les éléments graphiques muraux travaillés avec la dessinatrice Pascale Evrard, les traitements numériques et acoustiques des lieux et les thématiques abordées (Pas très clair). « Certaines salles expriment la passion, d’autres l’intimité, l’énigme le mystère, la jubilation… Il a fallu arriver à rendre cohérent l’ensemble des mouvements, confie Nicolas Frize. ».

Le désir est l’essence même de l’Homme, écrivait Spinoza. Pour d’aucuns, c’est loin d’être une lapalissade. Questionner et faire renaître le désir pourrait se révéler être la meilleure arme pour faire sauter les barrières qui se dressent face aux générations futures.

Maxime Longuet

Elle s’écoule, du 7 au 10 juin à la MSH Paris Nord (20, avenue George-Sand). Concerts gratuits, ouverts à tous. www.mshparisnord.fr

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur