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Nouvel album
/ Foi de Romy K

Le rasta dionysien sort un nouvel opus, Have Faith, dans lequel il dit sa foi en l’être humain et son engagement spirituel. Politique aussi, sur les liens qui rattachent l’Afrique à l’Occident et qui entravent, aussi, l’essor du continent noir.

« Ils aiment bien voir l’Afrique humiliée, ravagée, surendettée… » Les paroles de ce refrain signé Romy K sont sans appel. Avec son nouvel album sorti le 3 novembre, le chanteur dionysien veut démontrer qu’il n’a rien perdu de son engagement politique. « Et spirituel surtout ! », reprend-il, lui qui a baptisé son troisième opus Have Faith, avoir la foi. « Vu le contexte actuel, on a l’impression que l’humanité a perdu le nord, qu’elle n’a plus confiance en elle. J’ai essayé de remettre un peu d’humanisme dans cet album, explique Romy K. Pour entreprendre, il faut avoir foi en soi, en ce que l’on fait et avoir foi en l’autre. On peut obtenir des choses pas forcément par la force. »

De la foi en l’être humain à la foi spirituelle, il n’y a qu’un pas. Le chanteur rastafari s’est tourné vers le bouddhisme il y a vingt-cinq ans, et ses convictions sont intactes. « Il faut d’abord travailler sur soi-même et tendre ensuite la main vers son prochain. » Une philosophie de vie au cœur de son travail artistique qui l’a conduit à enregistrer la majeure partie de son album non pas à Kingston la capitale Jamaïcaine comme il était prévu – ce qui commercialement parlant aurait été sans doute opportun pour un disque reggae – mais à Abidjan en Côte d’Ivoire dont il est originaire.

Ses allers et venues entre la France et l’Afrique ont forgé sa vision des relations qu’entretiennent l’Occident et le Continent Noir. Une vision qu’il a voulu coucher sur le score. Dès le premier morceau, Africa, sa voix vient porter un constat violent et brut. « On dit souvent que l’Afrique est en retard économiquement. Mais elle est en retard par rapport à qui ? On veut que l’Afrique ressemble à l’Europe mais on oublie que le développement en Afrique s’est arrêté quand les colons européens ont mis un pied sur le continent, estime Romy K. Tout leader qui veut construire une autre Afrique est soit abattu soit emprisonné. Une Afrique forte ça n’arrange pas les dirigeants occidentaux, donc ils s’arrangent pour que les Africains soient toujours en guerre », résume-t-il sans ambages.

Il illustre son propos avec Saint-Louis au Sénégal, ancienne capitale coloniale de la France, aujourd’hui devenue une ruine. « C’est un déchirement de la voir comme ça. Mais qui a voulu que cette ville reste dans cet état, elle aurait pu connaître un autre sort non ? Qui sont les responsables ? Les Africains ou les colons ? Certains dirigeants africains sont corrompus certes, mais ils n’ont pas le choix. Je ne prends pas leur défense mais ils sont dans une situation où ils sont obligés de jouer le jeu car de l’autre côté il y a des corrupteurs puissants », s’indigne le rasta dionysien qui affirme que souffle sur l’Afrique le vent d’une ère nouvelle. « Il y a une prise de conscience aujourd’hui. Il faudrait mettre en place des stratégies politiques pour parler d’égal à égal avec les Occidentaux. Et, surtout, faire confiance à la jeunesse africaine. » Son dernier album rend hommage à cette nouvelle énergie qui est prête à mener de nouveaux combats.

Ses prises de position ne se cantonnent pas seulement aux injustices que subit un pan entier de l’humanité, mais aussi celles que subit la mère de tous les hommes, mère nature. Romy K, qui avait donné un concert lors de la COP21, et l’association Aphrika Beat planchent sur un projet de construction d’un village artistique et éco-responsable en Côte d’Ivoire dans lequel les visiteurs découvriront de l’artisanat local, un musée dédié aux arts africains, une salle de concert et une université naturellement nommée « Haïlé Sélassié » (1).

Maxime Longuet

(1) Tafari Makonnen, de son vrai nom, était le dernier empereur d’Ethiopie et est considéré comme le messie chez les rastafaris.


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