En ville

Lycée Suger
/ En grève depuis la rentrée

L’établissement a commencé l’année scolaire par l’agression d'un surveillant. Enseignants, élèves et parents dénoncent le manque criant de personnel d'encadrement. Pétitions et rassemblements n’ont toujours pas fait bouger le ministère. Retour sur un mouvement qui dure.
Le lycée Suger devant le ministère de l'Education nationale, vendredi 9 septembre.
Le lycée Suger devant le ministère de l'Education nationale, vendredi 9 septembre.

Un lycéen, les paupières lourdes de sommeil abrégé, lit le tract qu’un professeur lui tend devant l’entrée du lycée Suger. Deux jours plus tôt, lundi 5 septembre, un surveillant a été agressé. Les personnels se sont mis en grève. Le lycée est resté fermé le jour de la rentrée. Le lendemain, ils ont voté en assemblée générale la poursuite de la grève : aujourd’hui non plus, il n’y a pas cours. Sur le parvis, une jeune fille raconte ce qu’elle a vu de l’agression : une poignée de jeunes gens — « j’en ai compté cinq » — essaient de forcer l’entrée. Dans le hall, le surveillant fait barrage, les coups partent, une mêlée se forme, d’autres s’interposent, on ne voit pas bien. Le surveillant, qui venait d’intégrer l’établissement, a eu le nez cassé et un traumatisme crânien : quinze jours d’ITT.

Le conseiller sécurité du rectorat s’est déplacé. Les personnels ont écrit à l’académie, qui les a reçus dès mercredi à Bobigny. Un enseignant tire un papier de sa poche pour résumer la situation : « Le lycée, qui compte 1 280 élèves, dispose de six surveillants à temps-plein, et six mi-temps : ça fait neuf équivalents temps-plein. Mais certains sont en fait affectés à d’autres tâches,  donc il n’y a que 7,5 équivalents temps-plein de surveillants : on en demande 15 — le double. »

Ces demandes ne sont pas neuves : « Le constat, on l’a déjà posé, on a fait les choses en passant par la voie hiérarchique, rappelle une professeure d’histoire. En 2015, un peu après la rentrée si je me souviens bien, on avait remis un courrier à l’inspecteur de vie scolaire. On donnait les chiffres, et on soulignait déjà le sous-effectif qui créait des problèmes en termes de sécurité. » L’administration a-t-elle réagi à cette alerte ? « On n’en a plus entendu parler… »

Les personnels soulignent que, depuis la construction d’un second bâtiment en 2011, la superficie du lycée a augmenté, mais pas les effectifs d’encadrement. « La plupart du temps, il n’y a qu’un seul surveillant pour tout le bâtiment B. Pendant les cours, ce n’est pas rare de voir des inconnus qui pointent la tête par la fenêtre », témoigne une enseignante. « Et si un élève faisait un malaise, combien de temps on mettrait avant de le trouver ? », s’inquiète un autre. De son côté, l’académie répond que le lycée est doté en surveillants à hauteur des autres établissements des environs.

Le 16 octobre 2014 déjà, les personnels avaient invoqué leur droit de retrait pour des raisons de sécurité : intrusions répétées, menaces proférées à l’encontre de professeurs et d’élèves ; des individus avaient molesté un conseiller d’éducation sur le parking pour lui dérober sa moto. En novembre 2014, c’était la façade du lycée qui était incendiée par des lycéens. On en distingue encore les traces aujourd’hui. « Tous les ans, il y a quelque chose, souffle un enseignant. On en a ras-le-bol. »

Le ras-le-bol s’exprime aujourd’hui par un mouvement d’une intensité inédite dans l’histoire de l’établissement. Vendredi 9 septembre, le rectorat a proposé un diagnostic sécurité / vie scolaire pour trouver une solution à ces problèmes récurrents ; ce qui n’a pas satisfait les équipes, qui ont prolongé la grève : « C’est une manière de dire que le problème, ce n’est pas le sous-effectif des surveillants, mais la manière dont on s’organise », affirme un enseignant.

Cinq jours sans accueillir les élèves — de mémoire de doyen de la salle des profs, on n’avait jamais vu ça depuis la création du lycée en 1994. Entretemps, les élèves de l’établissement ont apporté leur soutien, comme les parents d’élèves — la FCPE  jugeant « inadmissible » la « passivité » du rectorat. Une page Facebook et un compte Twitter sont apparus. Une pétition en ligne a recueilli 500 signatures.

Vendredi 9 septembre, le directeur académique est allé à Suger pour annoncer la dotation d’un poste supplémentaire de surveillant, afin que deux adultes soient toujours présents à la grille du lycée ; une offre éloignée des revendications des personnels, qui sont allés manifester devant le ministère de l’Éducation nationale. Le maire adjoint Stéphane Peu s’y est rendu avec eux. Le député Mathieu Hanotin, de son côté, a écrit au maire, à la rectrice et à la présidente de région. À Paris, rue de Grenelle, une délégation a été reçue, mais sans rien obtenir de plus. « Ils ont transmis au rectorat. » Alors, lundi 12 septembre, l’assemblée générale a revoté la grève, pour la sixième journée — série en cours.


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Réactions

A quoi des surveillants supplémentaires, des policiers supplémentaires (que l'on va accuser de violence en plus) ... si c'est pour qu'on finale on colle un blâme pour un portable volé, un collier arraché, ... qu'au bout de 10 blâmes on ai un avertissement, etc. Non ce qu'il faut c'est une politique pénale forte avec le rétablissement de la peine de mort, du bagne et des châtiments corporels. Il n'y a que comme cela que les honnêtes gens pourront revivre tranquillement dans ce pays. Ca se passait comme cela et personne il y a 50 n'aurait ne serait-ce qu'imaginer frapper un surveillant !
Horta, toutes les études depuis prés d'un siècle démontre le contraire. Jamais l'application de la peine de mort n'apporte une diminution des violences. Regardez les études sur cette relation dans les états US ou la peine de mort reste en vigueur. Mais pourquoi pas couper la main des voleurs ,qu'en pensez vous ? Si l'on vous dit éducation et culture qu'en pensez vous ?

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