À la une En ville

Récit
/ Frappée parce qu’elle fumait

Fatima dînait à la terrasse extérieure d’un restaurant du centre-ville. Elle allume une cigarette. Un geste qui lui a valu deux coups de poing directs au visage par un homme…

Terrasse extérieure du bar-restaurant Les Arts. Vue sur basilique. Il fait beau ce mardi soir. Farida fête son anniversaire avec ses amies Fatna, Nora et Fatima. Dîner entre copines. Elles plaisantent, profitent du moment, rient. Un homme, à quelques pas, boit un verre avec une femme. Le couple s’amuse de l’humeur joyeuse des filles. Veut partager l’ambiance. S’invite à leur table. Fatna et Farida ont déjà croisé la femme au bar. Elles ont peut-être échangé quelques mots avec elle. Trinqué, sans doute. Les copines accueillent volontiers les nouveaux convives.

Les quatre amies terminent leur repas. Elles allument une cigarette. « Woh, woh, woh, vous faites quoi, là ?, dit l’homme. Quand je suis à table, personne ne fume ! » Fatna et Farida réagissent. On est en extérieur, personne ne lui a demandé de venir, il casse l’ambiance… Les esprits s’échauffent. L’homme dit qu’il ne supporte pas les femmes qui fument. Qu’il a divorcé de la sienne pour cette raison. Nora et Farida lui tiennent tête, argumentent. L’homme est énervé. Il change de place. S’assoie à côté de Fatima. Elle ne participe pas à la discorde. Préfère ignorer ce rabat-joie. Profiter de sa soirée. Rigoler avec son amie Fatna. Elle fume sa cigarette…

« Toi, toi, la salope, la pute, la connasse ! »

C’est arrivé sans prévenir. L’homme se lève. Hurle sur Fatima. « Toi, toi, la salope, la pute, la connasse ! » Fatima n’a pas le temps de réagir. L’homme lui décoche une droite. De toute sa hauteur, de tout son poids. Un coup de poing au visage, en pleine mâchoire. Puis un deuxième, aussi violent, près de la tempe. Il l'agrippe, s'acharne. Des hommes interviennent, disent qu'on ne frappe pas une femme… Il lâche prise.

Deux jours après, Fatima est toujours choquée. Elle porte des griffures sur le décolleté, a du mal à bouger la tête, la bouche douloureuse. Stigmates légers en comparaison du traumatisme psychologique. Cette femme au caractère bien trempé ne peut reparler de son agression sans pleurer. « Quand on t’arrache ton portable ou ton portefeuille, tu te dis qu’il y a au moins une raison. Quand on te frappe gratuitement, c’est ta dignité, ta personne, qui sont touchées, niées. Tu entends parler de femmes violentées… Tant que ça ne t’est pas arrivé, tu ne peux pas comprendre… »

Fatima n’en restera pas là. Pour son intégrité à elle, pour la liberté des femmes. Elle a porté plainte au commissariat. Le restaurateur n’a pas appelé la police. Mais de nombreux spectateurs de la scène sont prêts à témoigner en faveur de Fatima. Son avocat, indigné par cet acte abject, la défendra bec et ongles. Elle a toujours mené sa vie comme elle l’entendait, s’est battue pour être ce qu’elle est aujourd’hui, libre et respectée. Ne peut se résoudre à être démolie par cet homme.

Elle revoit le visage haineux de son agresseur. Sa bave aux lèvres. « Quelle rage il a ? » Une aversion inouïe pour une femelle qui a l’outrecuidance intolérable de fumer à la terrasse d’un café. Elle en est sûre, l’homme est un habitué des violences faites aux femmes. « Je ne suis ni la première, ni la dernière. »  


