À la une En ville

À l’école Paul-Langevin
/ On fait la paix

Depuis septembre, les écoliers de cet établissement du centre-ville bénéficient d’une formation à la communication non violente, adaptée à leur jeune âge, baptisée « Message Clair ».
Victor Vercoutter, professionnel de la médiation enseigne le "message clair"
Victor Vercoutter, professionnel de la médiation enseigne le "message clair"

« Pour exprimer leurs émotions, colère ou tristesse, les enfants sont naturellement plus enclins à utiliser les gestes. Et s’il s’agit d’émotions fortes, ce sont souvent de gestes de violence », observe Sarra Kerrada. Elle en parle d’autant mieux qu’à l’école Paul-Langevin où elle est institutrice, la jeune femme est à l’initiative d’une formation à la communication non violente, adaptée aux enfants d’âge élémentaire. C’est le « Message Clair », qui a fait l’objet d’un programme concocté sous le contrôle du directeur de l’école Xavier Nicolas, avec un professionnel de la médiation. En l’occurrence, Victor Vercoutter. C’est lui qui depuis septembre dispense sous forme d’ateliers l’art et la manière d’un comportement pacifique qui prévaut à présent dans toute l’école. Y compris dans la cour et sous le préau, où des emplacements ont été prévus à cet effet.

Le message passe aussi à la maison

Ce matin-là, par exemple, deux gamins de CP qui s’étaient battus la veille s’y retrouvent en tête à tête. La parole est difficile, mais sous la supervision de Sarra Kerrada, l’agressé parvient à dire sa colère à l’agresseur, qui lui présentera ses excuses et s’engagera à ne plus recommencer. « Si un élève nous bouscule et ne dit pas pardon, on lui dit “on fait un message clair”, et s’il dit “non”, on l’écrit dans le cahier des conflits », résume Islane, élève de Sarra, en CE1. En récréation ou à l’entrée de la classe, des mots finiront par être posés sur l’émotion, qui ainsi verbalisée, sera désamorcée de sa charge agressive.

« Le message clair a énormément changé l’atmosphère de la classe, estime l’institutrice. Ils sont plus solidaires. » Mieux encore, certains comme Ahmed, Fanta et Awa, disent recourir au message clair pour apaiser leur dispute à la maison. Financée par l’État, le Conseil départemental et la Ville, la formation comprend pour chaque classe trois séances de ¾ d’heure à un heure chacune. « On en a toujours un ou deux par classe qui refuse le message clair. Mais si on l’impose de façon forte, ça ne peut pas marcher », analyse Victor Vercoutter. « Il y a un âge, à partir de 8-9 ans, où ils se confrontent au modèle adulte, renchérit Sarra Kerrada. Et j’ai des collègues qui depuis quinze ans qu’ils sont dans cette école ont vu une escalade de la violence dans le quartier. L’école qu’on disait être un lieu protégé ne l’est plus. » D’autant qu’aux codes de la cité, s’ajoutent souvent les conseils de « parents qui disent “si on te tape, tu tapes”, alors qu’il n’est pas dans la nature d’un enfant d’être violent. »

Marylène Lenfant

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