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Conseils citoyens
/ Entre enthousiasme et déconvenues

Installés le 16 janvier 2016, les sept conseils citoyens de Saint-Denis étaient conviés à une fête le 29 septembre pour échanger sur leurs expériences.
Le vendredi 29 septembre au chapiteau Raj'Ganawak, l'allocution d'accueil des conseillers du Grand centre-ville.
Le vendredi 29 septembre au chapiteau Raj'Ganawak, l'allocution d'accueil des conseillers du Grand centre-ville.

Participer à un conseil citoyen. L’invitation avait été diffusée en octobre 2015 dans les boîtes aux lettres. « J’en avais eu envie », se souvient Rafik, qui n’a pas donné suite. « Ce n’est que maintenant que j’en entends reparler, avec cette soirée. » Venu s’informer du pourquoi et du comment de cette nouvelle instance de démocratie locale, le jeune homme avoue rester sur sa faim. Car à cette « Fête citoyenne » organisée ce vendredi 29 septembre dans le joli chapiteau Raj’Ganawak, le conseil citoyen du Grand centre-ville n’avait prévu ni débat, ni prise de parole publique. Animé par les rythmes très pêchus des Cuckoo Sisters, c’était là le temps d’un soir « le lieu de rencontre qui nous manque pour échanger nos expériences», comme le dit Jean-Baptiste.

Des défections massives

Sur une cinquantaine de personnes présentes, ils n’étaient pourtant guère plus d’une quinzaine de conseillers. Ce qui peut sembler dérisoire, compte tenu des 210 qui étaient installés en janvier 2016 par la ville (1). Mais les défections ont été massives. « Cela s’est très vite effiloché. De 30, on est passé à 6 ou 7», raconte Geneviève, du grand centre-ville, « Si on est surtout entre nanas, ajoute Agnès, c’est bien la preuve que le conseil n’est pas un lieu de pouvoir. » Notamment à leur actif, une réunion le 24 juin en mairie a attiré « de 80 à 100 personnes » sur le projet de requalification du centre Basilique. Les conseils citoyens sont en effet supposés s’impliquer dans les différents dispositifs du Contrat de ville passé avec l’État. Dont le renouvellement urbain. Collages d’affiches, envoi de mails en nombre, « on s’est mobilisés comme pendant une campagne électorale pour faire venir les gens », reprend Geneviève, elle-même militante de longue date, et conseillère au titre du Collectif Haguette. « Mais pour faire bien ton boulot, il faut être retraité ou chômeur. Ce qu’on nous fait couvrir est trop large. On a bossé avec des étudiants en sociologie de Paris 8 pour nous aider dans l’appropriation des dossiers », se félicite-t-elle néanmoins.

"Des liens forts entre nous"

Comme le disent avec elle Agnès et Niahd, « le conseil citoyen n’est pas pour nous un fardeau. Ça a créé des liens forts entre nous. Alors qu’on vient tous d’univers différents». Mais ce soir-là, les témoignages ne sont pas tous aussi positifs. « On est six à tenir. Ça fait deux ans qu’on essaie de survivre », raconte Nadia, seule représentante du conseil du quartier Franc-Moisin/Bel-Air/Stade-de-France. Lors de la semaine de formation nationale à l’École du Renouvellement urbain, en février à Aubervilliers, « on a pu bénéficier de l’expérience des autres, continue-t-elle. On souffre tous des mêmes maux. On n’a ni écoute, ni aide. » Nadia en donne pour exemple en juin dernier leur interpellation du maire sur les immondices qui infestaient l’espace public à Bel-Air. De plus, la directrice de quartier, leur principale et précieuse interlocutrice, « va partir. On va être laissé à nous-même pendant des mois ». Parce qu’à l’en croire, les autres référents que sont le délégué du préfet et l’élu du quartier sont pour eux aux abonnés absents.

Même écho du côté de Delaunay-Belleville/Semard, où l’on suggère, pour leur simplifier la vie, de fédérer les sept conseils. « On a notre bonne volonté. On donne de notre temps. On laisse nos enfants, souligne Nadia, néanmoins motivée. On n’est pas décisionnaire. On est des éclaireurs. »

(1) Au titre de la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 sur les quartiers prioritaires.