Réactions

Il fait bon vivre à Saint-Denis nous diront nos édiles... Bon courage et bon rétablissement à cette femme!
Comme le dirait Azzedine : 1 mot M. Messaoudène ?
je ne peux croire que cette agression se soit passée dans la ville du bon vivre ensemble, ville où un conseiller municipal veille scrupuleusement à l'égalité homme/femme
Sinon à part vos petites saloperies politicardes qui, encore une fois n'ont pas gagné les élections législatives (vous devez avoir les boules, mais ça devrait vous faire réfléchir à la médiocrité de vos arguments...) vous n'avez pas un mot de compassion.
On attends le tweet de compassion du délégué à l'égalité homme-femme de la mairie...
Ravie de lire que de nombreux témoins vont apporter leur aide et que ce cinglé sera sanctionné . En souhaitant un bon courage à la victime et de gros et longs problèmes à l'agresseur .
Attendons de voir ce qu'en dirons nos "féministes" régulièrement questionnées sur les chaînes infos ... Je sens déjà la pirouette pour disculper cet élégant monsieur.
Totalement d'accord avec Doumé, les commentaires politiques sont déplacés. Respect et soutien à la victime.
A certains carrefours de Saint-Denis des syriennes demandent de l'argent aux automobilistes. Il faut savoir que ces femmes se font frapper si elles ne rapportent pas assez d'argent au chef organisateur. Elles ont un objectif à réaliser dans la journée et malheur à celles qui n'y arrivent pas. Si l'État et la Ville de Saint-Denis voulaient lutter contre les violences faites aux femmes alors ils empêcheraient ce trafic et arreteraient les organisateurs.
La terrasse d'un bistro en ville ? Tiens, ça me rappelle que, sans doute à la même terrasse, j'ai été à deux doigts de me prendre un poing sur la tronche parce que je demandais à un "consommateur" de ne pas se rouler un joint devant moi... Mais, bon, j'avais sans doute tort, car le patron m'a demandé de la fermer. Saint-Denis, 2 poids, 2 mesures...
Situation presque normale à Saint Denis. Je fais de la provocation car nos élus vivent dans le pays des bisounours. C'est a dire pas le notre. Je remets (oui encore) les mots de Jean Christophe Grangé que j'ai déjà cité : "Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L’âme humaine n'est pas un cuir qu'on tanne avec les épreuves.C'est une membrane, sensible, vibrante, délicate. En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée". On ne peut pas tout accepter dans cette ville.
Tout mon soutien et ma compassion à Fatima .c'est une agression indigne et inqualifiable et ce qui est très grave c'est que ces terrasses très agréables sont des lieux de grande convivialité et de mixité et devra-t-on si on est des femmes seules se poser des questions si on peut fumer ou pas, peut-être aussi sur la façon dont on est habillé?? je trouve que le patron de ce café devrait publiquement dénoncer ce qui est arrivé à Fatima surtout si il tient à garder sa clientèle féminine.
Tout mon soutien à Fatima. Je propose qu'on se rassemble au café d'à côté (compte-tenu de l'absence de réaction des Arts) et qu'on fume et boive toutes-s ensemble/ Je ne fume pas mais je peux allumer une cigarette ! @Lucas : les violences faites aux femmes, c'est politique, l'égalité F/H c'est politique, la liberté de conscience et de mouvement, c'est politique !
Acte d'une grande lâcheté, on attend la réaction de nos féministes Dyonisienne et de notre élu sans électeur, chargé de l'égalité homme/femme..
@doumé Alors vous aussi vous avez fait allégeance à l'islamisme radical ?
@Lucas C'est cela, ne soulevons pas le tapis, de peur de voir toutes les saletés que nos politiciens communaux ce sont évertués à cacher !
@Horta Je ne fais allégeance à personne. Vous par contre, sur tous les sujets, êtes une réac pure jus. De plus, je ne vois dans cet article aucune référence à l'islam. C'est décidément obsessionnel chez vous.
@doumé Frappé une femme Maghrébine qui fume pendant le ramadan sur une terrasse de café...et vous ne voyez aucune référence à l'islamisme, un moment donné les œillère chez vous ne sont plus en option, elles sont greffés.
Prenons arabes ne veut pas dire musulmans ...

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