Pour en savoir plus: 

Réactions

Bonjour. Une seule phrase m'interpelle "On n’a ni écoute, ni aide". J'avais dénoncé cette nouvelle démocratie inventive comme certains l'aimer la nommer. Appliquer cette marche forcée à l'implication dans les quartiers ou l'on ne vote pas durablement pendant des années a été une erreur. Lors des dernières législatives, on est à plus de 70% d'abstention... il ne faut pas s'attendre à un élan participatif fort. Je le dit rarement mais je sens qu'au JSD, le logiciel commence à changer. Les mots changent aussi. C'est important. Ce qui ne change pas, par contre, les élus et leurs novlangue dans le but ultime est de se faire réélire. Et l'article est bien écrit même si on est obligé de parler de fête à tous va avec cette majorité. Je félicite ces dames de s'impliquer dans la ville municipale et territoriale. Elles le résument très bien, il faut avoir du temps comme mère au foyer, chômeur (sans offense) ou retraité. J'espère que les élus les écoutent mais j'ai des doutes sur la capacité des élus à descendre de leurs de tours d'ivoire. Les élus devraient les considérer comme leurs relais mais comme dans le groupe dans lequel je travaille, les élus comme mes directeurs ont un mépris certains pour ceux qui font. Les élus de cette majorité sont à bout de souffle, et sont rongés par leurs ambitions. Trop longtemps élus, usés par le pouvoir, et par les difficultés de la ville. Tous les conseils citoyens, tous les nouveaux mots ne feront rien si la situation de la ville ne changent pas. Cela a été dit lors du conseil municipal (Par EELV), on accepte l'inacceptable parce que c'est Saint Denis. Si les élus redonnaient de la dignité aux habitants de la ville, ces derniers s'impliqueraient plus.
BONJOUR Je suis au conseil de citoyens Pleyel confluence et j'avoue que je ne crois absolument pas a l'efficacité de cette instance. Je pense que c'est encore une création pour nous faire croire que l'on implique les citoyens. Plus de 15 ans que je suis active dans cette ville et je suis maintenant complètement écœurée car rien ne change. Dans cette ville on demande beaucoup aux citoyens mais qu'avons nous en échange? ET qui est payé pour gérer cette ville. le seul avantage c d'être dans ce conseil c'est d'être connu, d'avoir les info, une forme de pouvoir quoi mais un faux pouvoir il faut le savoir et l'utiliser a bon escient.
pas facile pour les membres du conseil citoyen d'apprendre à concilier leur boulot, leur famille, leurs activités annexes et leurs enfants avec les réunions du conseil etl'investissement que cela demande Il est vrai que beaucoup ont renoncé et le mode de recrutement ( conforme au texte de loi et qui a été réalisé par tirage au sort sur les listes de la CAF et des associatif pour les deux tiers et sur une liste de "volontaires" pour le dernier tiers ) peut pour partie expliquer ces désistements. Mais dans chaque conseil citoyen reste un noyau dur qui s'implique notamment avec le soutien de la démarche quartier (qui représente la ville dans nos quartier et est notre principal interlocuteur). Il nous faudra du temps, mais nous allons avancer. Contrairement aux deux commentaires, je ne sens pas de mépris de la part de la ville , le problème est tout autre.
Bonjour. @Tiv. Je suis impatient de savoir qu'elle est cet "autre" problème si ce n'est pas le mépris des élus (d'une partie je vous l'accorde). Je peux vous assurer que S. PEU est d'un mépris pour ces contradicteurs... Un vrai type autoritaire. Je sais que le pouvoir déforme les gens... La gestion courante ne les concerne pas... alors le quotidien des habitants ne le touche même pas.
j'ai un peu de mal avec ces gens qui font à la fois les questions et les réponses. Je n'ai jamais dit qu'il y a un autre problème mais que le problème est tout autre et c'est ce que je cite en début de post, à savoir nos difficultés personnelles pour tout mener de front. Votre avis sur Stéphane Peu vous regarde et est hors sujet . Nous ne faisons pas de politique au conseil citoyen et heureusement car au moins on ne se concentre que sur les projets et non sur des duels d'égo entre partis. C'est peut-être cela qui nous fera avancer, à savoir une envie d'aller vers l'autre, de découvrir les richesses de nos voisins et de nos quartiers, de créer et d'agir en concertation, et surtout notre solidarité. .
@tiv En effet, mes déclarations sur S. PEU n'engagent que moi. Je ne me demande à personne d'autres de les assumer. On ne peut parler pas de démocratie participative alors que des décisions sans concertations sont prises à l'échelle du conseil municipal car il y a une majorité au garde à vous. Les conseils de quartiers sont une façade. Vous savez bien que les citoyens s'épuisent à ses conseils. Les mots que vous utilisez (agir en concertation) ne sont pas adéquates lorsque 70% des habitants ne vont pas voter et c'est surtout des obligés, des militants qui font les élections. Il y a un tel désespoir dans cette ville, une telle fatalité. Même J. PAVILLA se désespère de la situation de la gare. Elle ne voit pas l'ombre d'une solution. Sans changement profond de logiciel de nos élus... Faites tous les conseils que vous voulez, la ville ne s'en sortira pas. Est ce que les habitants méritent de vivre dans ces conditions??? D'après D. PAILLARD, noir sur blanc, nous dit qu'il y fait bon vivre. Des preuves....!!!!
Cela fait 10 ans que je ne vais plus aux démarches quartier. C'est toujours pareil. Au début, il y a 50 personnes puis 20 puis 10 puis 5. Il y a les alimentaires de la mairie qui viennent pour défendre la mairie, les 2-3 personnes qui viennent râler contre la mairie, le mec qui s'est disputé avec sa femme et est venu se défouler à la réunion et 2-3 personnes qui sont venues en croyant travailler pour améliorer le quotidien. La mairie pose le dossier du jour et dit " c'est comme ça et pas autrement, elle ajoute toujours " suite à une demande des habitants "". La population choisit la couleur de la poubelle qui est enfouie.. Etc etc ? La place Jean jaures est le meilleur exemple.. La population a voté pour un projet et la mairie a choisi l'autre projet. Conclusion. La population déserte les réunions qui sont de plus en plus espacées.
tu a entièrement raison Houari j'ai vécu la même chose quand j'habitais a STDenis et Azzedine je suis d'accord avec vous au sujet de S Peu.Une ancienne dionysienne, qui est vraiment contente d'avoir quitté la région Parisienne .J'adorai STDenis il y a bien longtemps mais maintenant cela n'a plus rien a voir
tu a entièrement raison Houari j'ai vécu la même chose quand j'habitais a STDenis et Azzedine je suis d'accord avec vous au sujet de S Peu.Une ancienne dionysienne, qui est vraiment contente d'avoir quitté la région Parisienne .J'adorai STDenis il y a bien longtemps mais maintenant cela n'a plus rien a voir
Bonjour @Tiv Vous voulez un exemple criant de vérité du mépris des habitants. Le camp voltaire a été imposé de force par la municipalité. D. PAILLARD à l'époque.... Les habitants autour étaientt contre et on voit le résultat. Un camp surpeuplé, mal géré, et il y a eu plusieurs fois des problèmes avec les forces de l'ordre. Sans compter un stationnement anarchique et une occupation illégale de l'espace public. Ce coup de force renforce la défiance des habitants face à une municipalité sourde à toute revendication bourgeoise mais qui s'est augmenté sans vergogne. Et ensuite, ces derniers se plaignent que peu de monde s'investisse. Qu'ils montrent l'exemple et qu'ils sortent de leur tour d'ivoire.
Oui je pense qu' il ya quelques élus sérieux comme Michel Ribay ou Jacqueline pavilla mais ils n ont malheureusement aucun pouvoir
Surtout Azzedine, depuis 2 ans, l'état ne finance plus le camp, c'est la ville qui le finance entièrement et personne est au courant. Les propriétaires ont du mal à vendre et la ville a d'autres projet identique. Maintenant, il ne reste plus qu'a attendre 2020 pour le changement. On doit être patient ou de partir, car se sera de plus en plus difficile de vivre dans une ville de non droit, où c'est la loi du plus fort qui règne

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